samedi, janvier 24, 2026

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Revue de la presse libanaise: Bras de fer sur le Sud, la « phase deux » et le retour de la question du désarmement

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Le climat politique libanais se resserre autour d’un même nœud, celui de la sécurité au Sud et de la place de l’armement du Hezbollah dans l’équation nationale, sur fond d’intensification des pressions internationales. Plusieurs titres convergent vers l’idée que les arrangements en vigueur arrivent à une limite. Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026 décrit une volonté américaine de remodeler le dispositif de suivi sécuritaire dans le Sud, en poussant à remplacer la commission dite « mécanisme » par une formule « trilatérale » intégrant le Liban, Israël et les États-Unis, avec l’éviction de la France et de la Finul de ce cadre précis. Dans le même esprit, Al Liwa’ du 24 janvier 2026 présente le « mécanisme » comme à bout de souffle et l’associe à une exigence d’accord sécuritaire ouvrant aussi la porte à des discussions sur une zone économique.

À cette recomposition s’ajoute une lecture plus frontale des objectifs américains. Ad Diyar du 24 janvier 2026 affirme que l’arrêt des attaques dépendrait, selon les pistes évoquées, de négociations directes entre Beyrouth et Tel-Aviv. Le journal écrit que la vision du président Donald Trump et de son émissaire Tom Barrack pour le Liban s’inscrit dans une « ingénierie » régionale visant un Moyen-Orient sans « axe de la résistance », avec, en priorité, l’idée d’un « paix directe » entre le Liban et Israël. Dans ce contexte, la dynamique interne devient centrale, car la discussion sur le Sud se double d’une crise de confiance entre la présidence et un camp politique qui se sent visé par l’agenda du désarmement.

Le Sud comme épicentre, et le coût immédiat des frappes

Les journaux relient la pression politique au terrain. Al Bina’ du 24 janvier 2026 souligne la poursuite des attaques israéliennes contre des villages du Sud, avec une extension au Békaa, et décrit un pays qui oscille entre attente et inquiétude. Le même constat apparaît dans Al Sharq du 24 janvier 2026, qui rapporte que le président Joseph Aoun et le président de la Chambre Nabih Berri ont discuté de la situation au Sud en raison de la continuité des attaques et de leur élargissement.

Sur le volet des destructions, Al Quds du 24 janvier 2026 évoque des dégâts importants après un raid sur Qanarit, au Sud du Liban. La presse insiste aussi sur le dossier du retour des habitants des villages frontaliers. Al Bina’ du 24 janvier 2026 rapporte que Joseph Aoun a abordé, avec Nabih Berri et avec un rassemblement de représentants des localités frontalières, la question de l’aide à fournir aux familles et les conditions de retour vers des villages détruits. Le même axe se retrouve dans Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026, où Joseph Aoun réaffirme son engagement à soutenir les habitants des villages frontaliers, au moment où la scène politique discute de l’avenir des arrangements de cessez-le-feu.

La médiation de Berri et la recherche d’une désescalade interne

Plusieurs titres décrivent Nabih Berri comme une pièce de stabilisation. Ad Diyar du 24 janvier 2026 présente sa visite à Baabda comme un signal destiné à contenir une escalade verbale entre Baabda et Haret Hreik, après une séquence de tensions et d’échanges agressifs sur les réseaux sociaux. Le journal relie aussi cette séquence à des convocations judiciaires visant des journalistes accusés d’atteinte au مقام de la présidence, un épisode qui a alimenté une polarisation au sein d’une partie de l’opinion.

Dans Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026, la visite de Berri est décrite comme une tentative d’apaisement et de « sédatifs » politiques, avec l’idée qu’un rétablissement de canaux de communication directs entre Joseph Aoun et le Hezbollah pourrait réduire la tension du discours. Le même journal situe cette dynamique dans un début d’année chargé, où plusieurs dossiers paraissent bloqués, et où le thème du désarmement reste un point de friction majeur.

Al Sharq du 24 janvier 2026 insiste, de son côté, sur la densité de l’agenda officiel. Il souligne que le Liban est « occupé » par un paquet de dossiers, dont la question de la centralisation des armes aux mains de l’État, pendant que l’attention régionale est rivée sur l’Iran et sur les calculs de Washington et d’Israël. Dans ce paysage, la médiation institutionnelle vise autant à calmer l’intérieur qu’à éviter que le pays ne se retrouve sans marge face à une pression extérieure croissante.

La pression internationale, entre Paris, Washington et un calendrier implicite

Sur le plan diplomatique, plusieurs signaux se superposent. Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026 rapporte que le président français Emmanuel Macron a réaffirmé à Nawaf Salam l’engagement de la France à soutenir le Liban, à défendre sa souveraineté, à appuyer ses forces armées et à accompagner les réformes. Le journal indique aussi que Paris insiste sur le respect total du cessez-le-feu par toutes les parties, et lie ce discours à l’idée que les autorités libanaises doivent s’engager dans la « phase deux » visant à concentrer les armes dans les mains de l’État et à étendre la souveraineté sur tout le territoire.

Dans Al Sharq du 24 janvier 2026, Nawaf Salam est annoncé en rencontre avec Emmanuel Macron à l’Élysée après une étape à Davos, ce qui place le dossier libanais au croisement de la sécurité, des réformes et du financement international. Al Quds du 24 janvier 2026 mentionne aussi que Nawaf Salam a rencontré Emmanuel Macron et que les discussions ont porté sur la situation au Liban, sur un soutien aux forces de sécurité, et sur les réformes.

À ces contacts s’ajoute une séquence régionale. Al Sharq du 24 janvier 2026 indique qu’un responsable du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelaziz al-Khulaifi, est attendu à Beyrouth, avec des rencontres prévues avec Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam, ainsi qu’avec des responsables sécuritaires, pour discuter d’un soutien accru au Liban. Al Quds du 24 janvier 2026 confirme, sur le principe, cette visite annoncée et l’inscrit dans une logique d’appui, au moment où le Liban discute d’un renforcement du soutien international à son armée et à ses forces de sécurité.

Le débat sur l’armement, et la question des lignes rouges

Le cœur politique du moment reste l’armement du Hezbollah. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 évoque, parmi les dossiers bloqués, des signaux américains perçus comme une forme de pression sur l’institution militaire, en citant le cas d’une visite à Washington du commandant de l’armée Rodolphe Haykal qui aurait été jugée « non utile » dans un contexte de lenteur sur le désarmement, surtout dans la « phase deux ».

Sur le registre plus polémique, Al Sharq du 24 janvier 2026 publie une tribune qui pose frontalement la question de l’utilité actuelle des armes du Hezbollah et de l’intérêt national, en rappelant en même temps le rôle historique revendiqué de « libération » du territoire. Même si le ton relève de l’opinion, sa présence en Une ou en tête de journal reflète le fait que le sujet n’est plus seulement technique ou sécuritaire. Il devient une querelle de légitimité, donc plus difficile à régler par des compromis procéduraux.

Dans Al Quds du 24 janvier 2026, le désaccord entre Joseph Aoun et le Hezbollah est décrit comme persistant, avec un vocabulaire dur attribué à des médias proches du parti. Le journal relie aussi cet affrontement verbal aux poursuites visant des journalistes, et évoque même l’hypothèse, non officielle, d’un retrait temporaire de ministres du Hezbollah si la situation ne se corrige pas. Ce type d’hypothèse, même présentée avec prudence, ajoute une dimension gouvernementale à une crise déjà lourde au niveau politique et sécuritaire.

Un arrière-plan régional explosif, de l’Iran à Gaza, qui rétrécit la marge libanaise

Le Liban suit, en parallèle, une montée de tension régionale qui peut déborder. Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte que le président Donald Trump a annoncé qu’une flotte de guerre américaine se dirigeait vers l’Iran, tout en disant espérer ne pas avoir à l’utiliser, et mentionne l’arrivée de moyens navals et la discussion sur des systèmes de défense supplémentaires au Moyen-Orient. Dans Al Sharq du 24 janvier 2026, le même thème apparaît à travers le titre sur une « grande force » en direction de l’Iran et des estimations d’une attaque rapide. Al 3arabi Al Jadid du 24 janvier 2026 reprend aussi l’idée d’une force importante se dirigeant vers l’Iran, en parallèle d’une communication iranienne sur des complots déjoués.

La presse libanaise relie cette nervosité régionale à la situation locale. Al Bina’ du 24 janvier 2026 pose une question directe sur la signification d’annulations de vols vers Israël, en s’interrogeant sur une frappe iranienne préventive ou sur une guerre américaine imminente, ce qui illustre un degré d’incertitude élevé dans la région. Ad Diyar du 24 janvier 2026 parle aussi de « foules militaires » déjà en place et d’une surveillance de la situation en Iran, ce qui contribue à un climat de pré-crise.

Enfin, le contexte de Gaza reste un facteur de tension. Al Quds du 24 janvier 2026 décrit des violations israéliennes d’un accord de cessez-le-feu à Gaza et une difficulté persistante à acheminer l’aide vers les zones de déplacement, avec des avertissements onusiens sur la dégradation humanitaire. Al Bina’ du 24 janvier 2026 mentionne aussi le refus de l’Espagne de rejoindre un dispositif présenté comme « conseil de paix » promu par Donald Trump autour de Gaza, ce qui indique que les initiatives politiques régionales restent controversées et fragiles.

Dans ce paysage, la Une libanaise se lit comme une équation à plusieurs inconnues. La pression sur le Sud s’intensifie. Les cadres de négociation sont contestés. Les partenaires internationaux lient sécurité, souveraineté et réformes. Et le débat interne sur les armes se durcit, au moment même où la région s’approche d’un seuil de confrontation plus large.

Politique locale: recomposition des équilibres internes entre Baabda, le Parlement et les partis

La scène intérieure se reconfigure autour de la relation entre la présidence, le Parlement et les forces politiques, alors que la question du Sud et de l’armement du Hezbollah pèse sur tous les dossiers. Al Sharq du 24 janvier 2026 rapporte une réunion à Baabda entre le président Joseph Aoun et le président de la Chambre Nabih Berri, centrée sur la situation générale et sur le Sud, dans un contexte de poursuite des attaques israéliennes et d’extension vers la Békaa. Le journal cite aussi Nabih Berri après l’entretien, répondant sur le climat de la rencontre par une phrase brève et répétée, affirmant que les échanges avec Joseph Aoun sont « toujours excellents ». Cette mise en scène d’une entente institutionnelle vise à rassurer, alors que le débat public devient plus agressif.

La crispation ne tient pas seulement à la sécurité. Elle tient aussi à la manière dont la présidence pose les termes de la souveraineté et du monopole étatique de la force. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 décrit le différend entre Joseph Aoun et le Hezbollah comme une question plus profonde qu’un simple désaccord politique, en le présentant comme une problématique qui touche à la relation entre l’État et une organisation armée qui garde sa décision stratégique en dehors des institutions. Dans cette lecture, l’enjeu n’est pas un compromis de circonstance. Il s’agit d’un rapport de forces durable, avec des coûts immédiats sur le fonctionnement du pouvoir.

Ad Diyar du 24 janvier 2026 insiste, de son côté, sur la tension récente entre Baabda et Haret Hreik et sur la nécessité de rétablir des canaux de communication. Le journal évoque des échanges jugés agressifs sur les réseaux sociaux, puis rapporte que la rencontre à Baabda a abordé la nécessité de relancer le contact entre le député Mohammad Raad et le brigadier Rahal afin de calmer l’atmosphère. Le même article relie ces tensions au contexte des attaques israéliennes, mais aussi aux dossiers internes qui s’accumulent, dont la commission du « mécanisme », le projet de loi sur la « فجوة مالية » et l’agenda électoral.

Le rôle d’arbitre de Berri et la logique de désescalade

Plusieurs journaux présentent Nabih Berri comme un acteur de stabilisation. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 décrit sa visite à Baabda comme une tentative d’apaisement, avec l’idée que des « amis communs » peuvent aider à réactiver des canaux directs entre Joseph Aoun et le Hezbollah, et donc à réduire la dureté du discours. Le journal évoque aussi la possibilité d’un travail politique à venir autour d’une « stratégie de sécurité nationale », conçue comme un cadre qui permettrait de déplacer la discussion des slogans vers des procédures.

Cette logique d’arbitrage répond à un risque clair. Quand les canaux se ferment, chaque dossier devient un test de loyauté. La moindre décision administrative prend une dimension politique. Même des sujets techniques, comme la coopération internationale ou la gestion des retours au Sud, se trouvent réinterprétés à travers le prisme du désarmement. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 note que l’atmosphère du début d’année est chargée par plusieurs dossiers « arrivés au mur », ce qui traduit un sentiment de blocage et de fatigue institutionnelle.

Al Sharq du 24 janvier 2026 élargit cette image en parlant d’un paquet de dossiers qui occupe l’État, avec, au premier plan, la centralisation des armes aux mains de la « légalité » et des visites diplomatiques jugées importantes. Dans ce récit, l’arbitrage de Berri n’est pas un geste protocolaire. C’est un moyen de protéger le fonctionnement minimal des institutions, au moment où le débat sur l’autorité de l’État devient un sujet quotidien.

Le gouvernement Salam, entre engagements de réforme et bataille du calendrier

Sur le front gouvernemental, l’exécutif cherche à afficher une ligne cohérente. Ad Diyar du 24 janvier 2026 rapporte la rencontre à Paris entre le Premier ministre Nawaf Salam et le président français Emmanuel Macron. Le journal indique que la discussion a porté sur la préparation d’une conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité prévue à Paris le 5 mars, ainsi que sur les moyens d’assurer sa réussite. La même source cite un accent mis sur le rôle de l’armée dans l’extension de son autorité au sud du Litani, ce qui place l’institution militaire au centre du récit de souveraineté.

Dans le même ensemble, Ad Diyar du 24 janvier 2026 attribue à Nawaf Salam un engagement à poursuivre la centralisation des armes sur tout le territoire, selon un plan de l’armée datant de septembre, et avertit que parier sur l’inverse mènerait à davantage d’instabilité. La source relie aussi le discours de réforme à une demande française sur la loi dite de « الفجوة المالية », présentée comme une étape vers un accord avec le Fonds monétaire international, puis vers une conférence de soutien à la reprise et à la reconstruction. Même si la séquence se déroule à l’étranger, elle se traduit en enjeux intérieurs. Elle conditionne des votes au Parlement et des arbitrages sur la répartition des pertes.

Al Sharq du 24 janvier 2026 place cette trajectoire dans un agenda serré, en annonçant que Nawaf Salam rencontre Emmanuel Macron après une participation au Forum économique de Davos. Le journal mentionne aussi une visite attendue à Beyrouth du ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammed ben Abdelaziz al-Khulaifi, avec des entretiens prévus avec Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam, ainsi qu’avec des responsables sécuritaires, dans une logique d’appui accru au Liban. À l’intérieur, ces annonces nourrissent une double lecture. D’un côté, elles renforcent la légitimité de l’exécutif. De l’autre, elles accroissent la pression pour produire des résultats concrets.

Le temps politique compte aussi. Ad Diyar du 24 janvier 2026 relie la discussion de Baabda à l’échéance des élections législatives prévues en mai et rappelle la nécessité d’appeler officiellement au scrutin au moins 90 jours avant la date, en citant le 3 février comme moment clé. Cette précision illustre un point sensible. L’organisation du scrutin devient un test de normalité institutionnelle. Elle devient aussi un terrain de contestation si des acteurs estiment que la crise sécuritaire ou sociale impose des reports.

Le Parlement et la bataille budgétaire, entre promesses et tensions sociales

Le dossier le plus immédiat au Parlement est celui du budget 2026. Al Sharq du 24 janvier 2026 rapporte que Nabih Berri a convoqué une séance pour discuter et adopter le projet de budget 2026, avec des réunions prévues les 27, 28 et 29 janvier, en journée et en soirée. Al Bina’ du 24 janvier 2026 reprend la même information, en l’inscrivant dans une séquence où la situation sociale pèse sur le travail législatif.

Cette séquence budgétaire est déjà sous pression. Al Bina’ du 24 janvier 2026 publie un communiqué lié à une « رابطة » de vétérans et de personnels liés aux forces armées, annonçant un mouvement de protestation à partir du 26 janvier autour du Parlement, et affirmant que la crise financière résulte de la responsabilité de ceux qui ont gouverné. Le texte refuse une solution qui se ferait aux dépens des militaires et des retraités, tout en évoquant l’absence de prise en compte de revendications dans les chiffres du budget, hormis des montants liés à une indemnité carburant pour des « المؤهلين ». Ad Diyar du 24 janvier 2026 publie un contenu similaire, avec la même logique de mobilisation et l’idée d’une extension des actions sur l’ensemble du territoire si les demandes ne sont pas satisfaites.

Ces éléments pèsent sur l’adoption du budget. Ils signalent un risque de désordre social au moment où l’État cherche à afficher une reprise de l’autorité. Ils signalent aussi un problème de crédibilité. Les revendications se formulent en termes de dignité de vie. Elles visent directement les institutions et la classe politique. Les débats budgétaires, dans ce climat, ne se limitent plus à des chiffres. Ils deviennent un champ d’affrontement sur la responsabilité de la crise.

Al Akhbar du 24 janvier 2026 propose un autre angle, centré sur l’usage des fonds publics. Le journal cite la députée Halima Kaakour, qui affirme que le Liban dépense plus de 50 millions de dollars pour louer des bâtiments destinés à des institutions officielles. La même source rapporte que la députée a demandé, lors des discussions budgétaires, des informations à chaque ministère sur les immeubles loués, et qu’elle a reçu des réponses vagues, avant de déposer, avec six députés et « بالتعاون مع غربال », une question au gouvernement pour obtenir des détails sur les biens loués et ceux détenus par l’État. Al Akhbar du 24 janvier 2026 insiste aussi sur le risque de conflits d’intérêts, en évoquant des propriétaires liés à la sphère du pouvoir.

Cette thématique nourrit une tension politique classique. D’un côté, l’exécutif cherche à prouver qu’il réformera. De l’autre, le Parlement devient un lieu où les élus exposent des pratiques anciennes, et où la transparence sert d’arme politique. Dans ce contexte, les discussions sur la loi de la « فجوة مالية » et sur les étapes demandées par les partenaires internationaux prennent une dimension plus explosive. Les Libanais voient des dépenses et des loyers. Ils voient aussi une crise du pouvoir d’achat. La comparaison devient immédiate.

Liberté de la presse, institutions et débat sur les limites

Le climat intérieur est aussi marqué par des débats sur la liberté d’expression et sur la protection des institutions. Al Sharq du 23 janvier 2026 rapporte des propos attribués au ministre de l’Information Paul Morcos, affirmant que la liberté d’expression et la liberté de la presse sont garanties par la Constitution et les lois, et qu’elles sont un pilier du système démocratique, tout en ajoutant que cette liberté ne signifie pas l’atteinte au مقام de la présidence ou à d’autres autorités constitutionnelles, et qu’elle doit s’exercer dans des cadres légaux et professionnels.

Ce type de position intervient dans un moment tendu. Ad Diyar du 24 janvier 2026 relie la crispation politique à des épisodes de poursuites ou de convocations visant des journalistes, ce qui alimente une polarisation entre ceux qui dénoncent une restriction et ceux qui invoquent le respect des institutions. Le débat devient vite binaire. Il oppose la crainte d’un retour à des réflexes répressifs et la crainte d’une dégradation du débat public. Dans un pays traversé par des conflits de légitimité, cette ligne de fracture peut devenir durable.

Al Sharq du 23 janvier 2026 rapporte aussi des déclarations politiques plus générales, dont un appel à soutenir Joseph Aoun et un discours sur la nécessité de construire un État fort, tout en critiquant une « souveraineté sélective ». Même si le détail partisan n’est pas développé dans l’extrait, l’orientation est claire. L’argument vise des acteurs accusés d’invoquer la souveraineté selon les circonstances. Il renvoie directement à la question des armes, mais aussi à la gestion des alliances internes.

Partis et opinion, entre discours frontal et prudence institutionnelle

La période voit coexister deux registres. Le premier est institutionnel, avec des rencontres à Baabda, un calendrier parlementaire et des discussions sur des lois financières. Le second est polémique, avec des tribunes et des discours qui durcissent le débat. Al Sharq du 24 janvier 2026 publie un texte d’opinion qui pose frontalement la question de l’intérêt du maintien des armes du Hezbollah, tout en rappelant le rôle historique revendiqué dans la « libération » du pays. La présence de ce type de tribune dans un journal qui couvre aussi l’actualité institutionnelle montre une chose. La controverse ne se limite plus aux cercles politiques. Elle devient un sujet de société, discuté dans les mêmes pages que le budget et les nominations.

Cette dualité pousse les acteurs à la prudence. Les autorités savent que les mots peuvent avoir un coût immédiat. Elles savent aussi que les partenaires étrangers regardent les signaux internes. Le débat sur la centralisation des armes se mêle ainsi aux discussions sur l’aide et sur le soutien à l’armée. Ad Diyar du 24 janvier 2026 rappelle, dans son récit de la rencontre Salam-Macron, un accent mis sur l’extension de l’autorité de l’armée au Sud, et cite une volonté de réussir une conférence de soutien aux forces de sécurité. Al Sharq du 24 janvier 2026 rapporte, dans un autre registre, des positions d’un parti politique louant l’action des forces de sécurité et de l’armée, et mentionnant le commandant de l’armée Rodolphe Haykal. Dans le contexte actuel, ce type d’éloge est aussi un message politique. Il affirme que la stabilité passe par les institutions sécuritaires.

Le résultat est une politique locale sous contrainte. Les institutions doivent avancer sur le budget. Elles doivent aussi gérer une tension sociale qui s’exprime déjà dans la rue. Elles doivent, enfin, contenir un débat existentiel sur le monopole de la force, sans provoquer une rupture interne. Les journaux du 24 janvier 2026 montrent une scène qui cherche l’équilibre, mais qui avance sur une ligne étroite, avec un calendrier qui ne laisse presque aucune marge.

Citation et discours des personnalités politiques: souveraineté, Sud et limites de la parole publique

La parole officielle se concentre sur la souveraineté et sur la sécurité au Sud. Elle se concentre aussi sur l’aide aux habitants des villages frontaliers. Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026 rapporte que le président Joseph Aoun a réaffirmé son engagement à soutenir ces habitants, dans le cadre de rencontres consacrées à leur retour et à l’assistance attendue. Ce discours insiste sur la responsabilité de l’État. Il vise aussi à répondre à l’urgence sociale. Les destructions et les déplacements pèsent sur la crédibilité des institutions.

Dans le même temps, les responsables cherchent à montrer une coordination institutionnelle. Al Sharq du 24 janvier 2026 cite Nabih Berri à l’issue de sa rencontre avec Joseph Aoun à Baabda. Il déclare que la relation est « toujours excellente ». La formule est courte. Toutefois, elle fonctionne comme un signal politique. Elle réduit les rumeurs de fracture entre les pôles du pouvoir. Elle vise aussi à calmer un débat devenu plus agressif dans l’espace public.

Le discours politique est donc pris entre deux exigences. D’abord, protéger l’unité interne. Ensuite, rassurer sur la capacité de l’État à agir au Sud. Or, ces deux exigences se heurtent à un sujet central. Il s’agit de la question des armes en dehors de l’État. Les journaux décrivent un climat où chaque déclaration est scrutée. Chaque mot peut être interprété comme un défi ou comme une concession.

Le discours de Nawaf Salam entre violations israéliennes et monopole de l’État

Le Premier ministre Nawaf Salam articule son discours autour de l’arrêt des violations et du rétablissement de l’autorité de l’État. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 rapporte qu’il a souligné la nécessité de mettre fin aux violations israéliennes de la souveraineté libanaise et d’obtenir un retrait des zones encore occupées. Dans le même récit, Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 rapporte qu’il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à achever le processus visant à limiter les armes sur l’ensemble du territoire, en s’appuyant sur un plan de l’armée évoqué par le journal. 

Ce choix de cadrage est important. D’un côté, il place Israël face à une obligation, celle de respecter la souveraineté. De l’autre, il place l’État libanais face à une obligation, celle d’unifier la décision sécuritaire. Cette double exigence est présentée comme une condition de stabilité. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 rapporte aussi un avertissement attribué à Nawaf Salam, selon lequel parier sur l’inverse mènerait à davantage d’instabilité. Le message vise à dissuader les stratégies de blocage. Il vise aussi à convaincre les partenaires étrangers que le gouvernement assume ses engagements.

Ce discours se déploie dans une séquence internationale. Il se nourrit d’entretiens à Paris et d’échanges avec des responsables étrangers. Dans ce contexte, les mots choisis par le chef du gouvernement sont calibrés. Ils sont destinés aux Libanais. Ils sont aussi destinés aux bailleurs et aux États influents. La parole devient alors un instrument de politique étrangère autant qu’un outil de gestion intérieure.

Le discours français tel que relayé par la presse entre soutien et conditionnalité

Le langage diplomatique français, tel que rapporté, combine appui et attentes. Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026 rapporte que le président Emmanuel Macron a réaffirmé à Nawaf Salam l’engagement de la France à soutenir le Liban, à défendre sa souveraineté, à appuyer ses forces armées et à accompagner les réformes. Le même article lie ce soutien au respect total du cessez-le-feu et à une trajectoire où l’État étend sa souveraineté. 

Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 rapporte, dans le même esprit, un discours qui associe réforme économique et stabilité. Le journal évoque une attente française sur l’avancement de réformes et sur des textes économiques jugés nécessaires pour débloquer l’aide internationale. Dans cette lecture, le discours n’est pas seulement un geste d’amitié. Il devient une forme de contrat politique. Il associe assistance et preuves de mise en oeuvre.

Cependant, la presse décrit aussi un écart entre partenaires. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 cite une lecture diplomatique selon laquelle la France est confrontée à une marginalisation dans le dossier libanais, au profit du partenaire américain. Le journal oppose deux hiérarchies. Dans cette narration, Washington met d’abord l’accent sur des preuves concrètes concernant le volet des armes. Paris, en revanche, insiste davantage sur ce qui est attendu d’Israël, comme l’arrêt des frappes et les conditions d’une reconstruction. 

Cette divergence de ton a un effet direct sur les discours libanais. Elle encourage les responsables à tenir un langage équilibré. Ils doivent dénoncer les violations. Ils doivent aussi afficher une ligne de souveraineté interne. Dans un contexte de pressions croisées, l’exercice devient instable.

Nabih Berri et le langage de l’apaisement institutionnel

Le discours de Nabih Berri est utilisé comme outil d’apaisement. La phrase rapportée par Al Sharq du 24 janvier 2026, sur la relation « toujours excellente » avec Joseph Aoun, a une fonction de stabilisation. Elle suggère que les institutions se parlent. Elle suggère aussi que les tensions n’empêchent pas le travail commun.

Al Sharq du 24 janvier 2026 rapporte également des propos de Nabih Berri adressés à des habitants ou représentants du Sud. Il affirme que l’État a un devoir envers eux et qu’il connaît leur souffrance. Le propos vise à maintenir un lien entre l’État et les populations touchées. Il vise aussi à prévenir une colère qui se transformerait en rejet des institutions. Dans la même séquence, le calendrier parlementaire sur le budget renforce la portée de cette parole. Al Sharq du 24 janvier 2026 annonce la convocation de séances pour discuter et adopter le budget 2026. La promesse politique doit donc se traduire en chiffres et en décisions.

En parallèle, plusieurs journaux décrivent Berri comme un acteur qui limite l’escalade entre Baabda et le Hezbollah. Ad Diyar du 24 janvier 2026 situe sa visite à Baabda dans une logique de désescalade, après une montée de tensions et d’échanges agressifs dans l’espace public. Al Akhbar du 24 janvier 2026 va dans le même sens, en décrivant une initiative destinée à empêcher une rupture politique durable. Même si les journaux n’emploient pas le même ton, le constat converge. Sans médiation, la parole se durcit. Et le durcissement peut bloquer les dossiers.

Liberté de la presse et limites de la critique dans le discours officiel

Le débat sur la parole publique devient lui-même un sujet politique. Al Sharq du 23 janvier 2026 rapporte une déclaration du ministre de l’Information Paul Morcos. Il affirme que la liberté d’expression et la liberté de la presse sont garanties par la Constitution et les lois. Toutefois, il ajoute que cette liberté ne doit pas viser la présidence ou d’autres autorités constitutionnelles par des attaques, et qu’elle doit rester dans des cadres légaux et professionnels. 

Ce discours produit deux lectures opposées. D’un côté, il réaffirme un principe démocratique. De l’autre, il trace une limite qui peut être perçue comme restrictive. Dans le contexte décrit par plusieurs titres, cette question est sensible. Ad Diyar du 24 janvier 2026 relie la tension politique à des épisodes où des journalistes ont été visés par des démarches judiciaires, ce qui a alimenté la polémique. Le sujet devient alors un test. Il mesure la capacité de l’État à protéger ses institutions. Il mesure aussi sa capacité à tolérer la critique.

Le débat ne reste pas juridique. Il devient un débat de légitimité. Certains acteurs défendent une protection renforcée des institutions. D’autres dénoncent un climat de pression sur la presse. Dans ce contexte, le discours de Paul Morcos sert de point de référence. Il est cité comme un cadre. Mais il ne clôt pas la controverse.

Discours de soutien à la présidence et dénonciation des campagnes

La presse rapporte aussi des prises de position en soutien à Joseph Aoun. Ad Diyar du 24 janvier 2026 cite un texte de Wadie Khazen qui évoque une campagne continue contre le président et appelle à cesser ces attaques par considération pour la stabilité et pour les souffrances des citoyens. Le même texte met en avant la protection des institutions et la nécessité de réduire les querelles politiques. 

Ce type de discours cherche à déplacer le débat. Il transforme la critique en campagne. Il transforme la polarisation en risque pour la cohésion. Il appelle à une trêve verbale. Or, ce langage peut aussi accentuer la division. Il peut être lu comme un appel au calme. Il peut aussi être lu comme une tentative de délégitimer l’opposition.

De son côté, Al Akhbar du 24 janvier 2026 décrit une réalité plus conflictuelle. Le journal parle d’un différend sérieux et insiste sur l’importance d’une médiation pour éviter une escalade durable. Dans ce récit, la parole publique n’est pas seulement une question de ton. Elle devient un instrument de rapport de force.

Discours partisans et langage social autour du coût de la vie

Le discours politique ne se limite pas au Sud. Il inclut la crise sociale et la hausse des prix. Al Sharq du 24 janvier 2026 rapporte un communiqué partisan issu d’une réunion politique. Il affirme que les conditions de vie se dégradent et que le citoyen ne peut plus vivre correctement, en raison de la hausse des prix des biens essentiels et des médicaments. Le texte demande ensuite un renforcement du contrôle par le ministère de l’Économie. 

Dans le même communiqué, Al Sharq du 24 janvier 2026 rapporte aussi un discours de soutien aux forces de sécurité et à l’armée, en les présentant comme un pilier de protection du citoyen. Ce couplage n’est pas anodin. Il associe le social au sécuritaire. Il permet à un parti de se placer du côté du peuple, tout en se plaçant du côté de l’État.

Ce type de discours répond à une inquiétude. La crise économique fragilise la cohésion. Elle nourrit la colère. Or, la colère peut se transformer en désordre. Ainsi, les responsables cherchent à encadrer la contestation. Ils insistent sur le contrôle des prix. Ils insistent aussi sur la stabilité sécuritaire. La parole politique devient un outil de gestion d’un risque social.

Discours sur la négociation, les mécanismes et l’agenda de sécurité

Enfin, une partie des discours se construit par des récits sur les médiations et les cadres de négociation. Ad Diyar du 24 janvier 2026 met en avant l’idée que l’arrêt des attaques et la stabilisation du Sud seraient liés, selon les pistes évoquées par le journal, à des discussions directes. Le journal relie cette hypothèse à une vision régionale portée par le président Donald Trump et par son envoyé Tom Barrack, décrite comme une volonté de remodeler l’équilibre régional. 

De son côté, Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026 décrit des discussions sur l’évolution du cadre de suivi au Sud, avec une poussée américaine vers une formule différente, et un débat sur la place des acteurs internationaux dans ce cadre. Al Liwa’ du 24 janvier 2026 évoque aussi l’essoufflement du mécanisme actuel et le relie à une pression pour un accord sécuritaire. 

Ces récits pèsent sur la parole des responsables libanais. Quand l’opinion entend parler de négociations directes, les responsables insistent davantage sur la souveraineté. Quand l’opinion entend parler de mécanismes changeants, les responsables insistent davantage sur l’armée et sur l’État. La parole devient donc une réponse au récit médiatique autant qu’à la réalité du terrain. Dans une période de tensions, ce jeu des discours et des contre-discours devient un facteur de stabilité ou de rupture, selon la capacité des institutions à maintenir des canaux et à produire des décisions concrètes.

Diplomatie: recomposition des médiations au Sud et retour des conditionnalités internationales

La diplomatie autour du Liban se resserre sur deux priorités. La première concerne le dispositif de contrôle au Sud et l’avenir du cessez-le-feu. La seconde concerne l’aide internationale, de plus en plus liée à des preuves d’exécution sur le terrain. Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026 décrit une insistance américaine pour transformer la commission de suivi dite « mecanisme » en une formule « trilaterale » réunissant les États-Unis, le Liban et Israël, avec une hausse du niveau de représentation. Le journal souligne aussi l’idée d’écarter la France et le commandement de la Finul de ce cadre spécifique, ce qui pose une question directe sur l’équilibre des garants et sur la portée de l’accord de cessation des hostilités.

Ce déplacement du centre de gravité est lourd de conséquences. Il touche à la capacité du Liban à conserver un appui européen structurant, tout en gérant une pression américaine plus frontale. Il touche aussi au rôle des Nations unies, qui restent un cadre de référence pour la mise en œuvre de la résolution 1701. Dans la lecture d’Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026, le mécanisme actuel apparaît comme un outil dont l’application a surtout pesé sur le côté libanais, à travers le déploiement de l’armée au Sud, ce qui alimente un débat sur l’équité du dispositif.

En parallèle, la diplomatie libanaise tente de garder plusieurs portes ouvertes. Les contacts avec Paris se multiplient. Les discussions avec Doha s’intensifient. Et l’horizon régional, dominé par l’Iran et Gaza, continue de dicter le tempo. Le résultat est une diplomatie sous contrainte. Chaque partenaire propose un appui. Toutefois, chaque partenaire associe cet appui à une lecture propre des priorités.

Paris et le duo Macron–Salam entre soutien, armée et réformes

La séquence la plus visible est celle de Paris. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 rapporte que l’entretien entre Emmanuel Macron et Nawaf Salam a porté sur les préparatifs d’une conférence de soutien à l’armée libanaise prévue à Paris le 5 mars, et sur les moyens d’en assurer la réussite. Le journal souligne aussi la mise en avant du rôle de l’armée dans l’extension de son autorité, notamment au Sud du Litani. Cette insistance n’est pas seulement militaire. Elle est politique. Elle indique que la France veut lier la stabilité au renforcement de l’institution étatique.

Dans le même récit, Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 rapporte que Nawaf Salam a insisté sur la nécessité de faire cesser les violations israéliennes de la souveraineté libanaise et d’obtenir un retrait des zones encore occupées. Cette formulation place Paris face à un dilemme. La France veut pousser la consolidation de l’État. Toutefois, elle doit aussi montrer que l’État ne peut pas être sommé d’avancer seul, pendant que les frappes se poursuivent.

Le discours public français est structuré pour répondre à ce dilemme. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 cite un message attribué à Macron après la rencontre, rappelant que la France se tient aux côtés du Liban pour défendre sa souveraineté, soutenir ses forces armées et accompagner les réformes nécessaires. Il est aussi question, dans le même passage, d’un objectif de renforcement des capacités des forces armées, présenté comme un service rendu à la stabilité et à la souveraineté du Liban.

Cependant, la relation Paris–Beyrouth ne se limite pas à l’armée. Elle inclut le dossier des réformes économiques. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 indique que Macron a exprimé un soutien aux démarches de réforme et a insisté sur l’importance d’une loi sur la « gap financier » après examen en commissions, afin d’ouvrir la voie à un accord avec le Fonds monétaire international, puis à une conférence de soutien à la reprise et à la reconstruction. Le message est clair. L’aide est possible. Toutefois, elle passe par une architecture financière et législative.

Un débat sur la place de la France face aux États-Unis

Au-delà des déclarations, une question traverse la presse. La France garde-t-elle la main sur le dossier libanais, ou devient-elle un partenaire secondaire face à Washington. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 cite des sources diplomatiques qui évoquent une « mise à l’écart » du rôle français par le partenaire atlantique, et décrivent des divergences sur la vision des compromis. Dans cette lecture, Washington attendrait du Liban des preuves d’exécution sur le volet lié aux armes, tandis que Paris mettrait davantage l’accent sur ce qui est attendu d’Israël, comme l’arrêt des frappes, le retrait de points occupés et la facilitation de la reconstruction.

Cette divergence, si elle s’installe, peut produire deux effets opposés. Elle peut aider Beyrouth, car le Liban peut s’appuyer sur Paris pour rappeler l’obligation d’Israël de réduire la pression militaire. Toutefois, elle peut aussi fragiliser Beyrouth, car une pression américaine isolée de tout contrepoids européen peut devenir plus dure et plus rapide. Le risque est alors de voir la diplomatie libanaise piégée entre deux agendas qui ne se synchronisent pas.

Un autre point apparaît dans Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026. Le journal mentionne une interrogation sur l’aide à l’armée, en demandant si l’assistance qui pourrait être annoncée à Paris le 5 mars serait liée à un « examen » sur la question du désarmement. Le simple fait que cette question soit posée révèle une inquiétude. L’armée est au centre du dispositif. Or, si l’aide devient conditionnelle à des résultats politiques sensibles, cela expose l’institution à une pression qui dépasse sa mission militaire.

Finul et hypothèse d’un cadre de remplacement

Le dossier du Sud inclut aussi une question institutionnelle. Que se passe-t-il si le cadre onusien est contesté ou redéfini. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 rapporte que Nawaf Salam a évoqué la nécessité de trouver une alternative à la Finul après la fin de sa mission, en soulignant le rôle de la France au Conseil de sécurité sur ce dossier. Le sujet est délicat. Il touche à la présence internationale qui sert de tampon. Il touche aussi à la légitimité des mécanismes de surveillance.

Dans le même temps, Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026 décrit une dynamique inverse, où Washington pousserait à écarter la France et la Finul du mécanisme trilatéral envisagé. L’enjeu dépasse une simple question de sièges à une table. Il définit qui a le droit de constater, d’arbitrer et de définir les manquements. Si les Nations unies sont marginalisées, la scène se recentre sur un rapport de force direct, et le Liban perd une couverture multilatérale qui lui sert souvent d’argument.

Al Liwa’ du 24 janvier 2026 propose une lecture qui va dans le même sens d’épuisement du cadre actuel. Le journal annonce « la mort du mecanisme » et évoque une exigence d’accord sécuritaire qui ouvrirait aussi vers une zone économique. Même si la formulation est politique, elle reflète une perception. Le suivi sécuritaire se mélange à des enjeux économiques. Il se mélange aussi à la normalisation, ou à des formes de coordination, ce qui reste un sujet explosif à Beyrouth.

La pression américaine et l’idée de négociations directes

La question des mécanismes se double d’un récit sur l’objectif final des États-Unis. Ad Diyar du 24 janvier 2026 avance que l’arrêt des attaques serait conditionné, selon des informations rapportées, à des négociations directes entre Beyrouth et Tel-Aviv. Le journal décrit une vision portée par Donald Trump et par son envoyé Tom Barrack, présentée comme un projet régional qui vise à réduire l’influence de l’axe de la résistance. Ad Diyar du 24 janvier 2026 mentionne aussi des contacts avec des acteurs étrangers, dont un envoyé saoudien et l’ambassadeur américain, dans un cadre lié à une « phase deux » et à la limitation des armes.

Ce récit peut être discuté sur le fond. Toutefois, il joue un rôle diplomatique. Il fixe une perception de l’intention américaine. Et cette perception influence les réponses libanaises. Quand une partie de la presse parle de paix directe comme priorité américaine, la diplomatie libanaise est poussée à réaffirmer la souveraineté, à insister sur les cadres internationaux, et à éviter toute image de négociation imposée.

Cela éclaire aussi la bataille sur la composition du mécanisme au Sud. Un dispositif trilatéral, sans médiateur européen et sans couverture onusienne visible, ressemble davantage à une table de discussion politique qu’à un outil technique. Cette confusion entre technique et politique accroît les tensions internes. Elle oblige l’État à parler à plusieurs publics. Il doit rassurer les partenaires. Il doit aussi éviter de donner à l’opinion l’impression d’une concession stratégique.

Doha, retour de l’aide ciblée et logique d’investissements

Dans ce contexte tendu, Doha apparaît comme un acteur de soutien plus pragmatique, centré sur les besoins. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 annonce la visite du ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammed ben Abdelaziz al-Khulaifi, avec des rencontres prévues avec Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam, ainsi qu’avec le commandant de l’armée et d’autres responsables sécuritaires, pour discuter des modalités d’un appui accru. Le même passage évoque une « package » de projets et d’aides dans des secteurs économiques, éducatifs et sanitaires, et une perspective de coopération économique et d’investissements.

Le détail le plus politique concerne l’énergie. Al Joumhouriyat du 24 janvier 2026 indique que le Liban aurait demandé un appui sur l’électricité, et la possibilité d’assurer un transit de gaz qatari via la Syrie afin d’augmenter l’alimentation électrique, en plus d’autres projets énergétiques. Ici, la diplomatie rejoint l’économie réelle. Le sujet de l’électricité est l’un des plus sensibles au Liban. Il touche au quotidien. Il touche aussi aux réseaux d’intérêts. Un appui qatari, s’il se concrétise, devient un test de gouvernance autant qu’un soutien financier.

Ce volet qatari joue aussi comme un signal régional. Il indique que le Liban n’est pas seul face au duo Paris–Washington. Il montre qu’il existe une marge, même étroite, pour diversifier les appuis. Toutefois, cette diversification a aussi un coût. Elle suppose une coordination interne solide, car chaque partenaire demande des garanties de transparence et de capacité d’exécution.

Le contexte régional, de l’Iran à Gaza, comme arrière-plan diplomatique

La diplomatie libanaise se déroule sur un fond régional instable. Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte que Donald Trump a annoncé qu’un « flotte de guerre » se dirigeait vers l’Iran, tout en disant espérer ne pas avoir à l’utiliser. Le journal mentionne aussi l’arrivée prévue de moyens navals et la discussion sur un renforcement des défenses aériennes américaines au Moyen-Orient. Dans le même dossier, Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte aussi une nouvelle série de sanctions américaines liées à l’Iran, visant des navires et des entités.

Pour Beyrouth, ces signaux sont déterminants. Une escalade américano-iranienne augmente le risque de débordement au Levant. Elle rend aussi plus difficiles les négociations sur le Sud, car chaque camp régional lit le Liban comme un théâtre secondaire. La diplomatie libanaise doit donc parler de souveraineté, tout en évitant de paraître alignée sur un axe. C’est un exercice de funambule.

Le même journal, Al Quds du 24 janvier 2026, décrit aussi les tensions autour de Gaza, avec des violations et un manque d’aide, et des avertissements sur la dégradation humanitaire. Là encore, l’effet sur le Liban est indirect mais réel. Lorsque Gaza s’enflamme, la frontière sud libanaise devient plus sensible. Et les diplomaties étrangères deviennent plus pressées de verrouiller le front libanais, même si cela se fait au prix de formules contestées.

Diplomatie économique et risques de chocs externes

La diplomatie ne se limite pas aux médiations sécuritaires. Elle inclut les chocs commerciaux et la politique économique internationale. Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte aussi des menaces de droits de douane annoncées par Trump contre plusieurs pays européens, avec un calendrier et des taux évoqués par le journal. Même si le Liban n’est pas directement ciblé, ce type de tension peut frapper les flux mondiaux et la zone euro, donc les transferts, les investissements et l’aide. Pour un pays fragile, les effets de second tour comptent.

Dans ce contexte, la stratégie libanaise repose sur une idée simple. Obtenir une couverture sécuritaire minimale au Sud. Obtenir une aide à l’armée. Et avancer sur des réformes qui débloquent un financement plus large. Or, la presse du 24 janvier 2026 montre que ces trois objectifs sont liés et conditionnés. Le Sud dépend d’un mécanisme contesté. L’aide dépend d’un calendrier politique. Et les réformes dépendent d’un Parlement sous pression sociale.

Le portrait diplomatique qui se dessine est donc celui d’un pays placé devant une équation serrée. Paris affiche son soutien mais parle réformes et armée. Doha propose des projets concrets, dont l’énergie, mais attend une capacité d’exécution. Washington pousse à un cadre trilatéral et à des preuves rapides. Et l’arrière-plan régional, de l’Iran à Gaza, réduit la marge d’erreur.

Politique internationale: montée des tensions autour de l’Iran, guerre de Gaza et durcissement des rapports commerciaux

La séquence internationale décrite par plusieurs quotidiens du 24 janvier 2026 est dominée par une impression de bascule. Les journaux mettent en avant un regain de pression militaire et économique des États-Unis, une crise humanitaire persistante à Gaza, et des lignes de fracture qui s’élargissent entre Washington et plusieurs capitales. Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte que Donald Trump a annoncé qu’une force navale américaine se dirigeait vers l’Iran, tout en disant espérer ne pas avoir à l’utiliser. Le même journal évoque un renforcement attendu des moyens militaires américains au Moyen-Orient, ainsi que des discussions sur l’augmentation de capacités de défense dans la région. Al Sharq du 24 janvier 2026 reprend aussi l’idée d’une « grande force » en direction de l’Iran, et relaie des anticipations sur la rapidité potentielle d’une frappe.

Dans ce cadre, la politique internationale se lit comme une succession de signaux. Certains sont militaires. D’autres sont économiques. D’autres, enfin, sont humanitaires et diplomatiques. Or, ces signaux se croisent. Ils influencent les alliances. Ils influencent aussi les marges de manœuvre des États plus vulnérables, dont le Liban, même quand le sujet traité concerne formellement d’autres théâtres.

Iran et États-Unis: démonstration de force et bataille des sanctions

Le dossier iranien occupe une place centrale dans plusieurs titres. Al Quds du 24 janvier 2026 écrit que Donald Trump a annoncé l’envoi d’une force navale vers l’Iran et mentionne la discussion d’un renforcement de la défense aérienne américaine au Moyen-Orient. Le journal présente cette annonce comme un message de pression, tout en soulignant que Trump affirme espérer éviter l’usage de la force. Ce double registre est cohérent avec une stratégie de contrainte. D’un côté, afficher la capacité militaire. De l’autre, laisser ouverte une issue politique, même minimale, pour justifier une escalade graduée.

En parallèle, les sanctions apparaissent comme l’autre pilier de cette pression. Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte une nouvelle série de sanctions américaines liées à l’Iran, visant des navires et des entités, dans une logique de serrage financier. Dans les termes rapportés, l’objectif est de restreindre les capacités de financement et de circulation, et de rendre plus coûteuse toute stratégie de contournement. Cette approche s’inscrit dans une politique qui associe la puissance maritime et les leviers économiques, afin de maintenir une pression permanente sans entrer immédiatement dans une guerre ouverte.

Al 3arabi Al Jadid du 24 janvier 2026 insiste aussi sur la dimension de démonstration de force, en reprenant l’idée d’un déploiement important vers l’Iran, et en évoquant une communication iranienne sur des complots déjoués. Ce type de message montre une logique de riposte narrative. Lorsque Washington met en scène la dissuasion, Téhéran met en scène la sécurité intérieure et la vigilance. Chacun cherche à convaincre son public. Chacun cherche aussi à influencer les calculs des acteurs régionaux.

Al Bina’ du 24 janvier 2026 décrit un climat de rumeurs et d’anticipations. Le journal mentionne l’annulation de vols vers Israël et pose des questions sur une possible frappe régionale ou sur une confrontation imminente. Même si ce type de questionnement relève d’une atmosphère plus que d’une certitude, il révèle un point essentiel. La crainte d’une escalade américano-iranienne se diffuse dans toute la région. Elle modifie les comportements, y compris dans les secteurs civils comme l’aviation.

Ad Diyar du 24 janvier 2026 renforce cette impression de pré-crise. Le journal évoque un contexte de mobilisation militaire et un suivi attentif de la situation iranienne, dans un climat présenté comme un seuil de confrontation. Là encore, l’enjeu dépasse les détails. Ce qui compte, c’est l’idée d’un calendrier nerveux, où les initiatives militaires et les annonces politiques se répondent.

Dans ce décor, l’Iran est décrit comme un pivot. Une escalade toucherait non seulement le Golfe, mais aussi la Méditerranée orientale. Elle toucherait les circuits de l’énergie. Elle toucherait aussi les lignes de contact indirect, dont le front israélo-libanais. Les journaux ne disent pas tous la même chose sur l’issue. En revanche, ils convergent sur une certitude. Le niveau de risque augmente.

Gaza: crise humanitaire, cessez-le-feu fragilisé et blocages de l’aide

La deuxième grande thématique internationale est Gaza. Al Quds du 24 janvier 2026 décrit des violations israéliennes d’un accord de cessez-le-feu, ainsi qu’une difficulté persistante à acheminer l’aide vers les zones où se trouvent des déplacés. Le journal mentionne aussi des avertissements d’organisations internationales sur la dégradation humanitaire. Dans cette lecture, le cessez-le-feu ne suffit pas à stabiliser la situation. Il ne suffit pas non plus à relancer un flux d’assistance à un niveau compatible avec les besoins.

Ce point est décisif pour la politique internationale, car il conditionne les postures des États. Quand l’aide est bloquée, la pression diplomatique monte. Quand les violations se multiplient, la crédibilité des garants du cessez-le-feu est contestée. Or, cette contestation se répercute sur d’autres dossiers. Elle nourrit une défiance plus large envers les mécanismes de médiation, y compris ceux qui concernent le Sud libanais.

Al Bina’ du 24 janvier 2026 mentionne aussi un débat politique autour des initiatives proposées par Donald Trump sur Gaza, et rapporte que l’Espagne refuse de rejoindre un dispositif présenté comme un « conseil de paix ». Ce détail a une portée plus large qu’il n’y paraît. Il signale une réticence européenne face à des formules perçues comme insuffisamment équilibrées, ou trop alignées sur une lecture américaine. Cela indique aussi que le dossier de Gaza reste un terrain de division, y compris entre partenaires occidentaux.

Dans cette séquence, Gaza n’est donc pas seulement un théâtre de guerre. C’est un test de cohérence diplomatique. C’est aussi un test de capacité à produire des mécanismes d’aide fiables. Lorsque les mécanismes échouent, la frustration s’accumule. Cette frustration augmente la probabilité de débordements régionaux, et renforce les acteurs qui jugent les compromis inutiles.

États-Unis et commerce international: menaces de droits de douane et tensions transatlantiques

La politique internationale décrite par les journaux inclut un volet économique qui prend de l’ampleur. Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte des menaces de droits de douane annoncées par Donald Trump contre plusieurs pays européens, avec des taux et des échéances évoqués dans le texte. Même si les détails visent d’abord l’Europe, l’effet potentiel est global. Une guerre commerciale peut affecter la croissance. Elle peut affecter les chaînes d’approvisionnement. Elle peut aussi frapper les monnaies et la confiance des marchés.

Pour les pays de la région, ce type de tension a des conséquences indirectes mais concrètes. Une économie européenne sous pression réduit l’appétit pour l’investissement à l’étranger. Elle peut aussi affecter les flux d’aide et de crédits. Pour les pays qui comptent sur des transferts, la nervosité économique internationale peut se traduire par un ralentissement des entrées de devises. Ainsi, même un sujet de droits de douane devient un facteur de stabilité sociale dans des pays fragiles.

Ce durcissement commercial s’inscrit dans la même logique que le durcissement géopolitique. Les sanctions contre l’Iran, rapportées par Al Quds du 24 janvier 2026, illustrent une utilisation large des instruments économiques comme outils de politique étrangère. Dans un monde où l’économie devient un champ de bataille, les États cherchent à obtenir des résultats sans recourir immédiatement à la force. Toutefois, ces outils ont un coût. Ils fragmentent les relations. Ils poussent les pays ciblés à chercher des circuits alternatifs. Ils créent aussi des tensions entre alliés, quand les intérêts économiques divergent.

Effets régionaux: volatilité accrue, messages contradictoires et risques de débordement

Les journaux donnent l’image d’une région qui fonctionne par enchaînement. Une annonce militaire près de l’Iran entraîne des spéculations sur une riposte. Une crise humanitaire à Gaza nourrit des tensions politiques en Europe et au-delà. Un durcissement commercial des États-Unis ajoute un niveau de tension économique, qui se combine à l’instabilité sécuritaire.

Dans ce climat, les acteurs régionaux adaptent leurs messages. Certains insistent sur la dissuasion. D’autres insistent sur la résistance. D’autres cherchent à se positionner comme médiateurs ou financeurs, afin de préserver leurs intérêts. Or, cette multiplication de postures produit des messages contradictoires. Elle rend les compromis plus difficiles, car chaque camp pense que le rapport de force peut encore lui donner un avantage.

Al Sharq du 24 janvier 2026, en reprenant l’idée d’une force importante dirigée vers l’Iran et en relayant des anticipations sur une attaque rapide, contribue à cette impression de chronologie serrée. Al 3arabi Al Jadid du 24 janvier 2026, en mentionnant une communication iranienne sur des complots, montre une réponse narrative qui vise à maintenir la cohésion interne. Al Bina’ du 24 janvier 2026, en évoquant des annulations de vols et en posant la question d’une guerre imminente, reflète une diffusion de l’inquiétude dans la vie quotidienne.

Ce mélange de signaux rend la situation plus volatile. Lorsque la peur circule, les erreurs de calcul deviennent plus probables. Or, en politique internationale, une erreur de calcul suffit parfois à déclencher une escalade.

Une diplomatie mondiale qui se durcit sur plusieurs fronts

Les éléments rapportés dessinent une tendance. La politique internationale devient plus coercitive. Elle repose davantage sur la pression, militaire ou économique. Elle repose aussi sur des cadres de médiation contestés, notamment lorsqu’il s’agit de cessez-le-feu et de mécanismes de suivi. Al Quds du 24 janvier 2026 insiste sur la difficulté à faire respecter des engagements à Gaza, et sur l’ampleur des besoins humanitaires. Dans le même temps, le journal met en avant une stratégie américaine d’extension des sanctions contre l’Iran.

Cette accumulation de fronts révèle une méthode. Les États-Unis cherchent à projeter de la puissance et à fixer un rythme. Toutefois, cette méthode produit des résistances. Elle produit aussi des fissures avec certains partenaires. Le refus espagnol d’un dispositif lié à Gaza, rapporté par Al Bina’ du 24 janvier 2026, illustre cette capacité de résistance dans le camp occidental lui-même. Les menaces de droits de douane contre l’Europe, rapportées par Al Quds du 24 janvier 2026, montrent aussi que le commerce devient un instrument de rapport de force, y compris avec des alliés.

Pour les États de la région, l’effet est double. D’un côté, la pression américaine peut être vue comme une garantie, car elle dissuade certains acteurs. De l’autre, elle peut être vue comme un facteur d’instabilité, car elle pousse à la confrontation. Dans les deux cas, la marge de manœuvre des pays les plus fragiles se réduit.

Répercussions possibles sur le Levant et sur les équilibres proches

Même lorsqu’ils traitent l’Iran ou Gaza, les journaux laissent entrevoir un effet de proximité. Une escalade autour de l’Iran peut déplacer des tensions vers la Méditerranée orientale. Une crise humanitaire persistante à Gaza peut maintenir une pression sur les frontières et sur les fronts adjacents. Une guerre commerciale transatlantique peut réduire les capacités d’aide et d’investissement, et donc compliquer la stabilisation économique de plusieurs pays.

Ces répercussions ne sont pas théoriques. Elles influencent déjà les comportements, comme le suggère Al Bina’ du 24 janvier 2026 avec la question des vols annulés et des craintes d’escalade. Elles influencent aussi les calculs diplomatiques, car chaque capitale doit décider si elle s’aligne, si elle temporise ou si elle propose une médiation alternative. L’ensemble forme un paysage où la politique internationale n’est plus compartimentée. Les crises se répondent. Les outils de pression se multiplient. Et le rythme des annonces, qu’elles soient militaires, humanitaires ou commerciales, devient lui-même un facteur de tension.

Économie: budget 2026 sous pression, croissance faible et tensions sur les coûts du quotidien

L’économie libanaise apparaît prise entre deux urgences. D’un côté, il y a la nécessité de stabiliser les finances publiques et de faire avancer des réformes pour retrouver des appuis extérieurs. De l’autre, il y a une dégradation continue du quotidien, qui nourrit une contestation sociale et des conflits sectoriels. Ad Diyar du 24 janvier 2026 met en avant un diagnostic de croissance modeste et une difficulté structurelle à produire des indicateurs fiables. Dans le même temps, la presse insiste sur les batailles budgétaires, sur le coût des loyers payés par l’État, et sur des professions qui jugent leurs marges écrasées par l’inflation.

Cette addition de tensions a un effet immédiat. Elle rétrécit l’espace de décision de l’exécutif et du Parlement. Elle complique aussi la gestion des priorités. Les dépenses incompressibles augmentent. Les recettes restent fragiles. Et le pays doit, en parallèle, répondre à des besoins de reconstruction et de soutien aux régions touchées par les attaques au Sud. Dans ce contexte, les débats économiques sont moins techniques qu’avant. Ils se transforment en débats de survie. Les chiffres du budget deviennent un test politique. Les décisions sur l’énergie et les carburants deviennent un test social. Et les dépenses de fonctionnement de l’État deviennent un test de crédibilité.

Croissance faible et économie mesurée à l’aveugle

Le premier fait marquant est la difficulté à quantifier l’activité. Ad Diyar du 24 janvier 2026 rapporte une lecture attribuée à l’économiste Nassib Ghobril, présenté comme économiste en chef de la Bank of Beirut, qui souligne que les indicateurs nécessaires pour calculer la croissance ne sont pas disponibles de façon satisfaisante. Le même article avance que la croissance de 2025 n’aurait pas dépassé 3 %.

Cette incertitude statistique n’est pas un détail. Elle influe sur tout le reste. Sans mesure solide, l’État peine à calibrer la fiscalité et les dépenses. Les investisseurs hésitent aussi, car ils ne voient pas de trajectoire claire. Même les débats sur les salaires et les aides sociales perdent une base commune. Chaque camp avance ses propres chiffres. Chaque camp défend sa propre lecture de la réalité.

Cette économie mesurée à l’aveugle accentue un autre problème. Elle masque la répartition des gains et des pertes. Une croissance même modeste peut coexister avec un appauvrissement massif, si elle est concentrée sur quelques activités. Elle peut aussi coexister avec une hausse continue des coûts fixes, comme l’électricité, les carburants, ou les taxes locales. C’est précisément ce que décrivent plusieurs journaux dans leurs dossiers sur le budget, sur les loyers payés par l’État, et sur la survie de certains secteurs.

Budget 2026 et dépenses publiques sous tension

Le deuxième fait est le retour du budget au centre de la scène. Al Sharq du 24 janvier 2026 annonce la convocation de séances parlementaires pour discuter et adopter le budget 2026, sur plusieurs jours, ce qui montre un calendrier serré et une volonté d’aboutir. Al Bina’ du 24 janvier 2026 mentionne aussi l’objectif de clôturer l’examen du budget avant la fin janvier.

Cependant, la discussion ne se limite pas aux grands équilibres. Elle touche à la nature même des dépenses de l’État. Al Akhbar du 24 janvier 2026 affirme que le Liban dépense plus de 50 millions de dollars par an en loyers pour des bâtiments utilisés par des institutions officielles, en citant la députée Halima Kaakour. Le journal insiste sur le fait que cette dépense se poursuit malgré l’effondrement financier.

Al Akhbar du 24 janvier 2026 ajoute un élément qui alimente la controverse. Il évoque une étude menée par Gherbal sur les biens loués par l’État. Le journal rapporte que l’étude s’appuie sur 1315 contrats, anciens et récents, signés par 67 entités publiques, et qu’elle souligne un paradoxe décrit ainsi par le directeur exécutif de Gherbal, Assaad Zobian : l’État loue ses propres biens à bas prix, mais loue à prix élevé des biens appartenant à d’autres. Dans le même dossier, Al Akhbar du 24 janvier 2026 indique que le Diwan al-Muhasaba loue un bien dont une part appartient à l’ancien ministre de l’Information Walid Daouq et à ses frères, pour un montant annuel important en livres libanaises.

Le poids politique est immédiat. Ces révélations, même si elles demandent des clarifications administratives, alimentent une idée simple. L’État n’a pas seulement un problème de manque d’argent. Il a aussi un problème de structure de dépenses. Il paie des loyers élevés. Il gère mal son patrimoine. Et il le fait dans un pays où les ménages réduisent leurs dépenses essentielles. Cette contradiction peut faire dérailler le débat budgétaire. Elle peut aussi renforcer la défiance envers toute hausse fiscale.

Salaires, retraites et risque social autour du budget

Le troisième fait est la montée de la contestation sociale, en lien direct avec le budget 2026. Al Bina’ du 24 janvier 2026 rapporte qu’une association de vétérans et de militaires retraités a dénoncé le non-respect d’engagements du gouvernement, et qu’elle annonce une mobilisation à partir du 26 janvier autour du Parlement. La même source souligne que ces acteurs refusent que la correction budgétaire se fasse à leurs dépens.

Ad Diyar du 24 janvier 2026 publie aussi un texte sur ce mouvement. Le journal rapporte une série de revendications, dont la poursuite d’aides scolaires, une amélioration des salaires avec le début de 2026, et des ajustements d’allocations en fonction du coût de la vie. Ad Diyar du 24 janvier 2026 indique également que, selon ce communiqué, les chiffres du budget ne reflètent pas ces demandes, à l’exception de montants prévus pour une indemnité carburant liée à certaines catégories.

Al Bina’ du 24 janvier 2026 reprend le même point. Il affirme qu’il n’apparaît pas que le budget inclut les revendications, sauf des crédits destinés à une indemnité carburant. Ce détail est essentiel, car il montre une rupture de confiance. Pour ces catégories, l’indemnité carburant ne suffit pas. Elle est perçue comme un correctif partiel, alors que l’érosion du pouvoir d’achat est jugée générale.

La tension est donc double. Elle est budgétaire, car toute hausse de salaires ou d’allocations pèse sur des finances déjà fragiles. Elle est aussi politique, car un affrontement avec des militaires retraités a un coût symbolique. Il touche à l’image de l’État. Il touche aussi à la stabilité, au moment où la sécurité est déjà sous pression.

Carburants, marges et inflation: le secteur des stations-service au bord de la rupture

Le quatrième fait concerne les carburants, mais sous un angle différent. Il ne s’agit pas d’un simple niveau de prix. Il s’agit d’un conflit sur la rémunération des stations-service. Al Sharq du 24 janvier 2026 rapporte un mouvement des propriétaires de stations-service, qui menacent une escalade si la rémunération n’est pas ajustée. Le journal cite le président du syndicat, Georges Brax, qui décrit un secteur au bord de la rupture, et qui insiste sur le fait que la rémunération par litre n’a pas suivi la flambée des coûts.

Al Sharq du 24 janvier 2026 détaille la logique de cette plainte. Le journal affirme que l’inflation a multiplié les dépenses d’exploitation. Il mentionne une hausse de charges et de frais, dont des taxes municipales, des cotisations sociales, et des factures d’électricité et d’eau, ainsi qu’une hausse des coûts de maintenance, des pièces et des équipements. Dans le même passage, Al Sharq du 24 janvier 2026 indique que la rémunération sur l’essence et le diesel est restée celle d’avant 2019, avec des montants exprimés en dollars et leur équivalent en livres libanaises.

Le conflit a une dimension économique et une dimension sociale. Sur le plan économique, les stations demandent une révision d’un paramètre clé de leur modèle. Sur le plan social, elles expliquent être responsables de salariés et de familles, et ne plus pouvoir absorber l’inflation. Al Sharq du 24 janvier 2026 relie cette tension à un calendrier, en évoquant une échéance au début février pour obtenir des décisions.

Ce dossier révèle un mécanisme plus large. Quand la rémunération d’un secteur est figée, l’inflation transforme chaque mois en perte. Et dans une économie déjà fragilisée, ces pertes se convertissent en menaces de grève, de fermeture, ou de désorganisation. Or, une désorganisation du réseau des carburants a un effet en chaîne. Elle touche le transport, la logistique, et donc les prix des biens essentiels.

Électricité, gaz et diplomatie économique: la piste qatarie et le transit via la Syrie

Le cinquième fait est l’électricité, et l’idée d’une aide extérieure liée à l’énergie. Al Bina’ du 24 janvier 2026 rapporte qu’un responsable qatari discute d’un paquet de projets et d’aides dans des secteurs économiques, éducatifs et sanitaires, avec une perspective de coopération et d’investissements dans l’énergie et l’électricité. Le même passage indique que le Liban a demandé un appui spécifique sur l’électricité, et l’idée d’un acheminement de gaz qatari via la Syrie pour augmenter l’alimentation électrique, en plus d’autres projets liés à l’énergie.

Cette piste éclaire une réalité persistante. L’électricité reste un nœud central du coût de la vie et de la compétitivité. Une amélioration de l’alimentation peut réduire la dépendance aux solutions privées. Elle peut aussi réduire certaines dépenses des ménages et des entreprises. Toutefois, la piste évoquée par Al Bina’ du 24 janvier 2026 pose aussi des questions techniques et politiques. Le transit via la Syrie suppose des arrangements opérationnels. Il suppose aussi une gouvernance claire, car tout projet énergétique se heurte à des enjeux de contrats, de tarifs, et de transparence.

Dans le même univers de l’énergie, Al Bina’ du 24 janvier 2026 publie aussi une annonce syndicale concernant des élections dans une structure de travailleurs d’entreprises spécialisées dans la production électrique, liée au site de Zahrani. Même ce type d’information, très pratique, rappelle que le secteur électrique est traversé par des enjeux sociaux internes, au-delà des grands plans internationaux.

Chocs externes: énergie mondiale, commerce et climat d’incertitude

Enfin, l’économie libanaise est exposée à des chocs externes, même quand ils ne la visent pas directement. Al Quds du 24 janvier 2026 rapporte un durcissement commercial annoncé par Donald Trump, avec des droits de douane envisagés sur des pays européens à partir du 1er février, puis une hausse annoncée après le 1er juin 2026. Ce type de tension peut affecter les prix, la croissance européenne, et la confiance des marchés. Or, ces éléments comptent pour le Liban, via les transferts, les investissements et l’accès aux financements.

Al Quds du 24 janvier 2026 publie aussi des éléments sur le marché pétrolier mondial, en évoquant notamment des achats de pétrole par l’Inde auprès d’autres fournisseurs, et des arbitrages sur les flux. Même si ces informations concernent des acteurs éloignés, elles rappellent un point simple. Dans une période de tensions géopolitiques, la volatilité énergétique augmente. Et cette volatilité se transmet rapidement à un pays importateur, où l’énergie pèse déjà lourd dans les budgets des ménages.

Al Sharq Al Awsat du 24 janvier 2026, dans sa page économique, décrit aussi un monde où les investisseurs cherchent davantage d’analyses géopolitiques pour évaluer les risques. Le journal souligne, dans un autre dossier, l’extension par la Chine d’outils d’investissement pour les étrangers, et des conditions imposées à des entreprises technologiques sur les achats de puces, ce qui illustre une économie mondiale de plus en plus structurée par la rivalité.

Pour le Liban, ce climat est défavorable. Il signifie que l’argent devient plus prudent, plus cher, et plus conditionnel. Il signifie aussi que les priorités des grandes puissances peuvent changer vite, au détriment des pays fragiles. Dans ce cadre, la discussion sur le budget 2026, sur la dépense publique et sur l’énergie n’est pas isolée. Elle se déroule sous le regard de partenaires qui évaluent la capacité de l’État à réduire ses gaspillages, à gérer ses contrats, et à contenir les conflits sociaux.

Ce qui ressort de la presse du 24 janvier 2026 est donc une économie en tension permanente. Ad Diyar du 24 janvier 2026 insiste sur une croissance faible et sur une difficulté à produire des indicateurs robustes. Al Akhbar du 24 janvier 2026 met en avant des dépenses de loyers jugées excessives et un problème de gestion du patrimoine public. Al Sharq du 24 janvier 2026 décrit un secteur des carburants qui menace l’escalade face à une rémunération figée et à des charges en hausse. Al Bina’ du 24 janvier 2026 évoque, en parallèle, la piste d’un soutien qatari lié à l’énergie et la montée de revendications sociales autour du budget.

Société: tensions sociales, droits des usagers et fragilité du lien entre citoyens et institutions

La société libanaise apparaît traversée par une même contradiction. Les autorités affichent la volonté de rétablir l’État et de relancer les services. Pourtant, le quotidien reste dominé par la hausse des coûts et par un sentiment d’injustice. Les journaux du 24 janvier 2026 décrivent une scène où les revendications sociales deviennent plus organisées. Elles passent par des syndicats, par des associations et par des mouvements de protestation. Elles se doublent d’un débat sur la protection du consommateur. Elles se doublent aussi d’une inquiétude sur l’école, considérée comme un dernier rempart contre la rupture sociale. 

Ces dynamiques sont liées. Quand le budget public est contesté, la rue se mobilise. Quand les prix se dérèglent, les usagers demandent des règles claires. Enfin, quand l’avenir paraît incertain, l’éducation prend une dimension politique. L’ensemble dessine une société sous pression, où les conflits sur les salaires et les services deviennent des conflits sur la dignité.

Mobilisations sociales: la fonction publique au bord de la paralysie

Un indicateur fort est la reprise d’un cycle de mouvements sociaux dans l’administration. Al Liwa’ du 24 janvier 2026 rapporte une décision de la structure de suivi d’un regroupement de fonctionnaires de l’administration publique. Le journal indique qu’ils rejettent une trajectoire budgétaire jugée injuste pour les salariés et qu’ils annoncent une journée de grève totale le 27 janvier 2026. Le même texte mentionne une action de protestation prévue le 28 janvier 2026 devant le bâtiment de la télévision publique. 

Cette séquence n’est pas un simple épisode corporatiste. Elle révèle une rupture de confiance. Les fonctionnaires disent craindre une répétition des budgets précédents, avec des recettes surestimées et des ajustements qui, selon eux, évitent d’accorder des hausses jugées équitables. Derrière cette lecture, il y a une angoisse très concrète. Les revenus fixes ne suivent pas la hausse du coût de la vie. Par conséquent, la fonction publique, déjà fragilisée, perd des compétences et voit ses services ralentir.

Le risque est immédiat pour les citoyens. Une grève de l’administration signifie des retards sur les démarches et sur les paiements. Elle signifie aussi une pression sur les guichets, puis des tensions au moment des reprises. Dans une société où l’accès à un service peut dépendre d’un rendez-vous, d’un tampon ou d’une simple présence d’employés, la paralysie administrative pèse sur toute la chaîne sociale.

Ce mouvement s’inscrit aussi dans une temporalité politique. Il intervient au moment où le Parlement doit discuter le budget 2026. Ainsi, la mobilisation devient un levier de négociation. Elle vise à peser avant le vote. Elle vise aussi à rappeler que les chiffres du budget ne sont pas abstraits. Ils se traduisent en écoles qui fonctionnent, en hôpitaux qui tiennent, et en administrations qui répondent.

Anciens combattants et retraités: la dignité comme mot d’ordre

Dans la même logique, une contestation portée par des anciens combattants et des retraités de l’institution militaire apparaît comme un autre signal social. Al Bina’ du 24 janvier 2026 rapporte un appel à un mouvement autour du Parlement à partir du 26 janvier 2026, avec l’idée de poursuivre l’action jusqu’à satisfaction des revendications. Le texte insiste sur la notion de « vie digne » pour les militaires et leurs retraités. 

Ce type de mobilisation a une portée symbolique forte. D’abord, il touche des catégories qui associent leur identité au service de l’État. Ensuite, il met la classe politique face à une accusation de promesses non tenues. Enfin, il risque de produire un effet d’entraînement. Quand des retraités et des familles se mobilisent, d’autres secteurs se sentent légitimés à faire de même. La contestation devient alors transversale.

L’enjeu est aussi narratif. Les militants ne parlent pas seulement d’argent. Ils parlent de responsabilité. Ils disent que la crise financière relève des choix de ceux qui ont gouverné et qu’ils refusent d’en payer le prix. Cette façon de présenter le conflit transforme une revendication en procès politique. Elle oppose ceux qui « ont décidé » et ceux qui « subissent ». Dans une société où la défiance envers les institutions est déjà élevée, cette ligne de fracture peut s’approfondir.

Usagers et transparence: la bataille des prix et des paiements

La question des droits des usagers ressort aussi à travers des mesures de régulation. Ad Diyar du 24 janvier 2026 publie un texte de nature administrative sur des règles imposées à des établissements touristiques. Le document prévoit, dans l’esprit présenté, un droit de choix du consommateur pour régler en monnaie nationale ou en dollars américains selon un taux officiel au moment du paiement. Il impose aussi aux établissements une obligation d’affichage quotidien et public du taux appliqué afin d’assurer la transparence et de protéger les usagers. 

Cette mesure éclaire une réalité quotidienne. Les consommateurs se plaignent des écarts de taux et des pratiques de facturation. La transparence devient donc un enjeu social. Elle ne concerne pas seulement le tourisme. Elle concerne la confiance dans l’échange. Or, quand la confiance disparaît, les relations commerciales se tendent. Les citoyens ont alors le sentiment d’être piégés, surtout dans les secteurs où l’information est asymétrique.

Le même texte annonce un renforcement des contrôles par les services de surveillance du ministère et la possibilité de poursuites contre les établissements qui ne respectent pas les directives. Là encore, l’effet social est important. Les citoyens demandent de la règle. Ils demandent aussi l’application de la règle. Sans application, la réglementation devient une annonce de plus. Elle alimente la défiance.

Cette bataille de la transparence recoupe un autre débat décrit dans la presse. Les dépenses publiques, notamment celles liées à la location de bâtiments, sont présentées comme un angle de critique de la gestion de l’État. Al Akhbar du 24 janvier 2026 affirme que le Liban dépense plus de 50 millions de dollars pour la location de bâtiments destinés à des institutions publiques, en citant une députée. Le journal lie cette dépense à une question de gouvernance et à des soupçons de conflit d’intérêts. 

Ce dossier n’est pas seulement financier. Il est social. Il touche à une idée simple. L’État demande des sacrifices, mais il est accusé de gaspiller. Dans ce contexte, les citoyens acceptent moins les hausses de taxes. Ils acceptent moins les restrictions. Ils se sentent d’autant plus autorisés à descendre dans la rue.

Al Akhbar du 24 janvier 2026 ajoute un volet qui touche aux structures sociales traditionnelles. Le journal indique que des entités religieuses louent des biens à des administrations et institutions publiques, dans un ensemble de montants d’ensemble détaillés par le journal. Cet élément nourrit un débat sensible. D’un côté, ces structures jouent un rôle social et caritatif. De l’autre, leur présence dans les circuits de location de l’État peut alimenter un soupçon de système. Cela renforce le besoin de règles et de transparence.

Éducation: rempart contre la violence sociale et investissement politique

Dans ce paysage tendu, l’éducation est présentée comme un enjeu de cohésion. Al Bina’ du 24 janvier 2026 publie un texte qui insiste sur l’éducation comme outil de paix, de force sociale et de protection contre l’ignorance, l’extrémisme et la violence. Le texte souligne une idée très directe. Le développement ne s’importe pas. Il se construit dans les esprits et dans la formation. 

Ce discours prend une résonance particulière dans le contexte libanais. Quand les institutions vacillent, l’école devient un espace de stabilité. Elle devient aussi un espace de reproduction des inégalités, si elle s’effondre. Ainsi, parler d’éducation revient à parler d’avenir social. C’est un débat sur la mobilité sociale, sur l’accès à l’emploi et sur la capacité d’un pays à éviter la fuite des compétences.

Le texte publié par Al Bina’ du 24 janvier 2026 insiste aussi sur le rôle du professeur et sur la responsabilité de l’État envers l’école. Cette insistance peut être lue comme un message aux décideurs, mais aussi aux familles. Elle dit que l’investissement dans l’éducation est prioritaire, même en temps de crise. Or, dans la réalité, l’investissement suppose des budgets, des salaires et des infrastructures. La question éducative rejoint donc la question du budget 2026 et des tensions sur les rémunérations.

La société libanaise est ainsi prise dans un cercle. Sans salaires décents, les enseignants partent ou se découragent. Sans enseignants, la qualité baisse. Sans qualité, les familles qui le peuvent quittent le système local. Cela aggrave les écarts. Le discours sur l’éducation, pour être crédible, doit alors se traduire en mesures concrètes, ce que la presse présente comme un défi majeur.

Patrimoine urbain et mémoire collective: Tripoli comme miroir social

La société ne se réduit pas aux salaires et aux prix. Elle se lit aussi dans la question de la mémoire et de l’identité des villes. Al Akhbar du 24 janvier 2026 publie un reportage sur Tripoli autour du sort de la salle Cinema Colorado, décrite comme un fragment de la mémoire urbaine placé au bord de la vente et de la transformation. Le journal écrit que le danger ne concerne pas seulement un bâtiment, mais l’idée même de la ville et la protection de sa mémoire. 

Ce type de sujet est social à plusieurs titres. D’abord, il parle du rapport entre habitants et espace urbain. Ensuite, il parle du sentiment de déclassement. Quand une ville perd ses lieux symboliques, elle perd une partie de sa cohésion. Enfin, il parle de l’abandon, car la dégradation du patrimoine est souvent vécue comme une preuve que l’État ne protège plus rien.

Dans une période de crise, le patrimoine devient un indicateur de la santé sociale. La conservation suppose des moyens, mais aussi des priorités politiques. Or, lorsque les priorités sont absorbées par l’urgence sécuritaire et par les finances, la culture urbaine passe après. Al Akhbar du 24 janvier 2026 présente précisément ce dilemme. L’avenir est décrit comme sans racines si la mémoire est laissée sans protection. 

Le débat a aussi une dimension économique. Les ventes et projets immobiliers sont souvent justifiés par le besoin de liquidités. Pourtant, le coût social d’une disparition patrimoniale est réel. Il se traduit par une perte de repères, par une banalisation des espaces et par une baisse de l’attractivité à long terme. Ainsi, même un sujet culturel devient une question de société.

Une société fragmentée, mais encore organisée

Ce qui ressort des sources est une société qui souffre, mais qui s’organise. Les fonctionnaires annoncent une grève et des actions ciblées. Les anciens combattants et retraités appellent à une mobilisation durable autour du Parlement. Les autorités tentent de répondre par des mesures de transparence dans certains secteurs, comme les établissements touristiques, avec un renforcement des contrôles. Enfin, la presse place l’éducation et la protection du patrimoine au rang de sujets qui dépassent la culture, car ils touchent au lien social et à l’identité.

L’enjeu central est celui de la crédibilité. Une société accepte des sacrifices si elle croit à une répartition équitable et à une amélioration. Or, les dossiers sur la dépense publique et sur les locations de bâtiments nourrissent une idée inverse, celle d’un système qui protège des intérêts et laisse les citoyens gérer l’inflation seuls. Dans ce contexte, la contestation sociale n’est pas un bruit de fond. Elle devient une dimension structurante de la politique intérieure.

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