Le budget 2022 a été entériné hier finalement avec 63 députés qui ont voté pour, 37 contre et 6 abstentions sur 106 parlementaires présents.

Ce budget 2022 – voté en fin d’année au lieu d’être déjà entré en vigueur début de l’année – est fortement critiqué notamment en raison d’une multiplication par 3 des salaires des fonctionnaires, des retraités de la fonction publique mais aussi des militaires sans que les revenus de l’état puissent suivre et cela sur base d’un scénario de croissance très optimiste en dépit d’études qui prévoient un recul du PIB de 2% en 2022.

Les salaires sont nivelés par le bas et les risques d’inflation sont importants

Le vote a été marqué par de vives discussions sur plusieurs points notamment la valeur de la parité de la livre libanaise qui serait prise en compte. Cette parité sera finalement celle du ministère des finances, basée sur un taux de change de 15 000 LL/USD.

Cette parité a pour objectif de financer la hausse des salaires par 3. Ils devraient cependant ne pas dépasser les 12 millions de livres libanaises par fonctionnaire. Des sommes complémentaires pourraient cependant être accordés à ces derniers via des aides et différents mécanismes sociaux non permanents.

Aussi les débats de la journée de ce lundi a été marquée par les remarques – plutôt vexantes – du président de la chambre des députés à l’encontre du premier ministre en exercice, Najib Mikati.
“Vous dites quelque chose de mal qui devrait être omis du procès-verbal de la réunion. Ni moi ni le parlement ne nous soumettrons au Fonds monétaire international ni à d’autres. Le Parlement est le maître de lui-même et il y a de la souveraineté dans notre parlement” estime Nabih Berri qui a fait rayé du procès verbal de la session le fait que “le FMI s’est engagé à couvrir le déficit après la conclusion d’un accord, sinon nous nous dirigerions vers l’inflation”.

Parmi les différents points adoptés, une suggestion du bloc de la République forte dirigé par les Forces libanaises d’exempter les salaires de retraite de l’impôt sur le revenu ou encore le financement par les compagnies aériennes du budget de l’Université Libanaise à hauteur de 52 millions de dollars via l’imposition d’une nouvelle taxe de 50 USD sur les billets d’avions.

Ce budget a été aussi vivement critiqué par le FMI avec qui le Liban négocie actuellement une aide face à la crise actuelle. L’organisme estime ainsi que ce budget est “théorique” et non équilibré et ne peut aboutir qu’à une hausse importante des prix, en d’autre terme à une forte inflation faute de revenus suffisants. Un recours à la planche à billet n’est pas d’ailleurs pas à exclure alors que le FMI note aussi que les projets de réformes ont été retardés et dénaturés par ailleurs.

La journée a été surtout marquée par les heurts qui ont eu lieu à l’extérieur du périmètre de sécurité du parlement, entre anciens militaires à la retraite et notamment de nombreux gradés et police du parlement.

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