Accord Liban-Israël et le spectre d’une nouvelle guerre civile libanaise
L’accord-cadre signé à Washington entre le Liban et Israël est présenté comme une étape vers la paix. Mais plusieurs responsables et analystes, au Liban comme en Israël, estiment qu’il peut ouvrir une crise interne majeure. Le texte place l’armée libanaise au centre du désarmement des groupes armés non étatiques, sans calendrier clair de retrait israélien complet. Le précédent de l’accord du 17 mai 1983 rappelle qu’un texte signé avec Israël sous parrainage américain peut raviver les fractures internes s’il est perçu comme imposé et déséquilibré.
Ce que le Liban n’a pas obtenu dans l’accord
L’accord Liban-Israël offre un cadre diplomatique, mais laisse Beyrouth sans garanties décisives. Retrait total, calendrier, arrêt des frappes, reconstruction et retour des déplacés restent conditionnés. L’armée libanaise se retrouve au centre d’un dispositif lourd, contesté et risqué, sous garantie américaine jugée insuffisante par une partie du Sud.
Beyrouth : manifestations contre l’accord Liban-Israël
Des manifestations ont éclaté à Beyrouth après la signature de l’accord-cadre entre le Liban et Israël à Washington. Des partisans du Hezbollah ont bloqué plusieurs axes, dont la route de l’aéroport, avant l’intervention de l’armée libanaise. Le mouvement chiite rejette le texte, qu’il considère comme une concession à Israël et comme une menace contre son rôle militaire. Cette mobilisation ouvre une phase politique délicate pour le gouvernement de Nawaf Salam.
Accord Liban-Israël : les Européens absents
L’accord-cadre signé à Washington entre le Liban, Israël et les États-Unis révèle une absence majeure : les Européens, notamment la France, ne disposent d’aucun rôle formel dans le mécanisme de garantie. Cette architecture donne à Washington une position centrale dans la médiation, la vérification et la mobilisation de l’aide. Mais elle expose Beyrouth à une critique politique forte, car les garanties américaines restent largement perçues au Liban comme proches des priorités sécuritaires israéliennes.






