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Plusieurs douzaines de plaintes auraient été déposées devant les cours de justice libanaises par des personnes exigeant de pouvoir retirer leurs fonds déposés auprès des banques libanaises, note le quotidien saoudien Asharq al-Awsat

Ces plaintes font suite à un premier jugement déposé en novembre devant le juge des affaires urgentes de Nabatiyeh au Sud du Liban Ahmed Mezher qui avait ordonné le versement de 129 000 euros à une plaignante sans délai, faute de quoi, la banque Byblos devait payer des indemnités journalières de 20 millions de livres libanaises.

La cour de justice de Nabatiyeh a également pris une décision similaire, il y a 2 semaines, demandant le versement immédiat de la somme de 400 000 euros de la part d’un établissement non nommé. D’autres plaintes ont également été déposées à Beyrouth, au Mont-Liban ou encore dans la Békaa, inquiétant les banques libanaises toujours affaiblies par une importante crise de liquidité et qui auraient souhaité que ces informations ne puissent pas être rendues publiques.

Pour rappel, les établissements bancaires libanais, via une décision de l’Association des Banques du Liban (ABL) ont instauré début novembre, un contrôle des capitaux avec une limite de retrait officiellement de 1 000 USD/semaine, généralement seulement de 200 USD/Semaine, et une une interdiction de transférer les fonds à l’étranger, en raison d’une importante crise de liquidité. Ces mesures sont considérées cependant comme illégales par les experts judiciaires, indiquant que seules la Banque du Liban (BDL) ou les autorités libanaises elles-mêmes peuvent prendre une telle décision et qu’il s’agit d’une rupture unilatérale du contrat entre les banques et leurs clients sans qu’ils aient informé leurs clientèles et mis en place des délais d’application.

Les banques libanaises sont également sujettes à de nombreuses critiques pour avoir investi une grande partie de leurs actifs dans les bons du trésor et les obligations d’état libanais dont les notations ont été dégradées par les principales agences au Monde comme Fitch, Moody’s ou Standard & Poor’s, un état déjà fortement endetté. Son taux d’endettement atteint en effet 154% par rapport au PIB alors que nombreux sont désormais ceux qui craignent une dévaluation de la livre libanaise, une restructuration de la dette publique et une décote des comptes bancaires.

Par ailleurs, la mobilisation a été encore encouragée par le risque de dévaluation de la livre libanaise, le taux de change officieux ayant dépassé le taux de 2 000 LL/USD contre 1511.5 LL/USD au taux de change officiel.

Depuis la nuit du 17 au 18 octobre, de nombreuses manifestations ont visé les établissements bancaires mais également la Banque du Liban (BDL) et son gouverneur, Riad Salamé, tous accusés de malgérance de ce secteur d’activité. De nombreuses sources évoquent également une possible faillite d’établissements bancaires majeurs au Liban.

Les spécialistes du secteur notent également que la Banque du Liban (BDL) pourrait voir ses réserves monétaires s’effondrer d’ici la moitié de l’année 2020 alors que de nombreuses interrogations se font désormais entendre sur le montant exact des réserves monétaires nettes qu’elle détient.

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