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Les compagnies d’assurance libanaises restent dans l’attente des résultats de l’enquête entreprises par les autorités libanaises pour savoir si les conditions de remboursement de la destruction des entrepôts, des terminaux portuaires, et aussi des entreprises et des maisons situées à l’extérieur du port de Beyrouth seront prises en charge ou non.

Ainsi, certaines assurances rappelle que le contrat exclut les incidents liés à des bombes, à des actes terroristes ou encore à l’explosion de produits chimiques ou dangereux. Les personnes ayant souscrit ces contrats ne seront donc pas couverts par les assurances.

Aussi, les autorités publiques ont admises qu’une erreur a été commise quand cette marchandise a été stockée à l’intérieur du port et à proximité de zones densément peuplées.

Les compagnies ne sont en effet pas obligées de couvrir ces pertes matérielles si la police d’assurance ne spécifie pas spécifiquement le risque lié au terrorisme ou aux matières dangereuses. De manière générale, ces polices excluent d’ailleurs les risques liés aux produits radioactifs, biologiques et les armes.

Ainsi, si l’accident est considéré comme d’origine accidentelle suite à l’enquête publique qui devrait être par la suite être confirmée par une autre enquête de l’initiative d’experts embauchés par les sociétés d’assurances elles-mêmes, à moins que le port de Beyrouth soit lui-même assuré pour le stockage de matières dangereuses et inflammables, les assurances pourraient également ne pas couvrir les dommages matériels.

En cas d’acte terroriste, aussi la politique des compagnies d’assurances est d’exclure de compenser les pertes des entreprises ou des maisons endommagées.

Selon le dernier bilan actuel, le ministère de la santé indique que 192 personnes sont décédées, 9 personnes toujours portées disparues et plus de 6 500 personnes ont été blessées dans l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et une grande partie de la capitale libanaise. 300 000 personnes seraient également sans logement des suites de cette explosion.

La piste d’une explosion accidentelle, le 4 août 2020, de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’intérieur d’un entrepôt du port de Beyrouth, saisies en 2014 à bord d’un navire poubelle, le Rhosus battant pavillon moldave, est pour le moment privilégiée par les autorités libanaises. Cette explosion équivaudrait à celle de 600 tonnes de TNT ou encore à un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter.
Elle aurait ainsi causé un cratère de 110 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique, le dimanche 9 août, une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

S’exprimant dans les colonnes du Washington Post dans son édition du 7 septembre, le Procureur de la République, le juge Ghassan Oweidat, a révélé qu’outre les 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, du kérosène, du gazoil, 25 tonnes de feux d’artifices et détonateurs à usage pour les mines se trouvaient également présents dans ce même entrepôt.

La présence de ces produits aurait ainsi pu entretenir le feu et lui permettre d’atteindre les températures permettant l’explosion du nitrate d’ammonium, soulignent certains experts.

Les dégâts seraient estimés entre 10 milliards à 15 milliards de dollars.

L’enquête sur les responsables impliqués dans l’explosion

Pour l’heure, 25 personnes seraient actuellement détenues dans le cadre de l’enquête concernant cette explosion. Parmi eux, le directeur du port de Beyrouth, Hassan Koraytem, ainsi que le directeur des services de la douane libanaise Badri Daher, tous 2 mis en examen par le juge d’instruction Fadi Sawwan, en charge de l’enquête.

Au total, plusieurs responsables sécuritaires et du port de Beyrouth ont ainsi été arrêtés.

Certaines sources soulignent que les différents partis politiques libanais s’étaient partagés les revenus du port de Beyrouth , rendant difficile actuellement de connaitre les responsabilités de chacun dans cette explosion.

Plusieurs partis politiques, de la majorité comme de l’opposition, souhaiteraient également conclure de manière rapide l’enquête étant impliqués dans différents trafics qui ont lieu depuis ou vers le port de Beyrouth. Ils souhaiteraient ainsi éviter à ce qu’on puisse découvrir le degré d’implication de chacun et des violations sécuritaires nécessaires à la poursuite de ses trafics. 

Aussi, des responsables sécuritaires avaient prévenu les autorités politiques à plusieurs reprises au cours des dernières années, les autorités judiciaires n’ont pas décidé de la mise en oeuvre des mesures de transfert nécessaires de la cargaison.

Certaines sources proches du dossier soulignent également la responsabilité de plusieurs administrations dans le port de Beyrouth, d’autant que de hauts responsables étaient informés du danger posé par le stockage de manière inadéquate de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis 2014.

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