Contrairement à ce qui avait été précédemment annoncé, le Premier Ministre désigné Saad Hariri serait en route pour la France et non pour le Liban. Selon les informations précédentes, Saad Hariri qui se trouve depuis plus de 2 semaines à Abu Dhabi devait se rendre aujourd’hui auprès du Président de la Chambre Nabih Berri à Beyrouth pour discuter avec lui de son initiative à former un gouvernement de 24 membres.

Ce départ pour Paris plutôt que pour Beyrouth semble aujourd’hui enterrer l’initiative du Président de la Chambre Nabih Berri

Ce départ pour la France intervient alors que la relation entre lui et les autorités françaises s’étaient quelques peu dégradées ces dernières semaines, notamment lors de la visite du Ministre des Affaires Etrangères français, Jean Yves Le Drian, à Beyrouth, qu’il avait finalement rencontré non pas à son domicile de la Maison du Centre conformément au protocole mais à la Résidence des Pins, résidence de l’Ambassadeur de France au Liban.

Ne lui ayant pas demandé un rendez-vous, Paris soulignait ainsi que Saad Hariri n’était pas encore un premier ministre en exercice mais également montrait de cette manière l’exaspération de la communauté internationale face à une classe politique traditionnelle dans son ensemble, accusée de corruption et d’avoir mené le Pays des Cèdres à la faillite actuelle.

La position française a été également confirmée par des sources diplomatiques saoudiennes qui indiquent, tout comme Paris, que l’aide de la communauté internationale reste conditionnée, non pas seulement à la formation d’un gouvernement mais également aux négociations avec le Fonds Monétaire International et aux réformes à mener sur le plan économique et monétaire.

Sur le plan monétaire, certains de ses proches, dont le gouverneur de la Banque du Liban lui-même, Riad Salamé, font l’objet d’enquêtes pour corruption, détournement de fonds publics et blanchiment d’argent en France mais aussi en Suisse.

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab.

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement en octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté alors que la récession économique a atteint 29% selon certains rapports pour l’année 2020.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet, ce que réfute la présidence de la république. Certains de ses proches indiquent qu’il refuserait de former un gouvernement de 24 membres pour l’heure.

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