Les négociations menées avec le Fonds Monétaire International en vue de débloquer une aide économique face à la crise que traverse le Liban seraient dans l’impasse en dépit des déclarations voulues rassurantes des autorités libanaises.

Le Fonds monétaire international avait informé le gouvernement libanais qu’il reporterait la poursuite des négociations sur le plan de réforme après les élections législatives, alors que sera mis en place un gouvernement capable de prendre et d’appliquer les décisions nécessaires.

Cependant, les observateurs notent que la mise en place d’un nouveau cabinet s’accompagne généralement de délais incompatibles avec l’urgence actuelle de la situation, alors que le système financier montre des signes de faiblesses de plus en plus évidents comme la décision de la Banque du Liban à n’accorder que 60% des sommes nécessaires en cash aux fonctionnaires désirant retirer leurs salaires.

Depuis, la situation financière se serait encore dégradée avec des pertes estimées du secteur bancaire qui seraient passées de 63 milliards de dollars en novembre 2021 à 75 milliards de dollars en février 2022 en prenant en compte les méthodes de calcul du gouvernement Mikati III. Pour rappel, ces pertes étaient estimées à 82 milliards de dollars par le gouvernement Hassan Diab sur base d’un taux de change de 3 640 LL/USD en mars 2020 et certaines agences de notation estimaient les pertes financières à plus de 100 milliards de dollars en novembre 2021.

Côté négociateurs libanais, même si le premier ministre dément tout projet en ce sens, le vice-premier ministre Saadeh Chami aurait révélé à certains de ces proches que les autorités libanaises chercheraient à reporter 75% de ces pertes aux déposants libanais contre 55% officiellement et 19% pour les banques et leurs actionnaires. Cette approche a cependant été refusée par le FMI.

Pour rappel, l’équipe de négociateurs libanais comprend avant tout des représentants des banques, alors que le premier ministre lui-même est l’un des principaux actionnaires d’une des principales banques du pays.

Des sources proches de négociateurs notent qu’aucun progrès tangible n’aurait été obtenu de la part de l’équipe libanaise notamment en ce qui concerne la restructuration du système financier ou encore la répartition des pertes du secteur bancaire. Seuls quelques timides progrès ont été réalisés sur le plan des réformes à prévoir du secteur de l’électricité publiques. Cependant, si ces réformes ont été formulées, elles restent pour l’heure non appliquées au niveau de la révision des tarifs de l’électricité publique par exemple.

Aussi, le plan de relance ne répond pas aux exigences du FMI qui souhaite une réunification des multiples taux de change via un flottement de la livre libanaise ou encore une réduction du nombre des fonctionnaires jugés trop importants et avec un certain nombre d’entre eux présents par clientélisme à des partis politiques et non par compétence.

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