2013, M. l’ancien ministre de l’Energie, Gebran Bassil inaugure la construction du barrage de Janna, dans la vallée de Nahr Ibrahim, se situant juste au-dessus de TROIS failles sismiques actives et qui courra le risque de se transformer en bouchon de champagne à la première secousse sismique.

Octobre 2013, ce même ministre inaugure la construction du barrage de Hammana juste au-dessus d’une faille sismique très active faisant fi des mises en garde des scientifiques et mettant ainsi en danger la vie future de centaines de citoyens.

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Faudrait-il rappeler à notre actuel ministre de l’Energie, M. Nazarian, que :

– Le 12 mai 2008, un séisme de magnitude 7,9 sur l’échelle de Richter a fait plus de 80000 morts dans le Sichuan, au centre-ouest de la Chine. Le barrage, situé à 5,5 km de l’épicentre du tremblement de terre et à près d’un kilomètre du système de failles a craqué. Deux experts de l’administration chinoise des séismes expliquaient, dans leur rapport, que le poids de l’eau du réservoir et les infiltrations avaient «clairement affecté l’activité sismique de la région». Fan Xiao, du Sichuan Geology and Mineral Bureau, chargé d’enquêter sur les causes du séisme, avait estimé que la pression exercée par l’eau du barrage avait été un facteur clé dans le déclenchement du tremblement de terre.

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– Le barrage de Hoover dans le Colorado: Les sismologues ont recensé à ce jour une douzaine de secousses de magnitude 3 à 6 provoquées par les installations hydrauliques.  La raison: au fur et à mesure que le réservoir se remplit, le poids de l’eau exerce une pression sur la terre, ce qui provoque des changements dans la charge de stress et une augmentation de l’activité sismique.

– Le barrage de Malpasset a été  construit en 1954 sur le fleuve côtier « le Reyran » sur un substratum schisteux ; il était donc prévu que l’eau puisse s’infiltrer dans la schistosité. Mais ces infiltrations, vu le pendage de la schistosité, ne devaient théoriquement prêter à aucune conséquence. Mais des études géologiques insuffisantes n’avaient pas détecté la présence d’une faille profonde recoupant cette schistosité. L’eau sous pression arrivant par la schistosité a pu pénétrer le long du plan de faille, et la forte pression de l’eau a eu tendance à écarter les 2 compartiments de part et d’autre du plan de faille. Le compartiment supérieur, désolidarisé du comportement inférieur, s’est décollé sous la moitié Sud-Est du barrage, et tout le substratum Sud-Est du barrage a pivoté, et est « parti », emportant avec lui la moitié orientale de la muraille du barrage, qui s’est évidemment rompue. (Wikipédia).Capture d’écran 2014-10-13 à 13.24.45

–  Le barrage des Trois-Gorges, sur le fleuve Yang Tse, au centre de la Chine qui était vanté pour son poids dans la production hydroélectrique du pays a été remis en cause par les autorités chinoises, dans un récent communiqué. Celles-ci ont, pour la première fois, reconnu que le plus grand barrage du monde avait causé de nombreux et sérieux problèmes environnementaux, sociaux et économiques. Premier chef d’accusation : les catastrophes naturelles. Dans son communiqué, le gouvernement chinois a reconnu que la création du réservoir avait accru la fréquence des séismes, l’accumulation d’une trop grande quantité d’eau dans le réservoir augmentant les risques de glissements de terrain et de tremblements de terre.

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Capture d’écran 2014-10-13 à 13.26.43 Selon les constatations de la Commission mondiale des barrages (CMB) : on observe une «incapacité constante et systématique à évaluer le potentiel d’impacts négatifs des barrages ». Les études de faisabilité existantes sont loin de cerner toutes les facettes de ce type d’ouvrages et de tenir compte de tous les facteurs de risque dont la facette la plus dangereuse est: « fichés dans les vallées des cours d’eau, les barrages, lestés de l’énorme poids de l’eau qu’ils retiennent, déforment la croûte terrestre et envoient des ondes sismiques périodiques» (sic).

D’autre part, les scientifiques du monde entier ont démontré que certaines activités comme l’exploitation des mines ou des puits de pétrole et la construction de barrages peuvent déclencher un tremblement de terre en modifiant le poids que supportent les plaques tectoniques, en jouant le rôle de bouchons au-dessus des failles ou en lubrifiant les joints qui se trouvent entre elles.

Alors que les barrages soulèvent des interrogations au sein même de l’Europe et que les règles de prévention sécuritaires antisismiques sont appliquées de plus en plus partout dans le monde quant au choix du lieu de construction (par exemple en amont, loin des failles),  nos deux derniers ministres à l’Energie (se sont) et s’obstinent à la construction de barrages faisant fi des enjeux humains, économiques et environnementaux tandis que la gestion des risques est quasi impossible à appliquer sinon par l’arrêt immédiat de leur construction.Capture d’écran 2014-10-13 à 13.27.50

Messieurs les Ministres, le Liban encourt des risques majeurs (nature des sols et failles sismiques) dans la construction de ces barrages. La science actuelle ne nous permet ni d’obtenir une étanchéité totale afin d’empêcher les infiltrations ni de défier impunément les mouvements sismiques des failles. Il est donc grand temps de revoir vos copies et de déplacer leur construction ailleurs que sur des failles sismiques si vous ne voulez pas entrer dans nos livres d’histoires sous le titre de « grands criminels ».

Claudia Preti

Vice-Présidente Machrou’ Watan/ Nation Initiative