La réunion entre le Président de la Chambre Nabih Berri et le premier ministre désigné Saad Hariri. Crédit Photo: Parlement Libanais
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Un nouveau différend serait apparu au cours des dernières heures entre le Premier Ministre désigné Saad Hariri, le Hezbollah et le Mouvement Amal qui avait déjà obtenu le ministère des finances.

Si Saad Hariri souhaite former un gouvernement réduit à 18 ministres, le duo chiite réclamerait la constitution d’un nouveau cabinet formé de plus que 20 ministres. Ce nouveau développement pourrait retarder – encore une fois – la formation du prochain gouvernement alors que certaines sources avaient annoncé son avènement pour ce dimanche ou lundi.

Il s’agirait, pour le Hezbollah et le mouvement Amal, d’obtenir un portefeuille ministériel au Parti Démocratique Libanais de Talal Arslan, imposant de fait, une égalité du nombre de ministres avec le Parti Socialiste Progressiste de Walid Joumblatt, son adversaire sur la scène druze.

Cependant, Walid Joumblatt, proche de Saad Hariri et de Nabih Berri, pourrait ne plus se contenter alors d’un seul ministère et exiger d’autres portefeuilles en plus de celui de la Santé déjà obtenu suite à un compromis avec le Hezbollah.

La présidence de la république, le Général Michel Aoun, pourrait également demander de nouveaux ministères afin de continuer à peser lors des conseils de ministres et cela conformément à la constitution libanaise si le nombre de portefeuilles a été augmenté.

Le Liban est sans gouvernement depuis le 10 août dernier, après la démission du cabinet Hassan Diab suite à l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août. Le 31 août, Mustapha Adib a été nommé Premier Ministre à l’issue des consultations parlementaires obligatoires menées par la Présidence de la République. Cependant, la formation d’un nouveau gouvernement bute sur l’attribution du ministère des finances, ministère clé pour la mise en place du programme de réformes économiques exigées par la communauté internationale et nécessaire face à la crise que traverse le Pays des Cèdres.

Ainsi, le Hezbollah et Amal exigent que ce portefeuille ministériel soit attribué à l’un de leurs membres, ce que refusent les autres partis politiques qui demandent en retour, une rotation des portefeuilles ministériels régaliens.

La France s’est, par ailleurs, fortement impliquée dans le dossier libanais, le président de la république française Emmanuel Macron devenant même le porte-parole de la communauté internationale suite à sa visite le 6 août 2020 deux jours après l’explosion du port de Beyrouth. Il a rappelé que le déblocage de l’aide internationale reste conditionné à la fin des importants détournement de fonds par les responsables de partis politiques ou encore au sein des administrations libanaises.

Le 8 octobre 2020, l’ancien premier ministre Saad Hariri se déclare candidat à ce poste après avoir indiqué faire des concessions au sujet de l’attribution du portefeuille des finances qui devrait ainsi revenir au candidat soutenu à la fois par le Hezbollah et le mouvement Amal.

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