Coup dur pour l’industrie alimentaire libanaise après la décision de Riyad d’interdire l’importation de tout type d’aliments originaires du Pays des Cèdres. Cette mesure fait suite à celle déjà prise il y a 2 semaines par le Royaume d’interdire l’importation des fruits et légumes en raison de la découverte de cargaisons d’importantes quantités de drogue.

Cette décision intervient alors que les autorités libanaises se sont pourtant engagées à tenter de mieux contrôler les flux de substances interdites. Le gouvernement sortant a ainsi chargé le ministre de l’intérieur Mohammed Fahmi de négocier la reprise des importations des fruits et légumes en début de semaine dernière. Cependant, il semblerait aujourd’hui que cette mission ait échoué.

Les douanes libanaises interceptent souvent des cargaisons de captagon à destination du Royaume Saoudien. Le mois de février a été marqué par la saisie de 5 millions de pilules de cette substance dans une cargaison de grenades. Cependant, les sources locales indiquent que les certificats d’exportation auraient été forgés et que cette marchandise était en fait originaire de la Syrie.

La production de captagon, une sorte d’amphétamine, s’est en effet propagée au Liban, en Irak et surtout en Syrie, à la faveur de la guerre civile syrienne. Elle permettait ainsi aux belligérants et notamment Daesh, avaient indiqué les autorités américaines qui avaient réussi à saisir en 2016 près de 300 000 pilules d’une valeur de 1.4 millions de dollars, d’une part de maintenir leurs hommes dans un état second lors des combats mais également d’avoir accès à des sources de financement via son exportation vers les Pays du Golfe et de la Péninsule Arabique. 

Ainsi, un émir saoudien, alors âgé de 29 ans, le prince Abdel Mohsen avait été arrêté le 26 octobre 2015 à l’aéroport international de Beyrouth. il tentait alors de quitter le Liban via un avion privé avec 1900 kilogrammes de Captagon, une drogue produite en très grande quantité en Syrie, pour une valeur estimée à 250 millions de dollars alors. Cet individu a été condamné par la cour d’appel du Mont Liban le 27 mars 2019, puis a été libéré avec interdiction de voyager le 26 avril 2020, à l’issue de sa peine. Le 21 juillet 2020, le même jour par conséquent, le procureur général de l’Appel de Beyrouth a levé l’interdiction de voyager de l’émir susmentionné. Le ressortissant saoudien a depuis quitté le Liban, le 24 juillet 2020.

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