Le Liban vit-il les premiers soubresauts de la reconversion aux choix démocratiques ou la convenance exclusive des intérêts tacites à travers une nouvelle élection présidentielle ?

Tout le gratin socio-politique prépare à l’avance ses assises et la surprise d’une 13 e élection d’un chef de l’Etat passe presque pour inexistante.

Les politiciens et certains représentants religieux veulent nous faire savoir que bon gré ou malgré les froissages, le président, le premier ministre et les tendances ministérielles prochains sont confirmés. Au delà de toute chronologie démocratique, les talk shows articulés au poil désignent les personnalités qui ont déjà énoncé la reprise des prédispositions pour le citoyen et la nation !
On remet sur le tapis de Baabda les questions vitales des nécessités premières, les ordures, l’eau et l’électricité. On laisse subtilement passer les questions de fond qui angoissent et que se pose pourtant la majorité des libanais. Elles concernent des méfiances longuement éprouvées et les appels incessants pour un programme de vie citoyenne cohérent.
Quels sont les moyens utilisés par nos célèbres personnalités pour répondre aux crises multiples des gens quand ils nous parlent de « devoir s’entendre » ?
Que proposent-ils de tangible pour indiquer des accords entre eux qui répondent concrètement, dans des délais raisonnables aux incohérences et aux urgences quotidiennes de la population?
Quelle genre de cohabitation peut donc vous permettre de travailler autrement, pour que la discussion des lois ne s’éternise plus mais conduise à les appliquer au plus tôt?

Êtes-vous vraiment prêts, Mesdames et Messieurs de tous bords, à rechercher des points d’ententes stables au delà des mots et des promesses, malgré les susceptibilités personnelles et régionales? Êtes-vous disposés à vous consacrer au partenariat crédible et à l’expérience efficace de la cohabitation entre vos composantes?

En attendant des réponses courageuses avec de réels débats en face à face, et des modalités de réalisations pour vos projets dans les meilleurs délais, le libanais constate amèrement sa propre faille: Avec une identité citoyenne peu initiée à l’exercice de connaître et d’assumer ses droits et ses obligations, les politiciens continuent à manier le présent, le temps qui leur convient. Ils initient, font perdurer ou arrêtent les incompatibilités de leurs rôles. Ils peuvent autant conduire au suicide étatique et collectif du Liban pour plus de deux ans, faire rebondir au moment propice un événement présidentiel que maintenir en suspend les clauses épineuses et les formes de blocages acceptables.

La frénésie des intenses préparatifs, la séquence de la pose traditionnelle, les réassurances multiples des alliés et la complexité des récalcitrants s’harmonisent aujourd’hui. Elles transposent le décor d’une mort « politique » annoncée vers un contexte âprement défendu pour la dynamique de la « propreté » au pouvoir.

Pourrait-on croire encore à un quelconque langage sans la prévalence des aménagements transparents et pragmatiques?

Pour que les contrariétés fondamentales entre vous restent inhérentes à la participation continue et au dialogue constructif différencié, ne faudrait-il pas résolument sortir du manège antidémocratique pour mériter de servir également et convenablement les libanais?!

Joe Acoury