Le Liban aurait été informé par Interpol d’un dépôt d’un mandat d’arrêt international contre Carlos Ghosn qui a fui le Japon, le 30 décembre 2019, dans un scénario digne d’un film. Cependant, il n’y a que peu de chance pour que les autorités libanaises puissent remettre l’homme d’affaires aux autorités nippones qui l’accusent de détournements de fonds, Beyrouth n’autorisant pas l’extradition de ses ressortissants.

Cette annonce intervient alors que la France a également indiqué qu’elle n’extradera pas Carlos Ghosn – également détenteur de la nationalité française – au cas où ce dernier déciderait de se rendre à Paris, rappelant que Paris n’autorise également pas l’extradition de ses propres ressortissants. Les autorités françaises rappellent cependant que personne ne reste au-dessus de la loi. Une enquête a d’ailleurs été ouverte à son encontre, sans que pour l’heure, il soit mis en examen.

Par ailleurs, la Présidence de la République Libanaise a réfuté les rumeurs faisant état d’un accueil par le Président Michel Aoun lui-même, de Carlos Ghosn lors de son arrivée à Beyrouth. Aucune rencontre entre les 2 hommes n’a eu lieu, indiquent des sources proches de la Présidence. Les autorités libanaises, par l’intermédiaire de la Sûreté Générale, ont cependant confirmé son arrivée légale au Liban via un vol privé en provenance d’Istanbul à l’aéroport international de Beyrouth. Il serait ainsi rentré avec un passeport français et une carte d’identité libanaise ce lundi. Face à de possibles interrogations sur l’origine de ce passeport, les médias japonais ont révélé que Carlos Ghosn disposait d’un deuxième passeport enfermé dans un coffre dont la clé était en possession de ses avocats.

De son côté, Carlos Ghosn, via son avocat Carlos Abou Jaoudé, a indiqué qu’il s’exprimera au sujet des affaires judiciaires à son encontre la semaine prochaine.

Toujours des interrogations sur les manières utilisées pour s’échapper

Pour l’heure, on s’interroge toujours sur la manière donc Carlos Ghosn a réussi à échapper à la surveillance des autorités nippones alors que son procès était normalement prévu pour avril prochain. Il avait effectué près de 130 jours de prison depuis novembre 2018 dans les geôles japonaises avant de bénéficier d’une libération à condition de résider d’un lieu sous surveillance.

Certaines sources indiquent que l’homme d’affaires aurait pu se cacher à l’intérieur d’une malle d’un instrument de musique.

Par ailleurs, les autorités turques ont procédé à l’arrestation de 7 personnes, dont 4 pilotes d’avion dans leur enquête concernant la fuite de Carlos Ghosn qui devraient bientôt témoigner. Ce dernier avait en effet transité via Istanbul.

Ankara souhaite également savoir la manière dont Carlos Ghosn aurait transité en Turquie sans que les autorités turques puissent en être informées. En effet, les registres aéroportuaires locaux ne montrent ni l’entrée, ni la sortie de l’homme d’affaires.

Pour rappel, Président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn est accusé d’avoir détourné d’importantes sommes de Nissan, chose qu’il dément de son côté.

Son arrivée au Liban divise cependant les libanais, certains y voyant une des figures de la corruption qui ravage le Pays des Cèdres confronté à une importante crise économique, d’autres saluant son arrivée et dénonçant une chasse aux sorcières dont il aurait fait les frais au Japon selon eux.

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