Fouad Abou Nader
Fouad Abou Nader

Fouad Abou Nader se déclare en faveur « d’une neutralité positive et permanente, garantie internationalement ». 

Libnanews – Dr. Fouad Abou Nader, que pensez-vous de la démission du premier ministre Saad Hariri ?

Fouad Abou Nader – Saad Hariri était en Arabie Saoudite en début de semaine passée. Il est ensuite rentré au Liban. Après avoir rencontré Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, il est reparti soudainement en Arabie Saoudite d’où il a annoncé sa démission.

Suite à sa démission, J’ai fait trois remarques et une conclusion majeure :

  1. Hariri a lu un texte qui ne reflétait en rien ni son style ni sa façon de parler. C’est un monsieur qui a été forcé de lire un papier et ce à partir d’un pays étranger qui entreprenait au même moment une purge interne très large.
  2. Hariri a parlé de pressions économiques et politiques et il ne veut pas être responsable.
  3. Hariri a parlé de détérioration sur le terrain et là encore il ne veut pas en être responsable.
  4. Fouad Abou Nader
    Fouad Abou Nader

Donc il est impératif aujourd’hui de relancer l’idée de la neutralité positive et permanente, garantie internationalement, du Liban qui est formé de 18 communautés religieuses. C’est la seule et unique façon de libérer notre pays de toutes formes de contraintes politiques, sécuritaires et économiques extérieures et de renforcer la cohésion nationale.

Libnanews – Que pensez-vous de la réaction du président de la République Michel Aoun ?

Fouad Abou Nader – Le président Michel Aoun est préoccupé et surtout embêté par cette démission qui a freiné tous les projets en cours. Dès les premiers instants, le président Michel Aoun a réagi de manière très pragmatique, efficace et surtout très sage. Toutes les composantes politiques et religieuses du pays se sont ralliées au Président et autour de la politique qu’il a suivi suite à cette démission.

Libnanews – Pensez-vous qu’il y aura la guerre ?

Fouad Abou Nader – Tout peut arriver mais actuellement, les ingrédients pour une guerre ou une déstabilisation sécuritaire, ne sont pas réunis. Le seul souci actuel est d’ordre économique et c’est là où le bât blesse ! Surtout dans un pays de 4,5 millions d’habitants qui supporte le poids de près de 3 millions de réfugiés syriens, palestiniens et irakiens !