Photo tirée du groupe Facebook "Si Beyrouth Parlait"

Auteur de l’ouvrage Si Beyrouth parlait, Lina Murr Nehmé a organisé une marche ce samedi 21 avril afin de clamer haut et fort l’arrêt des projets destructeurs du passé et de l’identité de Beyrouth. Un cri d’alarme a été lancé pour la protection des vestiges beyrouthins, notamment en vue de la réhabilitation du Jardin du Pardon dévoré actuellement par les herbes hautes. Ce cri fait écho aux multiples alertes diffusées au préalable sur Libnanews, pour la protection de l’installation portuaire phénicienne sur le bien-fonds 1398 à Minet el-Hosn ainsi qu’à la marche organisée par l’APPL le 24 mars dernier.

« Cessez de détruire Beyrouth », « Qu’a fait Solidere du Tell Phénicien ? », « Où est le patrimoine de Rome ? Au centre de Rome. Où est le patrimoine de Beyrouth ? Solidere l’a jeté dans la mer pour gagner des terrains. », « Ici Solidere a jeté les ruines de l’école de droit de Beyrouth qui a donné ses lois à l’Occident », « La parcelle 1474 : hier, aujourd’hui … et demain ??? » … Tels étaient les slogans animant la marche du samedi. Une remise en cause nécessaire pour avoir des explications sur les crimes commis contre le patrimoine beyrouthin, et pour empêcher des catastrophes à venir. Cependant, le port phénicien et l’hippodrome romain, deux dossiers d’actualité, et qui ont besoin aujourd’hui plus que jamais du soutien de la société civile, n’ont malheureusement pas été cités dans cette marche.

Photo tirée du groupe Facebook "Si Beyrouth Parlait"

Pour rappel, l’idée du Hadiqat as-Samah ou Jardin du Pardon est née suite à un concours international lancé en 1999, au terme duquel le projet de Kathryn Gustafson a été retenu, bénéficiant d’un succès quasi unanime. Ce jardin, qui s’étend sur à peu près 2400 m², et dont le coût a été estimé à cinq millions de dollars, est sectionné en trois parties, alliant à la fois le passé, le présent et le futur, avec les ruines datant de quelques milliers d’années et les trois lieux de cultes monothéistes au cœur du centre-ville de Beyrouth.
Cet espace archéologique est déjà une propriété publique, et est protégé par un décret ministériel publié dans les années 1990 et approuvé par la DGA. Il suffit que le ministère actuel procède à sa réhabilitation, sachant qu’un projet allant dans ce sens avait été présenté du temps du ministre Salim Wardy, et rejeté par le ministre Gaby Layoun.

En ce qui concerne le terrain 1474, un appel a été lancé pour la protection du terrain 1474, et pour interdire tout projet de construction sur cette parcelle et toutes les autres qui constituent le continuum du Tell archéologique phénicien. Or aucun rapport final n’a été publié concernant la nature des vestiges découverts sur ce terrain, et les fouilles s’étaient arrêtées en 2011. Ces fouilles étaient sous la direction de l’archéologue Assaad Seif, comme d’autres depuis 2005 mais la plupart de ces vestiges ont fini par disparaitre, être rasés, ou bien manquer d’être publiés. Il est évidemment nécessaire de conserver les vestiges du 1474, mais comment expliquer ce soudain réveil des consciences ? Et pourquoi le ministère actuel propose-t-il d’acheter ce terrain du Marfaa’, à savoir le 1474, alors qu’au préalable un prétexte de manque de fonds a été donné lorsqu’il s’agissait des vestiges scientifiquement attestés appartenir l’un à l’époque romaine et l’autre à la  période phénicienne ? Des questions appelant  l’opinion publique à s’interroger sur plusieurs points en ce qui concerne les fouilles archéologiques à Beyrouth …

En guise de conclusion, vous trouverez ci-joint un cri lancé en 2008 par le feu Dr. May Murr, mère de Mme Lina Murr Nehmé, sur les catastrophes archéologiques au centre-ville, qui ont commencé à l’époque de Solidere et qui semblent ne pas connaître de terme de nos jours.

Libnanews

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