Jinane Chaker Sultani Milelli.
Jinane Chaker Sultani Milelli.

« Ni pour l’un ni pour l’autre  » restera ma devise, mais suis quelqu’un qui réclame un Président afin que le pays puisse changer la trajectoire de sa dérive nationale.
Je ne connais pas le culte à la personne et je n’ai jamais adhéré à l’image d’un leader ni aie été fan de quiconque …
J’ai des amis que j’apprécie et qui font partis de plusieurs divergences politiques de mon pays natal, je ne veux pas les perdre.
J’ai des personnes que j’aime amicalement, et qui m’ont fait avec le temps découvrir en moi cette capacité d’apprécier l’autre, même si on réfléchit différemment, je ne veux pas les perdre …
Longtemps blessée par le souvenir de la guerre, j’ai dû m’éloigner des miens pour bâtir mon avenir et me construire mon nid loin des marteaux piqueurs du quotidien qui ébranlent notre bonheur… Petit à petit, j’ai trouvé mon chemin, laissant en mon cœur des souvenirs et trop de peur …. Je n’ai jamais abandonné l’idée d’un retour au pays du soleil, même pour mes vieux jours ; c’est ce qu’on se dit souvent pour nous donner cette force de vivre loin des siens.
Certains parmi vous connaissent bien mon adhésion à la vie, moi qui écrivit : « J’épouse la vie dans le pire et le meilleur ». Certains savent le fond de ma pensée et connaissent bien ma sincérité et mon besoin d’amour, d’amitié et de stabilité…
Amour, Amitié et stabilité… un triptyque auquel je me suis longtemps attachée. Mais depuis que le pays est décapité, depuis plus d’un an, quelque chose en moi m’angoisse, comme si j’attendais le retour d’un père oublié par un long voyage …

Le pays a besoin d’un souverain et le fantôme de la peur et de la guerre angoisse à nouveau mes nuits me privant de sommeil. De plus en plus je m’attache à l’image d’un président à la tête du pays comme un gardien pour la souveraineté nationale … Et de plus en plus je m’attache à l’image de l’ancien Président, le 12ème, celui qui a pris ses fonctions sans successeur, لا سلف له ولا خلف. Serait-il le dernier d’un Liban souverain, indépendant avec ses 10452 km2 ? En dépit des préjugés que pourraient avoir certaines personnes sur son mandat, ce qui m’intéresse moi, c’est ce symbole d’État décapité et l’incapacité qu’ont les libanais à s’en sortir, à changer la trajectoire de la dérive nationale. L’image de ce siège vacant, sans Président me hante comme si nous n’avions plus de lendemain ; oui je tiens à avoir un Président pour notre pays et je reviendrai à la charge tant que je pourrai. La situation n’est pas normale et l’angoisse de replonger dans des années de guerre me pousse à en réclamer un à nos chers et responsables députés.

Je revendique le droit de mes racines libanaises sans pour autant être jugée sur une appartenance politique quelconque. Il y a un autre choix que celui des divisions existantes. Je choisis la modération, la transparence et l’affectation à une citoyenneté qui préservera la souveraineté du pays. Les choix de chacun de nous se respectent… Et s’il faut adhérer à un parti pour exister, le mien sera celui de la modération.
À l’heure actuelle, il n’y a pas dans le paysage politique libanais un vrai modèle de centrimes qui pourrait avoir le rôle de modérateur entre les citoyens membres des ces deux grands courants politiques.
Je revendique mon patriotisme et mes droits à la souveraineté nationale et je réclame aux 128 députés qui sont censés représenter les citoyens, d’élire un Président. Je ne me considère pas plus libanaise qu’eux. À une différence près, c’est qu’ils ont le pouvoir de changer les choses et moi je n’ai que ma plume pour m’adresser à eux.

 » Ni pour l’un ni pour l’autre » restera ma devise mais suis quelqu’un qui réclame un Président afin que le pays puisse changer la trajectoire de sa dérive nationale.

JCSM