ma fi metlo georges 5 adonis

Baignant dans un tas d’ordures, un groupe d’amis habitant au Kesrouan, décident d’aller assister à un show comique au théâtre Georges V, donné par le groupe Ma Fi Metlo, afin d’éviter un trop plein d’embouteillage vers Beyrouth un dimanche soir.

Sur le billet, il est indiqué que le spectacle commence à 8h30. Mais comme la triste tradition libanaise le veuille, rien avant 9h. Les comédiens montent sur scène, premier sketch… mais un gros détail gêne royalement l’assemblée : le théâtre affichant complet, commence à baigner dans la sueur. Il fait 33 degrés dehors à 9h du soir, et à l’intérieur de la salle pleine à craquer, il n’y a pas de climatisation. Par-dessus le marché, une odeur épouvantable de moiteur empeste à l’intérieur du théâtre.

Le metteur en scène Nasser Faqih s’excuse auprès du public, disant qu’ils endurent également à cause de la chaleur, et que s’ils savaient qu’il n’y avait pas de climatisation, ils ne seraient pas venus jouer dans cette salle. Mais intimidé par les protestations du public, il finit par lâcher que ceux qui n’arrivent pas à supporter qu’ils sortent et aillent se plaindre auprès du promoteur.

Le quart de la salle sort, les autres ont été bernés par un des comédiens qui par le moyens de la ruse, leur a fait passer un message comme quoi le show se poursuit. Dehors, affrontements avec le promoteur qui promet de rendre l’argent le lendemain. Incrédules, certains appellent les gendarmes, d’autres se disputent avec le promoteur. Au bout d’une vingtaine de minutes, quelques uns décident de revenir vers la salle, mais cette fois-ci pour monter sur scène et empêcher la troupe de continuer leur jeu. Face à l’obstination du ¼ du public, le promoteur et la troupe cèdent, et commencent à rembourser les spectateurs.

Tout compte fait, après une heure et demie de charivaris, un chaos devant la guichetière pour que les gens récupèrent l’argent dépensé. La chance a voulu qu’il n’y avait pas de voyous dans toute l’histoire, et que les discussions se sont déroulées avec un ton légèrement haut, sans heurts ni insultes ni armes, il y avait juste de la détermination, et un refus de se voir pris pour des cons. Les voitures commencent à quitter… et c’est là que messieurs les gendarmes débarquent de loin avec leur sirène…

Morales de l’histoire :
Ne plus jamais mettre les pieds dans le théâtre Georges V à Adonis qui est sur le point de s’effondrer.

Boycotter la troupe de Ma Fi Metlo qui a fait preuve d’incompétences : ils n’ont pas vérifié à l’avance l’endroit où ils allaient se produire. Et ils ont pris plus de 500 personnes pour des cons finis en supportant en plus 1h30 sous la chaleur avec leurs faciès dégoulinants de sueurs et leurs vêtements trempés…

Mais surtout, si un malheur arrive, ne comptez jamais sur les gendarmes, ils viendront le second jour.

Et en fin de compte, essayant de fuir la situation dégoûtante en rigolant pendant une ou deux heures, on constate que les ordures ne sont pas seulement sur les routes, mais nous suivent partout dans ce pays.

Par un libanais dégoûté…