Après les propos du Président de la République qui avait jugé nécessaire la reprise des discussions avec Damas pour régler le dossier du retour des réfugiés syriens lors du dernier Conseil des Ministres, des proches du Premier Ministre s’en sont pris à la Présidence.

Un député proche du Premier Ministre Saad Hariri, Mohammed Hajjar, en ait pris aux prérogatives présidentielles rappelant l’amendement de l’article 64 de la constitution libanaise qui stipule que le Premier ministre est le chef du gouvernement et qu’il est considéré comme responsable de la mise en œuvre de la politique générale du Cabinet. Ainsi le domaine de la politique étrangère et notamment de la mise en oeuvre de la politique de dissociation entre dans le domaine des prérogatives du Grand Sérail.

Baabda cite les articles 49 et 50 de la Constitution Libanaise

La Présidence de la République minimise cependant les choses, estimant ne pas être en confrontation sur le dossier. Baabda estime également avoir agi en rappelant les domaines qui lui sont réservés selon les articles 49 et 50 de la constitution libanaise.
Baabda estime également ne pas nuire aux prérogatives de quiconque, allusion à celles du premier ministre, estimant que le rôle de la Présidence est dans l’optique des intérêts nationaux.

Pour rappel, lors de la précédente réunion du Conseil des Ministres, le Président Michel Aoun avait ainsi réitéré son refus de voir le dossier du retour des réfugiés syriens présents au Liban être lié à une solution politique en Syrie alors que d’autres pays – sans les citer – discutent avec Damas. Il a notamment évoqué l’expérience libanaise en la matière avec les réfugiés palestiniens.

Soutien du Patriarche à la Présidence de la République

En marge de sa visite à Baabda ou il a évoqué le Mariage Civil, le Patriarche Maronite Béchara Boutros Raï a également soutenu la Présidence de la République sur le dossier du retour des réfugiés syriens.
Ainsi le Patriarche a indiqué que l’Article 48 de la Constitution est claire et qu’il n’y a aucune condition ou restrictions posée à la Présidence de la République dans la sauvegarde la Constitution, de la souveraineté, de l’unité et des intérêts du Liban. La Patriarche a souligné la nécessité de résoudre la question du retour des réfugiés syriens – dont il a évoqué l’impact économique et sur les infrastructures – sans attendre un règlement politique de la guerre civile syrienne.

Le volet des réfugiés syriens au Liban n’est pas apparenté à la question de la politique de dissociations, notamment parce que les discussions avec Damas ne concerne aucun autre sujet.

Baabda rappelle également que le nombre des déplacés au Liban a atteint des chiffres insupportables pour la population libanaise, rappelant aussi que la concurrence illégale des travailleurs étrangers a contribué à l’augmentation du taux de chômage qui touche désormais 43% de la population active.

La Présidence de la République appelle donc par conséquent au retour des réfugiés syriens puisque ce pays s’achemine actuellement vers la fin du conflit qui le ravageait depuis 2011.

Pour rappel, certaines sources sécuritaires indiquent que le nombre total de réfugiés au Liban atteindrait plus de 2 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population locale.

Certaines sources estiment le nombre de réfugiés syriens en dessous d’un million selon les organisations internationales à 1.5 millions pour les autorités libanaises. 

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