Le Liban vit des heures inextricables pour tous, hautement critiques pour l’avenir des oppositions stériles et gravement décisives pour les deux alternatives suivantes: Le choix d’une mort lente et suffocante qui confirmerait la continuité des stagnations politiques malgré leurs perpetuels jeux de rôles ou celui d’une vision définitive de la citoyenneté libanaise? Elle  baserait le rétablissement d’une démocratie réelle, dans la forme et le fond, franchement vouée à promouvoir l’avènement de la troisième République. Néanmoins, Il est nécessaire de préciser ici que de nombreux « citoyens » considèrent encore leur pays comme une pièce de valeur exceptionnelle mise aux enchères. Ils se sentent rassurés qu’elle serait en tout les cas, appropriée en dernière minute, qu’ils en seront toujours les propriétaires quelque soit le coût de leurs divers abandons. Cependant, ne deviendrait-elle ainsi qu’une démocratie de nom et en fait, l’otage continu du goût opportun d’autres individus et de certaines puissances pour des intérêts stratégiques qu’ils veillent uniquement à préserver!?  

On laisse perdurer ce rituel de cogitation pour analyser des événements à l’instant où les fils de  la patrie risquent de dissoudre le sens collectif d’une identité nationale, commune et conséquente! Sans elle on devient n’importe quel individu sur terre! Ainsi, les dangers qui nous guettent, autant que ceux de tous nos ennemis, habitent en nous! Ce sont, l’hésitation de penser pour parler librement, la difficulté d’installer des convictions unificatrices au menu des échanges, la restriction de défendre une option positive indépendante des avis négatifs d’autres personnes, l’angoisse d’opter pour le changement net et la panique d’oser sortir des cloisonnements multiples, individuels et collectifs sans la tutelle de ceux qu’on a accepté d’être inconditionnellement les « tuteurs » de nos comportements peu autonomes. L’espoir au pays des peurs conjuguées se situe peut être, bien au delà d’un regard à visée nationale et clairvoyant sur l’héritage des attaches viscérales. Il interroge gravement maintenant, à ce tournant de notre actuel contexte de vie, chacun d’entre nous.

Veut-on gravir la pente abrupte mais nécessaire pour apprendre à souffrir seuls afin de grandir autrement? Choisira t-on de ne plus jamais glisser sur une prochaine vague géante de politiques irréconciliables qui veut user même de l’honnête ténacité de la société civile sans vouloir reconnaître sa prédominante validité pour le salut de la Nation?!

Joe Acoury