Mot de l’Ambassadeur, M. Khalil Karam.


Lundi 20 juin 2016  et sur invitation de son Excellence, Monsieur l’ambassadeur, délégué permanent du Liban auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), nous avons eu le privilège d’assister à la projection du film documentaire « Bonjour Beyrouth », réalisé par Georges Salibi (version originale en arabe, sous-titrée en français, en présence du réalisateur.

Un moment émouvant où les années de guerre et la destruction de la ville de Beyrouth ont défilé laissant en nous un gout amer et nostalgique… Non seulement la guerre a été destructrice, mais elle a raflé sur son passage l’esprit de cette ville si historique avec ses marchés et ses quartiers …

Que restera t-il de notre ville mémoire et que seront les futures décisions prises pour sauver le peu qui reste de nos maisons traditionnelles ? Comment sauvegarder notre mémoire populaire et transmettre à la génération future, tout le passé d’une ville si historique et si nostalgique ?

Je partage avec vous le mot prononcé par notre Ambassadeur Khalil Karam espérant vous communiquer un peu de ma nostalgie envers ma ville natale. [JCSM]


Monsieur le Président du Conseil Exécutif,

Excellences, chers amis,

Ceux qui ont eu la chance de voir le film de Georges Salibi sur Baalbeck, il y a trois ans à l’Institut du Monde Araba, savent qu’il est le gardien de notre mémoire.

Après les majestueuses ruines de l’ancienne Héliopolis des Romains et les fastes du festival de Baalbeck, qui fête cette année son soixantième anniversaire, voici maintenant la belle et mystérieuse Beryte qui comme dit la poétesse Nadia Tuéni est « mille fois morte et mille fois revécue ».

Crid ‘amour envers sa ville millénaire, si riche d’histoire et de patrimoine, mais aussi et surtout cri d’alarme, le documentaire sur Beyrouth que vous allez découvrir tout de suite, appuie avec courage et lucidité là où ça fait mal.

Il ne reste que 280 des célèbres anciennes demeures, qui ont fait la beauté et la spécificité de Beyrouth.

Comment faire pour protéger ce précieux patrimoine si menacé ? Comment faire pour que les propriétaires de ces trésors ne cèdent pas au chant des sirènes immobilières ?

A travers des photos d’archives dont certaines sont totalement inédites, mais également à travers des entretiens avec différentes personnalités politiques : le Ministre de la culture, M. Raymond Arayji, les anciens  ministres Salim Wardé, Gaby Layoun, Tarek Mitri et Mohamad Baydoun, sans compter les témoignages poignants de Michel Eddé et Walid Joumblatt, et d’autres entretiens avec l’Aspad à travers Mme Raya Daouk, le Mohafez Président de la municipalité, les architectes et les ingénieurs, Georges Salibi tente d’apporter des réponses satisfaisantes à cet épineux problème.

Et je termine comme j’ai commencé, en citant Nadia Tuéni

« Beyrouth est en Orient le dernier sanctuaire

Où l’homme peut toujours s’habiller de lumière ».