#Liban/#Taxes: Des milliers de manifestants dans la rue ce dimanche

Plusieurs milliers de manifestants venus des différentes régions libanaises se sont rendus au centre-ville de Beyrouth à l’appel d’une alliance hétéroclite pour protester contre l’adoption par les autorités politiques d’un ensemble de nouvelles taxes et de hausse de celles existantes visant à financer la hausse des salaires des fonctionnaires.

Fait marquant de ce dimanche, le premier ministre libanais Saad Hariri s’est adressé aux manifestants pour leur promettre de mettre fin à la corruption gangrénant les administrations publiques . Protégé par ses gardes gardes du corps et son convoi blindé sorti pour l’occasion du siège gouvernemental du Grand Sérail, il a été pris à parti par des jets de bouteilles d’eau et de divers projectiles par la foule. Depuis Twitter, Saad Hariri a également appelé les manifestants à constituer un comité en vue d’entamer des discussions.

Les incidents se sont déroulés alors que les autorités libanaises discutent actuellement d’une série de mesures fiscales et budgétaires visant à financer une hausse des salaires de la fonction publique à hauteur de 800 millions de dollars. La hausse de la TVA qui passe de 10% à 11% a déjà été adoptée par le Parlement Libanais alors que des discussions sur la hausse des taxes visant les alcools, le tabac, l’essence, le mazout ou divers sources financières sont toujours à l’ordre des discussions.

Les manifestants mettent en avant que ces hausses ne seraient pas nécessaires si les autorités politiques entreprenaient une lutte réelle contre la corruption des institutions publiques. Un rapport de l’ONG Transparency Internationale aurait ainsi estimé que le Pays des Cèdres se trouve au 136ème rang mondial concernant la corruption alors qu’un consensus d’experts économiques estiment que jusqu’à 3 milliards de dollars seraient détournés.

Une adoption de mesures fiscales de plus en plus difficile

La dénonciation des nouvelles mesures fiscales semble recueillir d’avantage d’opposition de la part de ténors politiques dont certains sont pourtant membres de la coalition d’union nationale présente au Gouvernement

Le Président de la Chambre, Nabih Berry, a ainsi estimé dans les colonnes du quotidien arabophone An Nahar publié ce lundi, que l’approbation du Parlement devrait se faire après l’adoption d’une nouvelle loi électorale qu’il considère plus urgente. Nabih Berry avait accusé, le 18 mars dernier, « la mafia des banques » d’être à l’origine des blocages visant l’adoption des mesures de hausse des salaires publics en raison des mesures visant l’instauration de nouvelles taxes sur les revenus de ces établissements financiers.

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a de son coté noté que l’adoption de ces mesures fiscales ne sont pas nécessaires pour financer la hausse des salaires de la fonction publique, estimant par ailleurs que de nouvelles ponctions fiscales ne doivent pas être imposées sur les personnes financièrement les plus vulnérables.

Il y a 2 jours, le dirigeant des Forces Libanaises, Samir Geagea, a décidé de son côté de geler son approbation des nouvelles taxes en raison des circonstances actuelles et indiqué que son parti fera de nouvelles suggestions à ce sujet.

Le parti Kataëb, par l’intermédiaire de son Président, le Député Samy Gemayel a appelé le gouvernement à lutter contre la corruption qui détournera jusqu’à 4 milliards de dollars selon lui au lieu d’imposer de nouvelles taxes visant à paupériser la population.

Crédit Photo: Dalati & Nohra

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