Une des nombreuses photographies circulant sur les réseaux sociaux, Un éboueur de Sukleen avec la légende "tu nous manques"
Une des nombreuses photographies circulant sur les réseaux sociaux, Un éboueur de Sukleen avec la légende « tu nous manques »

C’est d’une manière quelque peu humoristique mais également très ironique, que la population aborde la crise des déchets qui sévit actuellement au Liban. Plus de 22 000 tonnes de diverses ordures se retrouvent ainsi dans les rues sans que la société de ramassage des ordures, Sukleen, ne puisse les entreposer, la principale décharge, celle de Naameh, ayant fermé ses portes ce 17 juillet suite à une décision du gouvernement prise le mois dernier. Coïncidence, la crise intervient également alors que le contrat liant Sukleen à l’Etat Libanais s’est achevé le 15 juillet dernier sans être reconduit, faisant craindre que l’affaire ne soit qu’une tentative de la part de certains d’obtenir certains avantages pour la suite des événements.

Pour l’heure, aucune solution alternative au stockage des déchets n’a été trouvée, la dernière réunion gouvernementale qui a eu lieu ce jeudi ayant échoué suite aux désaccords – quasi habituels et traditionnels – entre les différents partis composant le cabinet. Aucune solution donc avant la prochaine réunion du Conseil des Ministres qui n’aura lieu que la semaine prochaine. Le Ministre de l’Environnement, a indiqué, de son côté, chercher des lieux de stockage des déchets dans différentes régions libanaises afin d’atténuer la pression sur le Mont-Liban et la capitale libanaise. Les responsables de la Municipalité de Beyrouth ont affirmé de leur côté, ne pas disposer de terrains afin de stocker provisoirement les ordures sur le territoire communal.

Mobilisation et Humour sur les Réseaux Sociaux

Un autre photomontage circulant sur Internet, les dirigeants libanais grimés en travailleurs de Sukleen
Un autre photomontage circulant sur Internet, les dirigeants libanais grimés en travailleurs de Sukleen, la compagnie de ramassage des ordures

Pourtant, sur les réseaux sociaux, la mobilisation s’organise et même un événement Facebook appelant la population à sauvegarder ses sacs de poubelles jusqu’à ce samedi, date à laquelle ses participants sont appelés à les déverser à la Place Riad el Solh, devant le Grand Sérail, siège des bureaux du Premier Ministre Tamam Salam et lieux des réunions du cabinet gouvernemental.

Différentes photographies également circulent sur les mêmes réseaux sociaux, avec un drapeau libanais où le cèdre est remplacé par une montagne d’ordure, allusion au Loubnan al Akhdar remplacé par Jabal Zbeleh, un travailleur de Sukleen souriant légendé ainsi: « tu nous manques » ou encore les dirigeants libanais, accusés d’être à l’origine de la crise actuelle, grimés en travailleurs de la même compagnie.

Des initiatives de Sukleen et individuelles dangereuses

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Des initiatives plus dangereuses et moins positives ont également lieu sur le terrain. Les autorités, afin de prévenir tout risque sanitaire, déversent sur les ordures qui s’accumulent dans les rues, des produits désinfectants et des produits toxiques. De source anonyme, on accuse ces éléments d’être à l’origine de la mort – déjà il y a 2 jours – de 12 chiens, rien que dans la capitale libanaise. Les différentes associations de protection des animaux appellent ainsi à la vigilance.

Par ailleurs, plus de 140 départs de feu ont également été constatés rien qu’à Beyrouth, les services de lutte contre les incendies appelant les citoyens à éviter d’incendier les poubelles, faisant état que les fumées dégagées sont également toxiques.

Des Solutions au cas par cas

Les solutions face à la crise des déchets existent pourtant et se concrétisent. Ainsi, la Municipalité de Jounieh a envoyé, ce jeudi, des SMS indiquant que le service de ramassage des ordures sera rétabli à partir de ce vendredi, appelant les habitants de la localité à trier leurs déchets.

Des personnes rappellent même qu’à l’image des pratiques ayant lieu en Suède, la moitié des déchets peuvent être recyclés et produire de l’énergie, alors que le Liban subi, depuis de nombreuses années une pénurie électrique. Enfin, certains experts s’interrogent aussi sur les raisons empêchant la mise en route de différentes unités de traitement des ordures dont certaines existent au Liban depuis plus de 15 ans… sans jamais entrer en fonction.

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