Patrimoine Libanais : Monsieur le Président, Pourquoi ce silence ?

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“Monsieur le Président,
Fils du Liban, élu père de la Nation,
Mon bien aimé le Président de la République Libanaise Mon bien aimé Président, garant de notre patrimoine.

Comment ne pas vous adresser une lettre quand il s’agit de l’unique être capable de nous rassurer… Encore une fois, à travers frontières je m’adresse à vous.
Car les échos d’un conflit violent la liberté d’expression .
Je suis loin de votre quotidien
Mais vous êtes au cœur du mien, au cœur de mes soucis… Et vous êtes mon seul espoir l’unique personne chez qui je trouverai réponse.
Vous fils du Liban, fils du Cèdre, enfant du pays, élu père de la Nation Vos responsabilités sont lourdes certes, mais votre présence à la tête du Liban garantie encore sa souveraineté.

Mon Président, je n’ai que vous comme messe au quotidien.
Vous, le cierge que j’allume tous les soirs pour préserver la paix dans mon pays natal.
Vous, l’appel à la prière que je lance tôt dès l’aurore espérant que ma voix puisse trouver refuge dans votre palais présidentiel,
Je vous implore, Intervenez, Monsieur le Président, dites-leur quelque chose
Évitez à vos fils une nouvelle déchirure.
Deux fils du même sang… sont encore en désaccord

Je vous écris avec des mots simples, des mots du cœur, ceux d’une mère, ceux de l’amour, l’amour qui pardonne, puis laisse faire … l’amour qui unit puis désunit Je vous implore avec des mots simples, ceux du cœur, ceux d’une femme, une femme qui aime.
Les fils d’une ville unique, ville de la méditerranée, se disputent entre eux

« Port ou carrière à Beyrouth »,
Ville glorieuse du passé, son amour envahit et aveugle.
Au nom de l’amour, cette ville,
ma ville natale est aimée et mille fois humiliée… Au nom de la gloire, ma ville natale est bercée et mille fois torturée…

Monsieur le Président, le monde entier nous regarde… Le monde entier est inquiet Et le monde entier nous envie pour le trésor du pays… Notre patrimoine dans tout cela ?

Chaque jour dans ce monde une ville, un patrimoine se font sacrer.
Toutes les villes osent demander protection Et Beyrouth, ville de fierté, elle est offensée.
Beyrouth ? Pas seulement, les autres aussi.
Les monuments de nos ancêtres et notre terre que deviennent-ils ?

J’ai mal, Monsieur le Président,
de voir Beyrouth si mal humiliée…
J’ai mal, Monsieur le Président, de voir ma ville, si mal dépouillée… J’ai mal, Mon Président bien aimé, de voir mon pays si mal aimé…

Monsieur le Président, « Port ou carrière » Faites intervenir les experts Et tranchez avec les fils de la nation…

Deux fils de la nation, s’y opposent.
L’un pour l’histoire, l’autre pour une tour.
L’un fouille les entrailles de Beyrouth pour rebâtir son futur
Et l’autre défend ces trouvailles pour consolider son retour
L’un aimerait lui offrir des robes de lumières et d’étincelles
L’autre aimerait dépoussiérer et éclairer sa fière chandelle
L’un homme d’affaire, L’autre homme du peuple, homme d’art et d’histoire.
Deux amours pour une seule mère, unique mère… Que faire ?

Le cœur se balance entre les deux…
Et ne peut trancher ni pour l’un ni pour l’autre.
Deux fils, deux clans, qui réclament chacun à leur manière, Redonner à leur mère, gloire et lumière.

Mon bien aimé le Président, Permettez-moi ces mots

En vous écrivant l’espoir renaît
Et le cierge que j’allume tous les soirs en votre nom
Éclaire ma foi, ma foi en vous…
Mon appel à la prière de l’aurore et ma messe du soir portent votre nom comme seul garant de l’unité des fils de mon pays.
Quand ce n’est pas la guerre, guerre des frontières, guerre meurtrière
C’est la guerre des intérêts qui s’impose
Je m’adresse à vous
Car l’amour d’une mère ne suffit plus pour ramener la paix au foyer.
Le dialogue est rompu…
Alors, vous à qui s’adresse mes prières…
Vous à qui mes cierges se consument
Venez à mon secours, à leur secours
Des enfants gâtés par la générosité de l’histoire ne savent plus s’arrêter…

Et Beyrouth dans tout cela ?
Au nom de sa gloire, ses fils l’enfoncent encore… Ville glorieuse du passé, son amour envahit et aveugle Aux yeux du monde entier.

Monsieur le Président,
Oh combien suis incapable de comprendre ce qu’il nous arrive
Dialogue de sourds, dialogue stérile
C’est dur de trouver les mots qui rassurent.
Père de la Nation, fils du pays,
Laissez parler votre cœur, Parlez- leur

Monsieur le Président de la République, Ne nous laissez pas dans l’incompréhension….
« Port ou carrière »
Faites intervenir les experts
Et comme dit l’un des fils du Liban, dans l’une de ses chansons :
بيّك موصّيلك قبل ما مات بلادك صلا للحب صلّيها… و كلّ شبر بنذر من لبنان أرضك لابنك بس خلّيها…
« Ton père t’a recommandé avant sa mort, ton pays comme prière» Chaque empan est un vœux, ta terre, pour ton fils, réserve la »

Par Jinane Chaker Sultani Milelli
Libnanews

Crédits Photos : Francois El Bacha (avec son aimable autorisation)

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