La ministre de la justice Marie Claude Najm a annoncé sa démission, en raison d’une part de l’explosion mais également des incidents qui ont eu lieu au centre-ville de Beyrouth ces 2 derniers jours. Cette dernière avait précédemment indiqué avoir souhaité démissionner avant la catastrophe du 4 août mais avoir du repousser cette démission suite à l’explosion du port de Beyrouth, afin de s’assurer que soit menée l’enquête pour déterminer les personnes responsables de cette dernière.

Deux ministres ont déjà confirmé leurs démissions du cabinet Diab, le Ministre de l’environnement Demianos Kattar et son homologue de l’information Manal Abdel Samad.

Les démissions de la ministre de la défense Zeina Akar, du ministre de l’intérieur Mohammed Fahmi et de celle du ministre de l’économie sont actuellement évoquées.

La démission de Marie-Claude Najm intervient alors que le comité d’enquête en charge de déterminer les causes de la catastrophe du 4 août aurait remis ses premières conclusions au secrétaire du gouvernement.

Entre le Parlement et le gouvernement, rien ne va plus

Par ailleurs, des sources ministérielles désormais évoquent ouvertement les blocages qu’aurait subi l’action du gouvernement Diab, pointant du doigt le Président de la Chambre Nabih Berri et la commission parlementaire du Budget et des Finances et son président le député Ibrahim Kanaan, réclamant une dissolution de la chambre des députés sur demande du Président de la République et qui devrait être approuvée par le conseil des ministres. Cependant, la démission de ces derniers semble rendre la possibilité à ce que puissent être organisées des élections législatives anticipées moins probables.

Le président du parlement – alors que certains députés ont également démissionné et d’autres envisagent de le faire à condition d’obtenir le nombre de voix suffisantes pour la dissolution de l’instance – a convoqué ce lundi une session extraordinaire de l’assemblée afin de passer une motion de censure contre le gouvernement.

Un bilan toujours provisoire de la catastrophe

Pour l’heure, le ministère de la santé toujours indique que 158 personnes sont décédées, plus de 60 personnes toujours portées disparues et plus de 6 000 personnes ont été blessées selon un bilan toujours provisoire dans l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et une grande partie de la capitale libanaise. 300 000 personnes seraient également sans logement des suites de cet explosion.

La piste d’une explosion accidentelle de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium saisis en 2014 à bord d’un navire poubelle, le Rhosus battant pavillon moldave, est pour le moment privilégiée par les autorités libanaises. Cette explosion équivaudrait à celle de 600 tonnes de TNT ou encore à un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter.
Elle aurait ainsi causé un cratère de 210 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique le dimanche 9 août une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

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