Suite au gel de biens à hauteur de 120 millions d’euros par les justices françaises, luxembourgeoises et allemandes et sur fond d’accusation d’entrave à la justice visant les autorités libanaises, le premier ministre libanais Najib Mikati et le procureur de la république, le juge Ghassan Oweidat seraient désormais dans l’obligation de laisser le juge d’instruction Nicolas Mansour et la procureur du Mont Liban à poursuivre leur enquête dans le cadre de l’affaire Forry Associates visant le gouverneur de la banque du Liban.

Désormais, les accusations de politisation des enquêtes de la juge Ghada Aoun seraient écartées en raison des fortes avancées de l’enquête en Europe visant non seulement Riad Salamé, mais également son frère Raja qui aurait déjà avoué les faits qui lui sont reprochés, sa secrétaire executive Marianne Hoayek, son fils Nadi et même son gendre Chafic Abi Lama.

Côté libanais, désormais il serait question de remplacer le juge Jean Tannous par le procureur financier, le juge Ali Ibrahim qui serait en charge de coopérer avec les enquêteurs européens.

Par ailleurs, en cas de non coopération du premier ministre, une enquête a été également ouverte contre lui à Monaco, l’amenant à coopérer et non plus à offrir un appui politique au gouverneur de la banque du Liban. Aussi, des plaintes pourraient être prochainement déposées par un collectif de déposants devant les instances européennes, pour viser de nombreux hommes politiques locaux, qui seront accusés de détournementd de fonds alors que le projet de controle des capitaux présenté par le premier ministre offrirait une immunité locale aux banques et à leurs dirigeants à titre rétroactif face aux plaintes déposées l’étranger.

Cependant, cette amnistie locale pourrait signifier également la déconnection du système financier libanais par rapport aux marchés étrangers et donc la mise en faillite officielle du système bancaire local.

Parallèlement, le quotidien Al Akhbar indique que le premier ministre aurait déjà rencontré plusieurs candidats susceptibles à succéder à l’homme qui a régné sur la Banque du Liban depuis 30 ans. Ce changement de personne pourrait également s’accompagner par d’importantes réformes sur le plan fonctionnel de la banque du Liban.

De source anonyme, on indique que ce changement pourrait même intervenir avant les élections législatives du 15 mai 2022, même si cela est improbable pour l’heure.

Ces informations interviennent alors qu’une délégation du FMI se trouve actuellement au Liban. Celle-ci aurait suggéré de désormais de séparer gouvernance même de la Banque du Liban et tutelle des banques. Il serait aussi question de mettre en place un conseil de tutelle des organes exécutifs de la Banque du Liban face aux dérives qui ont eu lieu ces 30 dernières années.

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