Le Ministre de la Justice Ashraf Rifi
Le Ministre de la Justice Ashraf Rifi

Le Ministre de la Justice Ashraf Rifi a annoncé ce dimanche sa démission après ses échecs répétés dans l’affaire Michel Samaha.

Selon le communiqué publié par ce dernier, cette décision intervient en raison des actes de certaines forces qui oeuvrent à la fragmentation et au vide des institutions, qui souhaitent ternir l’identité nationale et exposent au danger la souveraineté, l’économie et les liens avec les pays arabes et la communauté internationale, allusion aux critiques formulées par l’Arabie Saoudite vis à vis de la politique étrangères du Liban, accusant nommément le Hezbollah et ses alliés.

Michel Samaha, ancien ministre de l’information entre 1992 et 1995 avait été arrêté le 9 aout 2012 à la  à la demande du Procureur général suite aux liens avec une affaire d’explosifs qui devaient être placés dans plusieurs endroits, notamment le Nord et viser différentes personnalités religieuses et politiques principalement sunnites. Les services de renseignements des Forces de Sécurité Intérieure avaient dévoilé que Samaha avait transporté à bord de sa voiture 24 charges explosives que lui auraient délivrées le général syrien Ali Mamlouk, chef d’état-major de Syrie. Michel Samaha estimait de son côté avoir été victime d’une machination des forces de sécurités libanaises en raison de son chauffeur Milad Kfoury devenu informateur des FSI.

Après la libération surprise de Michel Samaha suite au versement d’une caution de 150 millions de Livres Libanaise par une décision du Tribunal Militaire, le Ministre de la Justice Ashraf Rifi avait affirmé vendredi vouloir traduire ce dernier devant la justice canadienne ou la Cour pénale internationale, déclarée selon lui compétente en matière de crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Cette décision devait cependant recevoir l’aval du Conseil des Ministres. Après plusieurs tentatives qui ont toutes échouées, Ashraf Rifi s’était retiré du Conseil des Ministres après que ses propositions n’aient pas figuré à l’ordre du jour de la réunion gouvernementale du 11 février 2016. Ce retrait avait été fortement critiqué dans son propre camps par l’Ancien Premier Ministre Saad Hariri.

« Ces positions ne nous représente pas et personne ne peut nous défier concernant l’affaire de l’assassinat de l’ancien responsable des services de renseignements des FSI Wissam el Hassan ou dans le cas du procès Samaha », avait indiqué Saad Hariri en réponse aux déclarations du ministre de la Justice, avant de poursuivre en estimant que tout auteur de crime doit être puni par la loi.

Considéré comme proche de l’Arabie Saoudite, précédemment directeur général des Forces de Sécurité Libanaise, son nom avait été proposé comme premier ministre par Saad Hariri. Il avait finalement été nommé Ministre de la Justice le 15 février 2014 par le Premier Ministre Tamam Salam.