Construit entre le XVIIIème et le XIXème siècle, siège de l’émirat du Mont-Liban sous le règne de Bachir Chéhab II, le Palais de Beiteddine est bien connu de la population en étant devenu même une des principales attractions touristiques du Pays des Cèdres.

Situé à 850 mètres d’altitude au versant sud de la vallée, en face de Deir el Qamar, capitale de l’Emirat du Mont-Liban au début du XVIIIème siècle jusqu’à 1818, le Palais de Beiteddine en a rapidement pris la succession. Il sera construit sur une période de 30 ans par les meilleurs artisans de Damas et d’Alep sous le contrôle d’architectes italiens. Un peu à l’image du Liban de cette époque et de son fondateur chrétien par baptême et musulman par mariage – en réalité de sa cousine-, le Palais inclus une chapelle, une mosquée et un lieu de culte druze.

À la chute de l’Emir Chéhab en 1840 à l’issue du conflit entre Méhémet Ali et la Sublime Porte, le Palais est transformé en Palais du Gouverneur Ottoman puis durant le Mandat Français, comme Palais administratif. Il sera finalement inclus dans la liste des monuments historiques par la Direction Générale des Antiquités en 1934 et restauré.

Voir également: La Chronologie de l’Indépendance du Liban

Le Palais de Beiteddine retrouve, le temps d’une saison d’été, son rôle de capitale du Liban, en devenant Palais Présidentiel d’été lors du séjour du Président de la République depuis le mandat de Béchara Khoury dès 1943.

Il occupe également une part essentiel de la vie culturelle en étant le lieu ou se déroule le Festival de Beiteddine. Se sont produits de nombreux artistes localement – Ziad Rahbani, Marcel Khalife – et mondialement connus – The Cranberries, la troupe de danse de flamenco Antonio Gades cette année.

L’architecture

Il est composé de 3 sections principales d’architecture libanaise.

Le Midan

Tout d’abord, nous découvrons une large cour, également désigné comme Midan, utilisée comme une sorte de place d’armes où stationnaient les cavaliers de l’émir.

Sur ses côtés, on retrouve un long bâtiment désigné comme étant le Madafa, qui était utilisé comme une sorte d’hotel pour les hôtes de passage. Aujourd’hui cet édifice sert souvent de lieu d’exposition aujourd’hui. Sont notamment exposés les pièces du Musée archéologique et ethnographique Rachid Karamé dont beaucoup datent de l’époque islamique.

Dar el Wousta

Puis en franchissant le Midan via une porte monumentale, nous découvrons le dar el wousta . Nous y retrouvons une belle place avec des kiosques aux balcons appelés au Liban Comandaloune. A l’intérieur du bâtiment, nous pouvons voir le décors orientalisant des somptueuses salles de réception, ornées de marbre et de bois sculptés des murs.

Généralement inaccessibles en raison des mesures de sécurité, Dar el Harim au deuxième étage est constitué d’appartements privés. Il s’agit notamment du lieu de résidences des Présidents de la République Libanaise lors de leurs séjours sur place.

Le Harem et les Hamams

Un peu plus loin enfin, toujours via la cour principale du Dar el Wousta, se trouve l’accès aux parties fonctionnelles du Palais, c’est-à-dire au harem, aux cuisines et aux bains désignés par Hammam qui sont un exemple du genre.

Les écuries

Sous l’édifice, se trouvent des écuries transformées aujourd’hui en sorte de musée ou sont entreposées les mosaïques byzantines chrétiennes des V et VIème siècles découvertes durant la guerre civile à Jiyeh, au sud de la capitale et sur une terrasse. Les écuries pouvaient héberger 600 chevaux et une véritable armée de plusieurs centaines d’hommes.

Le Jardin

Nous découvrons ensuite les fameux jardins du Palais de Beiteddine avec la tombe de son constructeur, l’Emir Bachir Chéhab II dont les cendres ont été ramenées d’Istanbul par le Premier Président de la République Post Indépendance, Béchara Khoury.

Non loin de là, se trouve un khaalwa ou une sorte d’hermitage druze, bâtiment originel des lieux et qui a été inclus lors de la construction du Palais

Situés non loin de là, sur les hauteurs, se trouvent les 3 Palais des Fils de Bachir Chehab II dont le Palais du Mir Amin, aujourd’hui transformé en hotel de luxe.

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