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Penser Liban avant nos communautés

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À juste titre, le monde finit par nous considérer comme des naïfs, voire comme des ignorants. On annonce et confirme un cessez-le-feu, tandis que les destructions, les raids et l’effacement de villages entiers se poursuivent sous nos yeux.

Et pourtant, nous demeurons incapables de réagir, de dénoncer ou même de nommer clairement ce qui se passe autour de nous. Au nom d’une prétendue “volonté de vivre”, nous acceptons dans une forme de résignation et de déni la disparition progressive de notre pays, jusqu’à tolérer l’idée qu’une partie du Liban — notamment le Sud — puisse ne plus exister comme avant.

Notre peuple est profondément désuni, et cette division constitue la plus grande force de nos ennemis.

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À celles et ceux qui se taisent, qui acceptent ou choisissent de détourner le regard, quelques questions méritent d’être posées :

  1. Que feriez-vous si le Nahr Litani s’appelait demain Nahr el-Kalb ou Nahr Ibrahim ?
  2. Quelle serait votre réaction si Bint Jbeil, Khiam ou Nabatieh étaient remplacées par Jounieh, Jbeil, Amchit ou Batroun ?
  3. Accepteriez-vous que vos régions soient menacées de disparition ou de découpage géographique, ou prendriez-vous les armes pour défendre votre terre, votre mémoire et votre histoire, comme cela s’est produit en 1975, sans même consulter le peuple ?

Oui, les responsabilités sont nombreuses et partagées. Oui, les acteurs du conflit sont multiples. Mais au bout du compte, il n’existe qu’un seul ennemi commun.

Notre devoir, en tant que citoyens libanais et patriotes, est de défendre ces 10 452 km² que chacun évoque dans ses discours, de nous unir autour de cette terre, puis de régler nos différends internes loin de toute ingérence étrangère.

Il est temps de penser avant tout en Libanais, et d’arrêter d’entraîner les citoyens dans des analyses stériles et des divisions sans fin.

Si, dès le départ, nous avions appris à penser “Liban” avant de penser “chrétien, chiite, sunnite ou druze”, si nous avions su séparer l’État de la religion, si nous avions éduqué nos enfants dans l’esprit de la citoyenneté plutôt que dans celui des appartenances confessionnelles, peut-être aurions-nous pu bâtir un pays où l’on regarde l’autre comme un compatriote, et non à travers le prisme de sa confession ou de sa région.

L’heure est grave. Le dernier outil démocratique qu’il nous restait — les élections législatives — a été reporté sous prétexte de sécurité, laissant davantage d’espace à l’enracinement des divisions, de la haine et de l’absence de citoyenneté.

Le Liban ne pourra jamais survivre dans une logique de “vainqueur” et de “vaincu”. Nous le savons tous depuis plus d’un demi-siècle.

Respectons-nous nous-mêmes et cessons d’offrir à l’étranger les armes qui servent à nous détruire. Au contraire, rassemblons-nous autour du Liban, essayons de comprendre l’autre, et à ceux qui continuent encore d’accuser unilatéralement, rappelons simplement les questions posées plus haut.

L’histoire se répète, différemment peut-être, mais avec le même fond. Apprenons du passé, relisons notre histoire afin de construire enfin notre avenir.

Et moi, citoyen libanais de Tyr, fier de l’être, je refuse encore de croire qu’il soit trop tard. Peut-être est-ce de l’optimisme… mais c’est aussi une nécessité.

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Fouad Salha
Fouad Salha
Economiste de formation, Fouad A Salha est l’auteur de plusieurs articles et opinions allant de la politique aux problèmes sociaux. Citoyen libanais et fier de l’être, il est actuellement membre du mouvement de la citoyenneté œuvrant pour la promotion des droits et respects du citoyen, de la démocratie et de la réforme

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