Le bras de fer entre le Liban et l’Arabie Saoudite s’est poursuivi en plusieurs actes. Le Royaume Saoudien, par l’intermédiaire de son ministère de l’intérieur, a accusé ce matin le Hezbollah de trafic de drogue. Le Liban a mis en examen, le prince saoudien intercepté le 26 octobre 2015 avec 2 tonnes de Captagon et on apprend que l’Arabie Saoudite a décidé dans la soirée de mettre au chômage 90 ressortissants libanais.

Cette montée de tension intervient alors que le Royaume Saoudien a décidé de la suspension de l’aide de 4 milliards de dollars à destination des forces de sécurité et de l’Armée Libanaise suite à l’abstention des représentants diplomatiques libanais lors d’un vote de la Ligue Arabe au Caire. Ce vote,  à l’appel de l’Arabie Saoudite, demandait la participation des pays membres de la Ligue dans la lutte contre l’Iran et le Hezbollah qualifiée d’organisation terroriste par Riyad.

Acte I: L’Arabie Saoudite accuse le Hezbollah de trafic de drogue via le Yémen.

Le Ministre de l’Intérieur saoudien a accusé ce matin, le mouvement chiite Hezbollah d’être impliqué dans des réseaux de trafic de drogue via le Yémen. « Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que le Hezbollah et les milices Houthi visent le pays avec la drogue » a déclaré le porte-parole du Ministère, le Général Mansour el Turki qui indiquait que la majorité des substances illégales présentes sur le territoire saoudien proviendraient de la Syrie.

Ces propos font échos à ceux du commandant en chef de la coalition militaire menée par l’Arabie Saoudite qui combat les forces rebelles yéménites. Ce dernier accuse l’aile militaire du mouvement chiite libanais d’être présente sur ce théâtre d’opération.

Acte II: La Justice Libanaise met en examen le prince Abdel Mohsen Ben Abdelaziz

Le quotidien An Nahar a indiqué ce jeudi que le Juge d’Instruction du Mont Liban, Rabih Houssami a publié un acte d’accusation pour trafic de drogue à l’encontre du Prince Abdel Mohsen Ben Abdelaziz, et de 8 autres personnes dont 5 autres ressortissants saoudiens. 2 d’entre eux ont été libérés depuis suite au versement d’une caution d’un million de livres libanaises. Le Juge d’instruction avait cependant rejeté toute offre de caution concernant le Prince Abdel Mohsen Ben Abdelaziz.

Pour rappel, les autorités aéroportuaires avaient intercepté 2 tonnes de Captagon pour une valeur marchande de plus de 250 millions de dollars sur les marchés parallèles, le 26 janvier 2015 qui étaient destinés au marché saoudien. Utilisant son avion privé, Abdel Mohsen Ben Abdelaziz avait nié toute implication dans ce trafic dont il accusait ses employés.

Acte III: Les entreprises saoudiennes renvoient 90 ressortissants libanais

Ce jeudi soir, les différents médias libanais ont indiqué que plus de 90 ressortissants libanais présents en Arabie Saoudite ont été envoyés de leurs travails, sans que pour autant leurs titres de séjour ne soient suspendus.

Les personnes renvoyées appartiendraient à toutes les confessions et toutes les affiliations politiques, a confirmé le président de la chambre de commerce libano-saoudienne, Elie Rizk.

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