Les dirigeants libanais semblent faire le pari du pourrissement (Emmanuel Macron)

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Lors de la conférence internationale virtuelle s’est ouverte ce 4 août 2021, un an jour pour jour après l’explosion du port de Beyrouth à l’initiative du président Français Emmanuel Macron et en coordination avec l’ONU et en présence de ses homologues dont le général Michel Aoun, et des représentants de la société civile libanaise.

Emmanuel Macron a rappelé son déplacement à Beyrouth, 2 jours après le drame, et exprimé ses pensées à la population.

Il a ainsi rappelé qu’une conférence d’aide avait déjà eu lieu et une aide humanitaire immédiate a été mise en oeuvre pour répondre à la situation d’urgence sur place dans les domaines de la santé, de l’alimentation et même de l’hébergement. Ces promesses ont même été dépassée, note le chef de l’état.

Depuis, cette aide se poursuit, notamment avec l’arrivée d’une cargaison de 51 tonnes d’équipements médicaux a été envoyé au Liban et devrait être suivi de l’arrivée d’un chargement dès demain.

Cependant, la situation s’est depuis dégradée.

En cause, estime Emmanuel Macron, la crise économique, financière et sociale déjà présente, le drame du 4 août dernier ayant encore exacerbé une situation déjà rendue difficile. Depuis, la crise est même devenue alimentaire.

Il s’agit donc de mettre en place un programme concret à destination de la population libanaise, souligne Emmanuel Macron, en partant des besoins réels identifiés par les Nations Unies.

100 millions de nouveaux engagements seront mis en place par la France, dans les domaines de l’éducation avec un soutien aux familles, élèves et étudiants, de l’alimentation avec un soutien particulier à l’agriculture, dans le domaine de la santé avec l’envoi de 500 000 doses de vaccins dans les semaines qui viennent.

La reconstruction du port de Beyrouth, décrit par Emmanuel Macron comme poumon du Liban, est également évoquée.

Un soutien direct à la population libanaise

Cette aide devra être transparente et traçable, et ira directement aux ONG et associations sur place qui pallient les déficiences de l’Etat.

Des contre-rendus réguliers seront mis en place.

Le rôle de l’armée libanaise est également salué pour la mise en place de ce programme.

Une surveillance des prêts de la banque mondiale pour 246 millions de dollars ou encore l’attribution de 860 millions de dollars du FMI pour le Liban au titre de droits spéciaux de titrage devraient permettre de mettre en place un filet de sauvetage social conformément aux mécanismes du G7 et du G20.

La classe politique libanaise mise en cause

Saluant le combattant de la liberté hier et président de la république actuel, Emmanuel Macron s’est directement adressé au Président de la République, le général Michel Aoun, présent lors de la conférence pour dénoncer une nouvelle fois la classe politique dans son ensemble.

La crise que vit le Liban n’est pas un coup du sort ni une fatalité. Elle est le fruit de faillites individuelles et collectives et de fonctionnements injustifiables. Elle résulte de toutes les défaillances d’un modèle qui s’est détourné du bien public et de l’intérêt général.

Emmanuel Macron, le 4 août 2021

La classe politique libanaise – toute la classe politique libanaise, insiste Emmanuel Macron – a fait passé ses intérêts politiques partisans avant ceux du peuple libanais.

La France a pris ses responsabilités, souligne le président français évoquant notamment la conférence CEDRE qui a réuni 11 milliards de dollars, mais n’a pas eu de réponses côté libanais concernant les réformes à mener et la modernisation des structures locales.

Depuis tous les rendez-vous ont été manqué, aucun engagement a été tenu. (…) Le Liban mérite mieux que de vivre de la solidarité internationale.

Emmanuel Macron, le 4 août 2021

Le chef de l’état français a ainsi appelé à former un gouvernement en trouvant les compromis nécessaires et mettre en oeuvre la feuille de route révélée, il y a un an.

Emmanuel Macron a souligné que la conférence de ce jour est humanitaire et donc inconditionnelle. Cependant, “aucun chèque en blanc ne sera accordé au bénéfice du système politique libanais“, décrit comme depuis le début de la crise “et même avant” défaillant.

La France restera exigeante.

Les dirigeants libanais semblent faire le pari du pourrissement“, regrette Emmanuel Macron qu’il décrit comme faute historique et morale. Des mesures restrictives seront mises en place contre des personnalités impliquées dans des affaires de corruption ou le blocage politique. Un régime de sanctions a été ainsi créé dans le cadre européen, rappelle le chef de l’état français, qui souligne que les dirigeants libanais ne doivent pas douter de la détermination de la communauté internationale pour obtenir un gouvernement, des réformes mais également des résultats concrets dans le cadre de l’enquête du port de Beyrouth.

“Les dirigeants libanais sont redevables de la vérité à la population”.

À ce sujet, Emmanuel Macron rappelle que la France a apporté toutes les informations dont elle disposait.

Enfin, il s’agira d’organiser les élections législatives de mai 2022.

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