À la faveur des incendies qui ont et qui continuent à ravager le Liban depuis ce lundi, chacun est allé à son petit mot sur les réseaux sociaux. Cependant, une certaine prudence doit être de mise.

Souvent une photographie a été partagée sur Facebook, Twitter et un peu ailleurs, y compris pour une pétition demandant à venir en aide aux personnes victimes des ces incendies et aux membres de la Défense Civile et de l’Armée qui les combattent. L’initiative est louable.

Cependant, l’image choisie ne représente pas la situation certes dramatique, au Liban, mais une qui était beaucoup plus dramatique, au niveau de la localité de Kalamos Attika en Grèce en 2017, comme l’a relevé for heureusement le compte Twitter Fake Investigation

Le cas de la vidéo accusant un ressortissant syrien d’être à l’origine d’un incendie

Autre exemple, une vidéo accusant des travailleurs syriens d’être à l’origine des incendies a également circulé sur ces mêmes réseaux sociaux. On y voyait ainsi un travailleur syrien être arrêté assez brusquement par un membre de la police municipale de la localité de Baabdat dans le Metn.

Cependant, les Forces de Sécurité Intérieure dont un poste se trouve à Broumana, non loin de là, ont également enquêté.

Effectivement, le travailleur syrien a brulé des sacs et des cartons à proximité d’un atelier à la demande de son chef de chantier mais lorsque les policiers municipaux sont arrivés, le feu avait été déjà éteint et il n’a donc pas été à l’origine d’un incendie comme l’en accusait les vidéos qui ont circulé sur Facebook, Twitter et ailleurs.

Si une personne devait être réellement arrêté, il aurait dû s’agir du chef de chantier déjà.

Attention donc, la propagation de fausses nouvelles peut aussi provoquer des drames humains.

Et des erreurs aussi au niveau des médias

Dès l’annonce de l’arrivée de l’aide internationale à la demande des autorités libanaises pour aider leurs homologues libanais dans le combats face au feu, certains médias libanais ont appelé les avions chypriotes de type Air Tractor AT-802 comme étant des Canadairs. Ils ont réédité cette erreur avec les avions jordaniens arrivés en renfort.

Pour information, voici à quoi ressemble un Canadair et un Tracker tous 2 positionnés dans le Sud de la France

Un Canadair et un Tracker à l'aéroport de Aéroport Marseille Provence. Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.
Un Canadair et un Tracker à l’aéroport de Aéroport Marseille Provence. Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.

Il s’agit là, d’engins lourds, complexes à mettre en oeuvre, dont l’utilisation réclame une certaine dextérité quasiment inutilisables au Liban en raison de son relief très accidentés.

Ces aéronefs ne sont en aucune manière comparable au Air Tractor AT-802 chypriote ou jordanien, qui aide actuellement les Forces de la Défense Civile à lutter contre les incendies et que voici:

L’Air Tractor AT-802 est un monomoteur de travail agricole américain – dont très léger et maniable, adapté aux reliefs accidentés comme celui du Liban, utilisable comme bombardier d’eau avec une capacité de 3 000 Litres d’eau environ et avion d’attaque au sol.

On ne peut donc que constater, photo à l’appuie, que les 2 types d’avions sont très différents.

Des leçons à en tirer?

Il ne faut pas automatiquement partager une information qui semble quelque peu d’une ampleur suspecte. Cela peut s’avérer difficile vue la charge émotionnelle des dernières 48h et les drames, eux réels, qu’on subi de nombreuses personnes.

Évidemment la situation est grave. Cependant, on doit utiliser des supports ayant traits à la réalité et non des supports graphiques ou inventer des informations qui pourront ensuite amener à nous interroger y compris sur les vraies informations. Parce qu’à force de crier au loup, on ne finira plus par l’entendre quand il se présentera réellement devant nos portes.

L’un des principaux problèmes sur les réseaux sociaux tient à la vérification des sources des images. Facebook, par exemple, ne permet pas de consulter les EXIF des clichés qui y circulent normalement. Il convient à ne pas partager automatiquement des nouvelles mais à prendre pour référence des personnes ou des médias qui sont habitués à traiter dans le domaine de l’information. Ils pourront le cas échéant rapidement faire la part des choses entre réalité et fake news.

Quant aux médias, un peu de professionnalisme s’impose dans la vérification des nouvelles…

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