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Après avoir fermé leurs portes depuis le vendredi 18 octobre en raison des importantes manifestations qui se sont déroulées pendant presque 3 semaines, les banques, qui ont hier réactivé les opérations bancaires, ont rouvert leurs postes ce vendredi 1er novembre. Exceptionnellement également, une heure de travail supplémentaire sera effectuée ce vendredi et ce samedi.

Il s’agit d’un test crucial pour la suite des évènements. Pour rappel, les protestataires ont largement accusés à la fois la Banque du Liban (BDL) et les établissements bancaires d’avoir bénéficié de la dette libanaise qui atteint 150% du PIB, un des taux les plus importants au Monde.

Cette reprise est cruciale à plus d’un titre. En effet, en raison de l’arrêt des opérations bancaires, un important risque de pénuries d’essence dont les stocks des importateurs n’était plus que de quelques jours, de blé dont les stocks se comptent désormais en semaine ou de médicaments, certains ayant déjà disparu du marché, étaient à craindre.
En cause, l’impossibilité pour les importateurs d’honorer le paiement des marchandises.

Déjà confrontés à une pénurie du dollars, les établissements bancaires pourraient être durablement affaiblis par un mouvement de retrait massif de devises étrangères et par des transferts de fonds à l’étranger en raison des craintes de voir la monnaie locale être dévaluée et face au risque de défaut de paiement.

Pour l’heure, les autorités réfutent cela, indiquant posséder suffisamment de liquidités tant en dollars qu’en Livres Libanaises.

Une étude dernièrement publiée estime en effet à 29% d’ici 1 an et à 59% d’ici 5 ans, la probabilité de défaut du Liban alors que les établissements bancaires sont largement détentrices d’obligations libanaises tant en livres libanaises qu’en dollars.

Par ailleurs, il existe de nombreuses interrogations sur la réelle capacité de la Banque Centrale Libanaise à pouvoir poursuivre sa politique de maintien de la parité entre monnaie locale et le dollar. En effet, les réserves monétaires atteindraient officiellement 38 milliards de dollars brutes. Cependant, les réserves nettes ne seraient que de 19 milliards de dollars, notait déjà Fitch dans son dernier rapport concernant les notations attribuées aux obligations libanaises.

Pour l’heure, le taux de change officiel est toujours de 1 511 LL/USD alors que le taux de change officieux atteignait hier une moyenne de 1 800 LL/USD.

Face à la situation, les autorités monétaires auraient déjà approvisionné la somme de 2 milliards de dollars afin de rembourser les obligations libanaises pour un montant de 1.5 milliards de dollars arrivant à échéance en novembre ainsi que 500 millions de dollars au titre du service de la dette, en lieu et place du Ministère des Finances comme cela avait été le cas en mai. Une autre échéance importante aura lieu en mars prochain.

Aussi, la Banque du Liban devrait également avancer les devises nécessaires aux banques à l’achat par les importateurs de produits de première nécessité comme l’essence, le blé ou encore les médicaments, conformément à la circulaire 530 dernièrement adoptées après la grève générale des stations essence et des minoteries. Ce poste de dépenses sont estimées à 4 milliards de dollars annuellement.

Selon les agences de notation, même si la Banque Centrale a les capacités à sauvegarder la parité à court-terme, il existe des interrogations à moyen et long terme en raison du coût que cela représente. Par ailleurs, le fait que la livre libanaise soit surévaluée représente un coût en terme d’emploi pour la main d’oeuvre libanaise.

Les banques locales pourraient être largement impactées par certaines mesures, certaines étant à la fois exposées au défaut de paiement de l’état et possédant de larges montants d’obligations en Livres Libanaises.

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