Le siège de l'EDL à Beyrouth. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com
Le siège de l'EDL à Beyrouth. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés. Visitez mon blog http://larabio.com
Le siège de l’EDL à Beyrouth. Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Dans un rapport de 75 pages publié le 17 juillet dernier, le FMI a conclu ses consultations 2015 concernant l’économie libanaise en faisant part de son pessimisme notamment en raison du conflit civil syrien. Ainsi, l’organisation internationale estime que la croissance de l’économie libanaise reste en deçà de ses possibilités suite à l’impact de nombreux facteurs, dont la présence de réfugiés syriens comptant officiellement désormais pour 1/4 de la population totale et augmentant la pression sur les finances publiques et les infrastructures locales. Autre écueil, l’absence d’un chef de l’état et des difficultés politiques qui paralysent l’adoption de réformes pourtant nécessaires.

Parmi les autres difficultés constatées, une croissance économique qui se fait toujours attendre suite à une importante chute en 2011. Elle n’atteindrait respectivement depuis, que 2 à 3% de hausse pour 2014 et 2015, alors que les secteurs clés de l’économie libanaise dont le tourisme et l’immobilier, restent fortement handicapés par les circonstances actuelles. Le FMI juge improbable un retour à une croissance de 4% d’ici 2019 mais note toutefois une amélioration au niveau du taux d’inflation suite à la baisse des prix des matières premières dont le pétrole en 2015. Cette baisse, accompagnée d’autres facteurs, pourrait permettre d’atteindre un taux de croissance 3% fin 2015.

Amélioration également du côté fiscal, avec un surplus primaire en 2014 de 2,5% en comparaison du PIB, notamment en raison d’un transfert qualifié d’exceptionnel des revenus téléphoniques. Ce surplus serait toutefois momentané et ce ratio retournerait à un déficit de 1,25% en 2015. La dette publique resterait à ces niveaux précédents, c’est-à-dire à 132% du PIB.

Côté bancaire, le mot d’ordre est toujours à la résilience avec un cash flow positif notamment suite à l’afflux des capitaux de personnes non résidentes au Liban. Le FMI considère que la Banque du Liban a maintenu des taux et des réserves bancaires adéquates par rapport à la situation actuelle.

Concernant les recommandations faites par l’institution internationale, le bureau exécutif considère que la stabilité macro-économique et la confiance des marchés restent essentielles et cela en dépit des difficultés dues en raison du conflit syrien. Le FMI appelle la communauté internationale à fournir une assistance humanitaire plus importante que ce qui est actuellement fait et cela en dépit des difficultés politiques actuelles qui la limite. L’organisme appelle les autorités politiques actuelles à renforcer la confiance notamment via des réformes fiscales et structurelles immédiates.

Concernant les finances publiques, le FMI encourage les autorités libanaises à adopter un budget qualifié d’ambitieux pour 2015 et souligne l’importante nécessité à réformer le secteur de production et de transport électrique qualifié de poids sur les finances publiques. Ils mettent également en garde contre la mise en place décidée de l’augmentation des salaires des fonctionnaires, appellent à diverses mesures budgétaires, dont l’augmentation de la TVA notamment à l’essence, et à la réforme du système des pensions et des retraites.

Concernant le secteur bancaire, satisfecit global notamment à la BDL pour son rôle joué dans le maintien du taux de change entre la Livre Libanaise et le Dollars, le bureau exécutif du FMI recommande toutefois aux autorités libanaises de poursuivre sa vigilance dans les mesures permettant la protection du système bancaire, notamment au niveau des prêts. Aussi, aurait été évoqué le rôle de l’institution bancaire libanaise dans la lutte contre le recyclage d’argent sale et contre le terrorisme.

Le FMI conclu son rapport en soulignant les nécessaires réformes structurelles notamment pour créer des emplois et permettre l’amélioration de la compétitivité de l’économique libanaise. A côté de la mise en place d’une réforme du secteur de production d’électricité, le FMI indique également que des réformes du marché de l’emploi ainsi que de la législation permettant l’investissement privé sont nécessaires notamment dans les secteurs pétroliers et gaziers.

Le rapport du FMI (anglais)