Le Secrétaire Général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, s’est exprimé au sujet des manifestations qui se poursuivent depuis 8 jours au Liban.

Le dirigeant du Hezbollah a souligné que le Liban traverse des situations sensibles et critiques, qui oblige à parler de manière responsable et calme.

Il est dans l’intérêt du mouvement de protestation que nous-mêmes et les autres partis nous en tenions à l’écart.

Sayyed Hassan Nasrallah a rappelé la position du Hezbollah ce samedi, estimant qu’il ne fallait pas que le mouvement chiite, même s’il soutient les demandes des protestataires, ne peut appeler à descendre dans la rue, en raison des conséquences que cela aurait. Il estime également que les partis politiques ne devraient pas s’ingérer dans ce mouvement.

Certains ont dit que le Hezbollah et moi menaçons les manifestants et certains ont cru que ces affirmations étaient fondées. Les médias du Golfe et certaines parties nationales ont exploité ces allégations.

Le secrétaire général a rejeté toute implication dans les incidents.

Un budget 2020 et un plan de réforme adopté rapidement, une réalisation des manifestants

Sayyed Hassan Nasrallah a commenté le plan de réforme et le budget 2020, jamais adopté aussi rapidement, a-t-il souligné. “Il incombe à chacun de préserver les valeurs positives acquises par le mouvement de contestation, qui obligeait le Cabinet à adopter un budget exempt d’impôt“, une première dans l’Histoire du Liban.

Cependant, il a regretté que “certains dirigeants du mouvement de protestation ont ridiculisé le document sur la réforme, ce qui suscite des soupçons. Comment quelqu’un peut-il désavouer ses propres réalisations?, s’est-il interrogé.

Le document de réforme concerne la mise en œuvre et n’est pas de simples promesses et indique que le Mouvement Chiite surveillera de prêt son application.

Une promesse de récupérer les fonds publics détournés

En plus de la réforme ou du document économique, il existe des propositions de lois à la Chambre des représentants que nous allons pousser pour accélérer leur adoption, telles que la loi sur le recouvrement des sommes pillées, la lutte contre la corruption, la levée du secret bancaire et la levée des immunités.
(…)
Ensemble, avec certaines forces, nous ferons pression pour accélérer l’adoption de la loi sur le recouvrement des fonds publics pillés et la levée du secret bancaire.

Le Hezbollah a souligné son soutien à la lutte contre la corruption

Le leader du Hezbollah a estimé qu’un vide gouvernemental amènera au chaos, de facto, “nous n’acceptons pas la démission de ce gouvernement”.

Il a également ouvert sa porte aux propositions de démission du parlement aux manifestants, tout en estimant que le Hezbollah, pour l’heure est également contre des élections anticipées.

Si vous souhaitez des scrutins parlementaires anticipés, élisez vos représentants et adoptez une loi électorale. Nous vous soutiendrons sans condition.

Il a également appelé au dialogue entre le Président de la République, le Général Michel Aoun et les manifestants, soutenant ainsi la demande du Palais de Baabda.

Votre Excellence le Président, ouvrez la porte, manifestants, choisissez les délégations qui vous représentent et choisissez chaque représentant, représentez les revendications, acceptez les revendications qui correspondent à la demande de la population et dialoguez avec le Président.

Les gens souhaitent la réouverture des routes

Sayyed Hassan Nasrallah a estimé que les manifestants peuvent poursuivre leur mouvement, cependant que la population souhaite la réouverture des routes

Inutile de quitter les places, restez sur les places. (…) Les gens veulent ouvrir les routes tout en parlant aux manifestants soulignant qu’ils ont raison.

Le dirigeant du Hezbollah a dénoncé le comportement à certains barrages routiers qui demanderaient la carte d’identité de ceux qui souhaitent passer ou encore de l’argent, rappelant les heures sombres de la guerre civile.

Il a indiqué que les gens souhaitent l’ouverture des routes rappelant que le Hezbollah avait déjà fermer des routes à la circulation par le passé et probablement en cas de demandes, il pourrait le faire également.

Il a appelé à l’ouverture des routes, tout en poursuivant les manifestations, parfois avec des barrages filtrants pour permettre aux personnes de se rendre à leur travail, universités ou écoles.

Il a également souligné son opposition à l’usage de la force armée, rappelant un incident survenu en 1993 quand l’Armée Libanaise a tiré sur des manifestants.

Un mouvement de protestation désormais instrumentalisé selon Sayyed Hassan Nasrallah

Le mouvement de protestation n’est plus spontané et il est dirigé par des partis et des forces politiques connus et certaines parties le financent.(…)
Qui sont les partis financés? Je n’accuse personne, mais j’espère que les dirigeants du mouvement nous expliqueront

Au sujet des développement actuels, Hassan Nasrallah estime que le mouvement est maintenant instrumentalisé par des partis ou des institutions notamment au niveau de l’encadrement et du financement des moyens présents.

Un appel à ce que les manifestants s’organisent

Si vous voulez vraiment faire tomber le système sectaire, proposez ensemble des mécanismes pour y parvenir.

Le dirigeant du Hezbollah indique que le mouvement chiite soutient l’abolition du sectarisme politique si les manifestants le souhaitent et qu’il est temps que ce mouvement de protestation ait ses propres dirigeants pour éviter toute instrumentalisation par des partis politiques.

Certains des dirigeants du mouvement de protestation sont patriotes et honnêtes.
(…)
Certains des dirigeants du mouvement de protestation sont des partis politiques connus.

Nous n’avons pas peur pour la Résistance, nous avons peur pour le Pays

Le dirigeant du Hezbollah a estimé que les manifestations sont entrées dans une nouvelle phase avec l’ingérence de puissances étrangères dont une ingérence des Etats Unis. Il indique qu’il est à craindre que certains souhaitent amener à des tensions voir même une nouvelle guerre civile comme celles qui ont lui dans la région.

La situation au Liban est entrée dans la phase d’exploitation internationale avec l’aide des autorités nationales.
Ne croyez pas ce que disent les ambassades. Ils prétendent qu’ils ne veulent pas de la démission du gouvernement. Ce n’est pas important, ce qui compte, c’est ce qu’ils font et ce que fait la CIA.

Au minimum, les véritables dirigeants du mouvement sont tenus de rassurer les Libanais et de leur résistance à ce que le pays ne soit pas visé, a estimé Hassan Nasrallah.

J’appelle les partisans de la résistance à quitter ces places.
Il n’y a pas besoin de défendre la résistance là-bas.

Il estime que les acquis des manifestants sont déjà du jamais vu au Liban et les invite à répondre favorablement aux demandes de dialogue du Président de la République, le Général Michel Aoun.
Par conséquent, il appelle ses sympathisants (on ignore s’il s’agit de ceux qui participent aux manifestations elles mêmes ou ceux avec qui il y aurait eu des incidents ces derniers jours) à se retirer des manifestations maintenant.

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