Un pays plus pauvre qu’en 2019 : pourquoi le “rebond” libanais reste une illusion
En 2025, le Liban affiche une inflation en recul, un léger mieux dans le commerce de détail et des eurobonds un peu moins déprimés. Mais l’économie reste, en valeur réelle, plus petite qu’en 2019, avec un système bancaire paralysé, des entreprises fermées et une société épuisée. Le “rebond” reste largement une illusion statistique.
Inflation en recul, crise intacte : comment les Libanais vivent un « rebond »...
L’inflation recule, les eurobonds remontent timidement et quelques hôtels affichent complet, mais pour la plupart des Libanais, la crise reste la même : salaires publics dévalorisés, comptes bancaires bloqués, commerces fermés et économie informelle dominante. Le “rebond” vanté par les indicateurs ressemble davantage à une accalmie statistique qu’à une véritable reprise.
La Banque du Liban durcit les règles sur les transferts d’argent face aux pressions...
La Banque du Liban durcit encore les règles sur les transferts au-delà de 1 000 dollars, imposant formulaires KYC et justificatifs détaillés. Pour de nombreux ménages, « recevoir 1 500 dollars de la diaspora devient un parcours administratif labyrinthique », tandis que des économistes dénoncent un « siège financier » qui pousse vers les réseaux informels.
La Ligue des fonctionnaires appelle à la grève générale à partir du 20 novembre
La Ligue des fonctionnaires appelle à une grève générale à partir du 20 novembre, dénonçant des salaires devenus « impossibles à vivre ». Devant le bâtiment de la TVA à Beyrouth, des employés affirment : « Nous ne pouvons plus vivre avec ces salaires », alors que le gouvernement Salam défend la priorité donnée à l’excédent budgétaire.
Les ministres à Beirut 1: petites phrases, grandes promesses et peu d’actes
À Beirut 1, ministres et hauts responsables multiplient les annonces: hôpitaux « réhabilités », agriculture « pilier stratégique », finances publiques « sous discipline », centrale électrique « en préparation ». Mais derrière les petites phrases, les investisseurs s’interrogent: quelles réformes ont réellement été appliquées, et lesquelles restent au stade du discours calibré ?
Et surtout, l'état est-il capable de réaliser ces promesses faute d'un système financier fiable?
Cash et conformité KYC: PME ralenties, banques sous contrainte
Les PME libanaises subissent un ralentissement marqué lié aux procédures KYC et aux exigences documentaires des banques. Entre cash omniprésent, virements retardés, contrôles renforcés et « fatigue de procédure », l’activité avance sous contrainte. La gestion de trésorerie, la relation fournisseur et la fiabilité des paiements se jouent désormais à la pièce justificative près.
Dollarisation de fait: l’État à la peine face à une base fiscale érodée
La dollarisation de fait érode la base fiscale libanaise. Prix affichés en dollars, encaissements en billets et conversions variables compliquent TVA, droits de douane et impôts directs. L’État encaisse en livres tout en payant en devise, tandis que ménages et entreprises jonglent avec des taux internes qui fragilisent la collecte et la planification budgétaire.
Budgets domestiques sous pression: panier en dollars et conversions en caisse
Au Liban, les budgets domestiques se jouent désormais entre prix en dollars et conversion en livres à la caisse. Shrinkflation, double facture d’énergie, loyers et scolarités en devise, santé et télécoms indexés pèsent sur les ménages. Les familles réorganisent courses, logement, travail et entraide pour protéger une trésorerie sous tension permanente.
L’étrange alliance de circonstance entre Banques et Hezbollah pour refuser les réformes financières
Face aux réformes exigées par le Fonds monétaire international, les actionnaires des banques libanaises et le Hezbollah forment une opposition commune. Cette convergence marque un tournant inédit dans la crise financière du Liban, où la sauvegarde des intérêts privés et les réseaux parallèles se dressent contre la réforme de l’État.
Qui fait flamber le caddie ? Enquête sur les prix alimentaires et les grandes...
Les prix alimentaires flambent et transforment chaque passage en caisse en épreuve. Inflation record, fin progressive des subventions, énergie hors de prix, marges opaques des grandes surfaces et contrôle public limité: l’enquête montre comment supermarchés, fiscalité, générateurs privés et salaires dévorés par l’inflation étriquent le pouvoir d’achat des ménages.
Qui fait flamber le caddie ? Enquête sur les prix alimentaires et les grandes...
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Baisse de 20,99 % des permis de construire cumulés au Liban jusqu’en octobre 2025
Quand l'immobilier va bien, tout va bien et là ...
Entre janvier et octobre 2025, les permis de construire au Liban ont chuté de 20,99 %, à 7 520 autorisations, tandis que la surface totale autorisée bondit de 24,11 %. Ce paradoxe révèle un secteur sinistré, concentré sur quelques grands projets, frappé par l’insécurité, l’inflation des matériaux et la contraction des investissements.
Les banques libanaises n’échapperont pas aux conditions du FMI
Le FMI lie la relance financière du Liban à une conformité totale des banques aux normes AML/CFT. Entre restructuration, transparence comptable et rigueur procédurale, les établissements doivent prouver l’exécution réelle des contrôles, la traçabilité des flux et la solidité de leurs bilans. Sans preuve documentée, l’accès aux bailleurs restera bloqué.
Banque du Liban: une circulaire qui dévoile l’état réel du secteur bancaire
Publié le 27 octobre 2025, le texte de la BDL exclut désormais les Eurobonds du calcul de la liquidité bancaire. Cette mesure met à nu la faiblesse des bilans, priorise l’application de la circulaire 158 et impose une hiérarchie stricte de l’usage des rares dollars disponibles dans le pays actuel.



















