communique-syrie-938x535

Haytham Manna revendique une pleine participation aux pourparlers de paix sur la Syrie, arguant que son mouvement contrôle 16 pour cent du territoire, soit plus que les forces islamistes.

En partenariat avec Al Madaniya – Paris 03.01.2016- M. Haytham Manna, Chef du Mouvement Démocratique et Laïc de Syrie, revendique une place pleine et entière de son mouvement dans le cadre de négociations multilatérales sur les pourparlers de paix en Syrie, dans un message de vœux adressé au Secrétaire Général des Nations Unies à l’occasion de la nouvelle année 2016, dont une copie est parvenue www.madaniya.info

Opposant historique au régime baasiste, M. Manna a fait valoir à l’appui de sa requête l’antériorité de son mouvement dans la lutte contre le terrorisme, son antériorité dans la recherche d’un règlement politique ainsi que le fait que la branche militaire de mouvement contrôle 16 pour cent du territoire, soit bien avant les forces islamistes à l’exception de Da’ech, à en juger par le classement établi par un centre turc proche des Frères Musulmans», le centre Omrane, selon lequel les forces pro-wahhabites de l’opposition syrienne ne contrôlent que 11,7 pour cent du territoire syrien.

L’argumentaire M. Haytham Manna

1er argument-«Le Conseil Démocratique de Syrie (CDS)» dispose d’une branche armée «Les Forces Démocratiques de Syrie qui contrôlent 16 pour cent du territoire syrien (…) Les Forces Démocratiques de Syrie ont été les premières à combattre le terrorisme, bien avant la mise sur pied d’une coalition internationale (..) Les combattants -femmes et hommes ont combattu pour la liberté et la dignité à Kobbané et d’autres villes donnant l’exemple d’une stratégie contre le terrorisme et l’arbitraire. La dernière bataille livrée autour du «Sad Tichrine», le barrage d’Octobre, sur l’Euphrate, contre Da’ech, a constitué un bel exemple de notre engagement».

-2me argument: L’antériorité: «le CDS a été le premier à préconiser un règlement politique sur la base de la proclamation de Genève et à avoir conjugué les efforts de ses membres pour épauler les démarches de l’émissaire spécial de l’ONU en Syrie, M. Staffan Di Mistura»

3eme argument: La diversité: «Le CDS est une coalition constituée d’Arabes laïcs, de Kurdes, des Assyriens, des Turkmènes et d’Arméniens; des groupements politiques et émanant de la société civile ayant joué un rôle fondamental au Congrès fondateur de l’opposition démocratique syrienne au Caire en juin 2015.

4me argument: L’opérabilité: Le CDS est opérationnel en ce qu’il dispose d’un programme et a souscrit à un règlement politique sur la base de la légalité internationale: «Le CDS a adopté un pacte national et une feuille de route au Congrès du Caire et a apporté son soutien aux Congrès de Vienne 1 et 2 (automne 2015) ainsi qu’aux résolutions du Conseil de Sécurité sur la Syrie, concernant notamment le combat contre les groupements terroristes».

Le rôle d’obstruction de l’Arabie Saoudite, sous influence des «interférences régionales»

Haytham Manna a déploré le rôle de l’Arabie Saoudite dans la sélection de la délégation de l’opposition syrienne: «A notre grand regret, le Congrès de Riyad chargé de sélectionner la délégation de l’opposition syrienne a écarté des composantes essentielles de l’opposition syrienne pour des raisons politiques liées aux alliances régionales, conférant la priorité aux groupes alliés de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite.

«Le Congrès de Riyad a, par contre, convié des groupements ayant une coordination quotidienne avec Jabhat an Nosra, la filiale syrienne d’Al Qaida, dans des opérations militaires conjointes, notamment, Jaych Al Fateh», un mouvement cité à titre d’exemple, refusant dans le même temps de souscrire à la proclamation de Genève.

«Les interférences régionales ont pesé sur le Congrès de Riyad et ont fait que le Haut Comité (sélectionné pour mener les négociations pour le compte de l’opposition) jouit d’une représentativité partielle, non indépendante, résultant de l’éviction de certains mouvements. Les interférences régionales dans notre conflit ont conféré à des groupuscules une importance sans rapport avec les forces réelles sur le terrain, au détriment d’autres mouvements davantage présent sur le terrain».

M. Manna rappelle avoir décliné l’invitation de Riyad «en signe de protestation contre la méthode visant à évincer et à marginaliser des courants politiques» non agrées par la puissance invitante.

«Comment peut-on négocier un cessez le feu en l’absence des Forces Démocratiques de Syrie qui contrôlant», a-il poursuivi, réitérant son refus de se joindre à la délégation sélectionnée par le Royaume saoudien, mais, affirmant, en revanche, sa disponibilité à participer à des négociations multilatérales». Pour aller plus loin sur ce sujet Cf:

«En raison du fait que «le Haut Comité», issu du Congrès de Riyad «refuse l’idée d’une parité au sein de la délégation conjointe, nous sommes disposés à participer à des négociations multilatérales (..) Notre délégation sera constituée par des personnalités ayant participé aux Congrès du Caire et de Moscou et d’un groupe d’experts de renom», a-t-il précisé.

«Le CDS est disposé à coopérer avec le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’émissaire spécial de l’ONU sur la Surie a propos des négociations futures sur la base du principe de l’égalité des droits (…) Nous soumettons cette proposition en vue de respecter les termes de la Proclamation de Genève, stipulant une délégation +représentative et équilibrée+ de l’opposition syrienne», conclut le message en faisant part de sa gratitude au Secrétaire Général de l’ONU, M. Ba Ki Moon, et aux ministres des Affaires étrangères des États Unis, John Kerry, et de Russie, Sergueï Lavrof, pour les efforts qu’ils ont déployés en vue de mettre à jour la feuille de route visant, au terme d’une période transitoire d’une paix, à l’établissement de la paix en Syrie.