Le médiateur américain David Schenker avec le Président de la République, le général Michel Aoun, vendredi 16 octobre 2020. Crédit Photo: Dalati & Nohra

Le Président de la République, le Général Michel Aoun, a reçu ce vendredi le sous-secrétaire d’état américain en charge du Proche Orient David Schenker. Il a évoqué avec lui les négociations israélo-libanaises en vue de délimiter les zones économiques exclusives entre les 2 pays.

Selon un communiqué publié à l’issue de la réunion, le Liban compte sur l’appui américain dans le cadre de ces négociations qui ont débuté le 14 octobre dernier. Un prochain round devrait avoir lieu le 28 octobre prochain.

Le chef de l’état a remercié les Etats-Unis pour leur aide suite à l’explosion du port de Beyrouth et évoqué les conséquences négatives de la présence d’une importante communauté de réfugiés syriens sur le sol libanais et ayant des répercussions sur le secteur public.

David Schenker a, pour sa part, appelé à la mise en place d’un gouvernement de réforme afin de mettre fin à la détérioration continue des conditions économiques et financières. Il a souligné l’importance de mener à son terme, l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban avant de remarquer le rôle joué par le Président de la République dans la lutte contre la corruption et le changement d’approche par rapport aux pratiques précédentes.

Eclairage

Image Revendication Israël Liban Carte

Pour rappel, à l’origine de ce problème, les négociations entre le Liban et Chypre en 2011. Le point de départ de la zone a été fixée arbitrairement par les 2 pays au point 1 des frontières.
Par conséquent, l’Etat Hébreu a décidé de poursuivre la délimitation de ses frontières maritimes au point 25 selon ses mesures qui correspond au point 1 pour le Liban.
Cependant le Liban estimait dès le départ que le point de départ de sa zone d’exclusivité économique se situait au point 0, selon Beyrouth ou 23, selon l’état hébreu et situé à 17 km au sud du point 1 , fixé lors des négociations entre Tel Aviv et Nicosie.
Ainsi est délimité un triangle allant du point B1 situé à Ras al Naqoura au point 0 puis au point 1.
Cette zone est revendiquée par les 2 états, le Liban et Israël. Elle couvre ainsi plus de 800 kilomètres carrés. Une partie des blocs 8, 9 et 10 se trouvent ainsi au centre de la polémique.
La situation s’est aggravée par la découverte d’un potentiel important de gisements gaziers et pétrolier dans cette zone.
Le Liban indique disposer de cartes prouvant que la zone lui appartiendrait.

Par ailleurs, la ligne Hoff du nom du médiateur américain qui s’était déjà saisi du dossier en 2011 et que Beyrouth avait déjà rejeté, accorde 560 kilomètres carrés au Liban et le solde à Tel Aviv.

En 2019, alors que des négociations semblaient pouvoir être relancées entre le Liban et Israël, elles se sont brusquement interrompues pour des raisons jusqu’à présent inconnues. La tension entre les 2 pays est également montée d’un cran avec la découverte de tunnels traversant la ligne bleue, ligne de démarcation entre les 2 pays.

Le 14 octobre, des négociations entre le Liban et Israël s’ouvrent au QG de la FINUL à Naqoura et en présence du médiateur américain, le sous-secrétaire d’état des Etats-Unis, David Schenker, et sous les auspices du coordinateur spécial de l’ONU au Liban Jan Kubis.

Tel Aviv, faisant part de l’existence de 2 îlots dans son territoire – des îlots inhabités – situés non loin des côtes israéliennes aurait également aurait également étendu ses revendications sur les blocs libanais.

Au cours du 3ème round de négociation qui s’est déroulé le 28 octobre, le Liban aurait ainsi durci sa position et informe la délégation israélienne au sujet de ses nouvelles revendications, élargissant la zone maritime exclusive à 1 430 kilomètres carrés supplémentaires au détriment d’Israël, en prolongeant d’une ligne droit la frontière terrestre. Cette zone comprendrait plusieurs champs gaziers déjà découverts et attribués par Israël à une compagnie d’exploitation grecque. Ces demandes libanaises devraient ainsi geler l’exploitation de ces champs jusqu’à conclusion d’un accord.
Il s’agit pour le Liban de n’effectuer aucune concession sur ses zones maritimes alors qu’Israël en revendiquait préalablement une partie, notent certaines sources, qui s’attendent à ce qu’un accord puisse être conclu avant la fin de l’année, accordant toute la zone originale au Liban.

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