Ce 8 mars 2019, sera célébrée la Journée Internationale des Droits de la Femme, l’occasion de revenir sur les principaux progrès accomplis dans ce domaine au Liban, notamment une plus grande implication dans la vie politique ou encore des avancées législatives.

Les femmes se sont particulièrement illustrées au Liban. On se souvient notamment de l’image d’une soldate de l’Armée Libanaise qui fait face à des militaires israéliens au Sud Liban dans un contexte tendu, celui de la découverte de tunnels et de la construction d’un mur au niveau de parties litigieuses de la Ligne Bleue.

À son image, celle d’une héroïne dont on ne connait pas le nom, les femmes sont également au sein de différentes administrations publiques en charge de notre sécurité, FSI ou encore Sûreté Générale et même au sein de l’appareil judiciaire pour ne pas oublier la procureur du Mont Liban, la Juge Ghada Aoun, qui essaye de nettoyer de véritables écuries d’Augias pour la défense du Liban.
Les femmes sont désormais présentes, en première ligne pour défendre les droits de la population. Elles prennent leurs parts des responsabilités.

Un point rapide sur les acquis de leurs Droits et les progrès encore à effectuer.

Quatre femmes au gouvernement, 6 au parlement

Les 4 femmes intégrant le gouvernement libanais. De Gauche à Droite: Nadine al Boustani, Ministre de l'Energie, Raya Hassan, Ministre de l'Intérieur, Violet Safadi, Ministre de la réhabilitation sociale et des Femmes et May Chidiac, Ministre de la Réforme administrative.
Les 4 femmes intégrant le gouvernement libanais. De Gauche à Droite: Nadine al Boustani, Ministre de l’Energie, Raya Hassan, Ministre de l’Intérieur, Violet Safadi, Ministre de la réhabilitation sociale et des Femmes et May Chidiac, Ministre de la Réforme administrative.

L’avènement du Gouvernement Hariri a donné lieu à la constitution d’un cabinet où la gente féminine a fait une entrée remarquée à des postes régaliens. Ainsi sur 4 femmes au sein du nouveau gouvernement, Raya al Hassan occupe le Ministère de l’Intérieur et Nada al Boustani, celui de l’Energie et des Ressources Hydrauliques.

Ces 2 femmes seront chargées de conduire des projets cruciaux pour les libanais, maintenir la sécurité publique et assurer la mise en place d’un plan de remise à niveau des infrastructures électriques en vue d’en finir avec les coupures de courant.

2 autres femmes obtiennent des postes qu’on peut considérer comme étant moins importants, Violette Safadi (Courant du Futur) obtient le ministère de la réhabilitation sociale et des femmes. Sur ce point elle succède à Jean Oghassabian, les femmes obtenant enfin une personne de leur genre à la tête de ce ministère.

Quant à May Chidiac (Forces Libanaises) obtient le ministère de la réforme administrative, un poste généralement plus politique que fonctionnel. Il conviendra donc d’examiner son rôle notamment par rapport aux Ministres du Hezbollah. De nombreuses crises et sources de tensions d’ordre politique pourraient apparaitre à ce niveau-là.

La député du Nord Liban Dima Jamali. Crédit Photo ANI
La député du Nord Liban Dima Jamali. Crédit Photo ANI

Au Parlement également, 6 femmes ont été élues sur plus de 100 postulantes. Parmi elles, Dima Jamali a vu son élection être annulée en raison de fraudes financières évoquent-on. Cependant elle pourra participer au prochain scrutin partiel qui aura lieu d’ici 2 mois.

Paula Yacoubian a réussi à être la seule candidate ayant été élue au nom de la société civile. Elle s’est notamment illustrée sur le front de la lutte contre la corruption ou encore sur des dossiers qui tiennent à coeur les libanais comme l’environnement ou elle n’hésite pas à se rendre sur des décharges. Pour l’heure, son action est quelque peu limitée au Parlement par le manque de soutien de la part de ses collègues.

Côté législation, les violences d’ordre sexuelles, allusion à l’amendement de l’article 522 du code pénal qui permettait précédemment aux personnes suspectées de viol d’épouser leurs victimes pour éviter l’emprisonnement, a été amendé.

Mais aussi des situations qui restent identiques

Toujours est-il que les femmes libanaises n’ont toujours pas le droit à transmettre leur nationalité à leurs enfants ou encore moins à son mari en vertu du code de la Nationalité qui date de 1925.
Ainsi, «Une personne est considérée comme libanaise si elle est née de père libanais …».
Toutefois, une réforme du code de la nationalité a été proposée en Conseil des Ministres par le Ministre des AF Gébran Bassil mais très oubliée en raison des élections législatives qui ont eu lieu 46 jours après.

Egalement, l’absence d’un statut personnel d’état civil ne permet pas aux femmes de jouir de droits égaux à ceux des hommes. Pour l’heure, le statut personnel d’état civil est plutôt évoqué dans le cadre du débat sur le Mariage Civil mais d’autres aspects peuvent être mis en avant.

Ainsi, l’absence de formation juridique pour la majorité les magistrats – en majorité masculins – des tribunaux religieux à quelques exceptions près, ainsi que l’absence d’aides juridiques et financières pour les femmes lors de la tenue des procès de divorce résulte que ces dernières sont souvent contraintes à rester dans des unions ou elles sont soumises à des violences.

Au sujet de l’égalité Homme-Femme, très peu de progrès également dans le Monde du Travail.

On est également sans nouvelle du projet de l’administration publique visant à mettre en place une stratégie nationale pour l’égalité des genres notamment dans le monde du travail ou le monde politique conformément à l’article 7 de la constitution libanaise stipulant que tout citoyen est égal devant la loi sans distinction.

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