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C’est par un communiqué que le mouvement Amal condamne les sanctions américaines annoncées dès hier soir, visant notamment le bras-droit du président de la chambre des députés et ancien ministre des finances, Ali Hassan Khalil.

Il s’agit, selon le mouvement Amal d’une mesure qui ne vise pas une personne qui a occupé une position ministérielle mais d’une mesure visant la souveraineté du Liban.

Ces sanctions, note le communiqué, ne changeront pas “les convictions et les principaux nationaux et patriotiques”.

Pour rappel, le département américain au trésor a annoncé hier, la mise en place de sanctions visant l’ancien ministre des Finances Ali Hassan Khalil, ainsi que l’ancien ministre des travaux publics Youssef Fenianos. Ils sont tous les 2 accusés d’avoir mené des opérations financières avec le Hezbollah et d’avoir également utilisé leurs fonctions de ministres pour percevoir illégalement certaines commissions.

Ali Hassan Khalil était ministre des finances du gouvernement Tamam Salam puis des gouvernements Hariri de février 2014 jusqu’au 29 octobre 2019. Le communiqué accuse Ali Hassan Khalil d’avoir été soutenu par le Hezbollah et exempté le mouvement chiite du paiement de certaines taxes.
Par ailleurs, il est également accusé d’avoir sollicité des pots-de-vins et un pourcentage des contrats signés par le gouvernement.

En tant que ministre des Finances, Khalil était l’un des responsables avec lesquels le Hezbollah a mis à profit une relation pour obtenir un gain financier. Fin 2017, peu de temps avant les élections parlementaires libanaises qui auraient lieu en mai 2018, les dirigeants du Hezbollah, craignant un affaiblissement de leur alliance politique avec le mouvement Amal, ont conclu un accord avec Khalil où il était prêt à recevoir le soutien du Hezbollah pour son succès politique. . Khalil a travaillé pour déplacer de l’argent d’une manière qui éviterait les États-Unis. l’application des sanctions des ministères du gouvernement aux institutions associées au Hezbollah. De plus, Khalil a utilisé son poste de ministre des Finances pour tenter de faire en sorte que les États-Unis les restrictions financières imposées au Hezbollah ont été assouplies afin que le groupe ait moins de difficultés à transférer de l’argent. Khalil a également utilisé le pouvoir de son ministère pour exempter une filiale du Hezbollah du paiement de la plupart des taxes sur les produits électroniques importés au Liban, et une partie de ce qui a été payé a été collectée pour soutenir le Hezbollah. À la fin de 2019, Khalil, en tant que ministre des Finances, a refusé de signer les chèques à l’ordre des fournisseurs du gouvernement dans le but de solliciter des pots-de-vin. Il a exigé qu’un pourcentage des contrats lui soit payé directement.

Quant à Youssef Fenianos, il avait rejoint le gouvernement de l’ancien premier ministre Saad Hariri en 2016 jusqu’en 2019 également. Il est accusé d’avoir perçu du Hezbollah plusieurs centaines de milliers de dollars du Hezbollah et d’avoir accordé au mouvement chiite un accès à des documents sensibles du TSL.

Il est également accusé de corruption alors qu’il était ministre.

Yousuf Finyanus est l’ancien ministre des Transports et des Travaux publics (2016-2020). À la mi-2019, le Hezbollah a utilisé ses relations avec des responsables du gouvernement libanais, y compris Finyanus en tant que ministre des Transports et des Travaux publics, pour siphonner des fonds des budgets gouvernementaux afin de garantir que les entreprises appartenant au Hezbollah obtiennent des soumissions pour des contrats du gouvernement libanais d’une valeur de millions de dollars. . En 2015, le Hezbollah a donné à Finyanus des centaines de milliers de dollars en échange de faveurs politiques. Toujours en 2015, Finyanus a rencontré régulièrement Wafiq Safa, que les États-Unis d’Amérique Trésor désigné en 2019 pour son rôle de leader dans l’appareil de sécurité du Hezbollah. Finyanus a également aidé le Hezbollah à avoir accès à des documents juridiques sensibles liés au Tribunal spécial pour le Liban et a servi d’intermédiaire pour le Hezbollah et ses alliés politiques. En plus de ses activités de soutien au Hezbollah, Finyanus s’est engagé dans la corruption alors qu’il était ministre des Transports et des Travaux publics en détournant des fonds du ministère pour offrir des avantages pour renforcer ses alliés politiques.

Les responsables américains avaient, à plusieurs reprises, annoncé que le prochain train de sanctions concerneraient des personnalités chiites ou autres alliés du Hezbollah. Washington semblerait ainsi souhaiter lancer un appel aux dirigeants des mouvements Amal et Marada qui pourraient être également menacés de sanctions économiques, le cas échéant.

Ces sanctions pourraient également concerner des personnes activement impliquées dans des activités liées à la corruption, avait indiqué le sous-secrétaire d’état américain en charge du Proche Orient, David Schenker en déplacement la semaine dernière au Liban.

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