La corniche de Raouché, à Beyrouth, Liban. Crédit Photo: Francois el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.
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Après l’annonce hier du syndicat des restaurateurs qui appelait à la réouverture des établissements en dépit des mesures de fermetures décidées par les autorités libanaises suite à l’épidémie du coronavirus COVID-19, le restaurant Al Falamanki appartenant au président de ce syndicat a été fermé par les forces de sécurité.

Pour rappel Tony Rami s’en était vivement pris aux autorités libanaises suite à l’adoption de nouvelles mesures visant à lutter contre l’épidémie du coronavirus COVID-19 et alors que le nombre de cas au Liban, ainsi que le nombre de décès, continue à augmenter de manière importantes depuis 2 semaines. Selon le communiqué qu’il a fait publier aujourd’hui, il aurait refusé de fermer son établissement. Les forces de sécurité auraient alors procédé à son arrestation.

Le ministère de l’intérieur avait annoncé dès hier que des mesures strictes seraient prises contre les établissements contrevenant aux régulations en vigueur afin de limiter la propagation du coronavirus au Liban.

Dans une allocution télévisée, outre le fait de ne plus respecter les mesures de fermeture pour éviter la propagation du coronavirus, Tony Ramy avait annoncé hier l’arrêt du paiement des taxes de ce secteur d’activité à l’État “jusqu’à ce qu’il y ait un nouvel état qui sait comment investir notre argent”.

Il estimait ainsi que désobéir à ces mesures était nécessaire en raison de la dégradation de la situation économique, cela pour préserver les emplois alors que, du côté du secteur de la santé publique, on appelait depuis quelques semaines déjà à un resserrement des mesures visant à protéger la population face au risque posé par la pandémie et éviter ainsi la saturation des structures hospitalières.

Dans une précédente déclaration, le syndicat avait estimé à 785 établissements qui ont dû fermer leurs portes entre septembre et février, mettant au chômage 100 000 personnes suite à la dégradation des conditions économiques locales.

La situation économique s’est depuis encore aggravée, avec la fermeture de grandes enseignes même de la capitale, comme l’Hôtel Bristol ou encore l’Hôtel Alexandre.

Depuis, s’ajoutent désormais les dégâts suite à l’explosion du port de Beyrouth et estimés pour ce secteur d’activité à 1 milliard de dollars à eux seuls. Cette explosion a notamment dévasté des quartiers considérés comme étant des destinations touristiques et où se trouvent de nombreux restaurants ou boites de nuit comme à Gemmayzeh et encore Mar Mikhael et Saïfi.

Selon le syndicat, 1408 établissements sur 2103 ont été endommagés dans la capitale, dont 100% de ceux de ces 3 quartiers. Le taux de change au marché noir impacte également les restaurateurs, qui soulignent qu’ils faisaient déjà face à l’achat de marchandises qui sont beaucoup plus chers, à quoi s’ajoute désormais le coût de la reconstruction de leurs établissements détruits lors de l’explosion.

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