En dépit des propos des autorités publiques qui se veulent être rassurants en écartant toute restructuration de la dette publique, l’Agence de Notation Moody’s estime que ce scénario pourrait revenir sur la table, dans un rapport publié le 25 juin 2019.

En cause, la diminution des rentrées de devise étrangère au Liban ainsi que la croissance économique qui se fait toujours attendre. Ce rapport est publié alors que le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé avait révélé que la croissance économique a été nulle au cours des premiers mois de l’année 2019.

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Selon Moody’s, le risque d’une restructuration de la dette publique par le gouvernement libanais augmente par conséquent à moyen-terme. L’agence de notation assimile cette restructuration a un défaut de paiement.

Toujours selon Moody’s, « en dépit de l’inclusion de mesures d’austérité budgétaire dans le projet de budget 2019, le ralentissement des entrées de capitaux et la croissance plus faible des dépôts augmentent le risque que le gouvernement inclue un rééchelonnement de la dette ou un autre exercice de gestion du passif pouvant constituer un défaut selon notre définition. »

Selon un rapport publié au début de l’année par la banque américaine, Morgan Stanley, cette restructuration pourrait amener au rééchelonnement accompagné de l’annulation d’une partie de la dette. Cela concernerait 65% de la dette publique pour atteindre un niveau soutenable pour les finances publiques.

Autre difficulté, le gouvernement compte émettre de nouvelles obligations du trésor à des taux plus bas que ceux du marché. Les banques privées ont déjà annoncé qu’elles pourraient ne pas souscrire à cette nouvelle émission. Certaines sources estiment que seule la banque centrale pourrait alors en être l’acheteuse, ce qui pourrait encore affecter ses réserves monétaires actuelles qui sont déjà affectées par la baisse des rentrées en devise étrangère.

Le rapport de Moody’s, publié fin janvier 2019, avait provoqué un véritable séisme dans le milieu politique et économique libanais poussant à accélérer le processus de formation du gouvernement qui a abouti à la désignation des ministres du cabinet Hariri III.

L’agence de notation avait en effet dégradé en janvier, à Caa1, soit au niveau des obligations pourries, les notations du Liban sur le long terme, en raison d’une probable structuration de la dette publique qu’elle considérait déjà comme très probable. Moody’s s’était cependant montré assez optimiste quant à la situation économique au cas où un nouveau gouvernement serait formé et que les réformes prévues dans le cadre du plan d’aide économique CEDRE soient appliquées.

Cependant, nombreux sont les experts qui estiment aujourd’hui que les réformes économiques, fiscales et monétaires prévues dans le cadre du budget 2019 sont insuffisantes au mieux voir inapplicables au pire alors que le Ministre des Finances compte maintenir le déficit public à 7.59% contre 11.7% en 2018.

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