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L’Armée Libanaise indique avoir retrouvé 4.35 tonnes de matières explosives à proximité du port de Beyrouth, près d’un mois après l’explosion du 4 août 2020.

Pour l’heure, on ignore quelle est la nature de ces matériaux explosifs découverts.

Ce matin déjà, le directeur par intérim du port de Beyrouth avait évoqué la découverte de plusieurs containers stockés depuis plusieurs années et remplis de matière explosive dans le port de Beyrouth, cette fois-ci.

Il avait alors demandé à la douane libanaise de retirer ces containers et indiqué souhaiter porter plainte contre leurs propriétaires accusés d’avoir abandonné des matières dangereuses. Il a également fait allusion à la responsabilité des agences sécuritaires, soulignant que la douane disposait d’un permis de destruction au bout de 6 mois de stockage, ce qu’elle n’a pas effectué.

Pour rappel, l’explosion de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, équivalents à 600 tonnes de TNT, dans l’enceinte du port de Beyrouth avait dévasté les installations portuaires et une grande partie de la capitale libanaise. Ces substances avaient été entreposées dans le port depuis l’arraisonnement, par les services libanais, d’un navire-poubelle battant pavillon moldave en 2013.

La marchandise avait ensuite été transbordée à l’intérieur du hangar 12 du port situé à proximité des silos à blé, en 2014.

Suite à un incendie dont l’origine reste pour l’heure à déterminer, une gigantesque explosion s’était alors produite. Elle aurait ainsi causé un cratère de 110 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique, le dimanche 9 août, une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

Selon le dernier bilan actuel, le ministère de la santé indique que 191 personnes sont décédées, 3 personnes toujours portées disparues et plus de 6 500 personnes ont été blessées dans l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et une grande partie de la capitale libanaise. 300 000 personnes seraient également sans logement des suites de cette explosion.

Les dégâts seraient estimés entre 10 milliards à 15 milliards de dollars.

Le point sur l’enquête

Pour l’heure, 25 personnes seraient actuellement détenues dans le cadre de l’enquête concernant cette explosion. Parmi eux, le directeur du port de Beyrouth, Hassan Koraytem, ainsi que le directeur des services de la douane libanaise Badri Daher, tous 2 mis en examen par le juge d’instruction Fadi Sawwan, en charge de l’enquête.

Au total, plusieurs responsables sécuritaires et du port de Beyrouth ont ainsi été arrêtés.

Certaines sources soulignent que les différents partis politiques libanais s’étaient partagés les revenus du port de Beyrouth , rendant difficile actuellement de connaitre les responsabilités de chacun dans cette explosion.

Plusieurs partis politiques, de la majorité comme de l’opposition, souhaiteraient également conclure de manière rapide l’enquête étant impliqués dans différents trafic qui ont lieu depuis ou vers le port de Beyrouth. Ils souhaiteraient ainsi éviter à ce qu’on puisse découvrir le degré d’implication de chacun et des violation sécuritaires nécessaires à la poursuite de ses trafics. 

Aussi, des responsables sécuritaires avaient prévenu les autorités politiques à plusieurs reprises au cours des dernières années, les autorités judiciaires n’ont pas décidé de la mise en oeuvre des mesures de transfert nécessaire de la cargaison.

Certaines sources proches du dossier soulignent également la responsabilité de plusieurs administrations dans le port de Beyrouth, d’autant que de hauts responsables étaient informés du danger posé par le stockage de manière inadéquate de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis 2014.

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