L’aéroport international de Beyrouth a rouvert ses portes, constituant une bouffée d’air pour l’économie libanaise largement impactée par la crise économique mais également par la crise liée au coronavirus COVID19. Il était fermé depuis la nuit du 18 mars 2020.

Seuls étaient permis jusqu’à présents les vols visant à rapatrier les libanais bloqués à l’étranger que encore à permettre le retour de ressortissants bloqués au Liban.

Un premier avion émirati a ainsi atterri au Liban, en la présence de nombreux journalistes notamment des pays arabes et du ministre des travaux publics et du transport, Michel Najjar et de la Santé Hamad Hassan.

Cet avion sera suivi au départ de vols à destination des Emirats Arabes Unis, du Qatar, de la France, de Grande Bretagne et du Koweït.

D’autres vols en provenance de l’Arabie Saoudite, du Qatar, du Koweït et des Emirats sont attendus.

L’aéroport international de Beyrouth fonctionnera seulement à 10% de ses capacités, soit 2000 passagers par jours seulement. Les mesures de distanciation sociale ou encore des contrôles PCR à l’arrivée sont prévus. Les passagers sont appelés à se confiner 24 heures après leurs arrivées, le temps que les résultats des tests soient connus. Un deuxième test est également prévu 72 heures après leurs arrivées.

En cas de test positif, ils devront se mettre en quarantaine et respecter les mesures sanitaires du ministère de la santé libanais.

Les mesures de quarantaine ne sont pas obligatoires pour les passagers en provenance de pays où les tests sont disponibles à condition qu’ils aient passé cet examen 96 heures avant leurs départs.

La Middle East Airlines (MEA) espère augmenter les cadences de départ graduellement. Les finances de la compagnie ont été largement affectées par les mesures visant à limiter le nombre de personnes contaminées au Liban.

Autre facteur limitant l’activité de l’aéroport international de Beyrouth, les transferts de fonds depuis le Liban à l’étranger sont désormais sévèrement limitées par les banques libanaises. Les touristes libanais pourraient ainsi devoir se passer de vacances à l’étranger, avec un plafond sur les cartes bancaires étant généralement limité à l’étranger à moins de 100 dollars par mois.

Une bouffée d’air pour l’économie libanaise

Cette réouverture donne aussi une bouffée d’air à l’économique libanaise alors que le taux de croissance devrait être négatif. Il est estimé à – 14% actuellement pour 2020.

Les autorités libanaises ont réfuté toutes les rumeurs faisant état d’une limitation à 2000 dollars des sommes pouvant être rapatriées cash au Liban, cela alors que de nombreux déposants étrangers ne peuvent disposer de leurs fonds, suite à l’instauration unilatérale par les banques libanaises de mesures de contrôle des capitaux dès novembre 2019.

Ils appellent ainsi la diaspora à ramener de l’argent cash notamment pour aider leurs proches à faire face à la grave crise économique alors que la valeur de la livre libanaise continue à se détériorer face au dollar. Ce matin, l’achat de dollar se négociait à plus de 9000 LL au marché noir.

De nombreux expatriés indiquent ainsi ne plus vouloir procéder à des virements via le système financier traditionnel qu’ils accusent de fraudes après avoir caché d’importantes pertes financières durant des années. Ils accusent aussi les dirigeants libanais d’être à l’origine de la crise actuelle via des détournements de fonds ou encore une gabegie sans pareille des fonds publics.

La dette publique locale dépasse désormais 92 milliards de dollars alors que le PIB pourrait se contracter, passant de 55 milliards en 2018 à 34 milliards à peine en 2010.

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