Le ministre de l’information, Georges Cordahi, dont les propos concernant le rôle de l’Arabie Saoudite dans le conflit au Yémen ont été diffusés le 5 août dernier alors que le gouvernement Mikati III n’était pas encore constitué a estimé que la crise diplomatique avec l’Arabie saoudite s’est transformée en une question de dignité nationale.

Georges Cordahi s’exprimait ainsi dans les colones du quotidien Al Diyar ce mardi, estimant par ailleurs comprendre la position des ressortissants libanais présents dans la péninsule arabique. Il indique ainsi ne pas s’accrocher à son poste actuel mais attend le retour du premier ministre Najib Mikati actuellement présent au sommet sur le climat de Glasgow et qui a entamé une série de rencontre avec des dirigeants internationaux.

Un ultimatum saoudien de 2 jours contre le Liban

Pour sa part, l’Arabie Saoudite a accordé au Liban un ultimatum de 2 jours pour obtenir le renvoi du ministre de l’information. Cependant, cette démission pourrait amener à la démission des ministres du gouvernement Mikati III en l’absence de déclaration gouvernementale nécessaire pour définir les tâches de chaque ministres en cas de cabinet démissionnaire. 

Des sanctions économiques ou politiques visant des personnalités libanaises dont certaines de premier plan pourraient être ainsi annoncées par le royaume saoudien d’ici à l’expiration de cet ultimatum. 

Par ailleurs, l’Arabie Saoudite pourrait demander à ses alliés locaux du Courant du Futur et des Forces Libanaises dont l’ambassadeur avait rencontré le dirigeant avant son départ du Liban de démissionner du parlement. 

Georges Cordahi avait accusé alors l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis d’agression contre le Yémen, allusion aux opérations militaires saoudiennes et émiratis qui visent depuis 2014 principalement les rebelles chiites houthis dans une interview diffusée le 5 août dernier. Le ministre libanais a depuis reconnu “sa faute”, estimant qu’il fallait replacer ses propos dans le contexte “d’amour” au peuple saoudien et yéménite.

Pour sa part, l’Arabie saoudite avait considéré alors ces propos comme une insulte à son égard, rappelant que Riyad considère les houthis – soutenus par l’Iran – comme une menace à la sécurité et à la stabilité régionale. 

CES DÉCLARATIONS SONT INCOMPATIBLES AVEC LES NORMES POLITIQUES LES PLUS SIMPLES ET SONT INCOMPATIBLES AVEC LES RELATIONS HISTORIQUES ENTRE LES DEUX PEUPLES FRÈRES, DÉCLARANT QUE « COMPTE TENU DES RÉPERCUSSIONS QUE CES DÉCLARATIONS OFFENSANTES PEUVENT AVOIR SUR LES RELATIONS ENTRE LES DEUX PAYS, LE MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A CONVOQUÉ AUJOURD’HUI L’AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE LIBANAISE AU ROYAUME D’ARABIE SAOUDITE. IL A ÉTÉ REMIS UNE NOTE DE PROTESTATION OFFICIELLE À CET ÉGARD. 

Communiqué du ministère saoudien des affaires étrangères

Riyad avait considéré que seule la démission du ministre de l’information comme suffisante pour déminer la crise politique entre les 2 pays. 

Cette crise intervient alors que le Liban n’exporte que pour un peu plus de 200 millions de dollars de marchandises vers le Royaume. Cependant, plus de 350 000 ressortissants libanais résident dans cet état.

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