Après 5 mois de gestation, le gouvernement Mikati a vu le jour le 14/06/2011. Quoi en attendre ?

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Dr Riad JREIGE – Montpellier – 20/06/11 – Bien que nécessaire pour certains, palliant le dysfonctionnement des institutions, la corruption généralisée  ne justifie pas à nos yeux de continuer sur cette voie, rognant tous les jours un peu plus, l’économie du pays.

Les prélèvements « illégaux », fruit d’une corruption intrinsèque,  empêchent les institutions d’en être les destinataires ; ces entrées non perçues auraient permis d’entreprendre les missions de ces dites institutions. Leur restauration est donc nécessaire pour une gestion saine des ministères

Il faudra arriver à établir un programme de travail pour restaurer un fonctionnement optimal des ministères. Rien ne se fera ni en un jour ni en un mandat mais des objectifs réalistes doivent émerger. Ce qui suppose un état des lieux préalable en plus d’un diagnostic de l’existant. C’est quelque chose qui doit être pensé bien avant d’être nommés, par les hommes et les femmes susceptibles d’être en charge de tels dossiers.

Puisque au Liban aujourd’hui la scission existe entre le 8 et le 14 mars, eh bien, il faut que chacun des 2 groupes parlementaires ait une vision et un programme de travail clairement définis ainsi qu’un groupe de spécialistes qui réfléchissent chacun dans son domaine public avec une vision, un diagnostic et un programme de réformes.

Nous ne nous attendons pas à ce que les visions et les programmes de réforme soient identiques aux 2 camps. Car auquel cas, ce serait l’unité du pays dans au moins le domaine du diagnostic (du dysfonctionnement)  et peut être dans le comment réformer. Nous pensons qu’il n’ y a pas plusieurs façons pour réformer les institutions et l’état.

Aussi nous pensons que selon leurs compétences, les fonctionnaires doivent pouvoir prétendre à un salaire décent et satisfaisant. Il s’agit là d’une nécessité pour empêcher toute recherche de profit supplémentaire qui a été facilitée et encouragée par la corruption.

Les ministres et les hauts fonctionnaires se doivent d’être non seulement des politiciens exemplaires représentant leurs communautés respectives mais aussi et surtout quelque part des technocrates, c’est-à-dire des spécialistes dans leur domaine dont la mission est de réaliser un travail ciblé pour lequel ils sont payés.

Le fait le plus flagrant étant la nomination de Talal Erslane au poste de ministre d’état, pour satisfaire les besoins d’équilibre communautaire, sans aucune mission puisque sans portefeuille. Nous comprenons parfaitement son attitude mais ne comprenons pas celle du Premier ministre qui l’a nommé.

Le but de l’émir Erslane n’est pas de s’assurer le pouvoir mais de se donner les moyens d’y arriver pour réaliser de grandes choses.

Les gens compétents doivent être mis à des postes de responsabilités. Et si le ministre nommé, pour des considérations communautaires, n’est pas compétent, il est primordial qu’il soit entouré de fonctionnaires compétents dans un ministère avec un nom. L’avenir économique, sociologique, de santé publique, éducatif, sécuritaire du Liban en dépend.

Les recettes tout comme les dépenses de l’état doivent être des données claires. La transparence dans ce domaine doit faire parti du paysage politique libanais. Les administrés sont capables de comprendre, dès lors que l’on s’attelle à leur expliquer de manière honnête, cohérente et intelligible les choses. Tout le monde fera l’effort nécessaire (impôt)  pour combattre la corruption.

Des chantiers de réforme existent à la pelle. En voici, quelques exemples:

-L’eau potable en continu dans tous les foyers

-L’électricité publique en continu dans tous les foyers et non par des générateurs privés

-La téléphonie publique dans tous les foyers et la téléphonie privée à un prix abordable et raisonnable pour tous

-L’infrastructure des villes et villages du Liban à débuter ,et surtout  celle de Beyrouth qui pourtant a un bel aéroport et un « down town » d’aspect moderne

– la protection de la santé, les retraites à assurer, …

-L’enseignement public primaire et secondaire conformes à la réalité du Liban

-Le logement en général et celui de la banlieue en particulier

-Les anciens loyers  ne sont pas compatibles et ce depuis très longtemps avec une rénovation de l’existant

Le social un des nombreux domaines laissés pour compte et quelques fois ce sont les partis politiques financés de l’étranger qui s’en chargent.

Est-ce une attitude digne d’un état compétent et indépendant ?

Les dettes colossales contractées par nos anciens politiques « responsables » nous plombent. Pour y remédier, soit nous nous y attelons en mettant en place les réformes qui s’imposent, soit nous attendons une solution économique de l’extérieur ; alors il faut s’attendre à une ingérence politique dans nos affaires.

La dette est un moyen d’ingérence dans nos affaires intérieures.

Nos enfants et petits enfants n’ont pas à subir cette dette et il est prioritaire d’y remédier, comment ? Les ministres doivent trouver la solution. Nous demandons en plus aux ministres en place, soient-ils du 8 ou du 14 mars, de réfléchir dans un esprit de lutte contre la corruption et de restauration de l’état de trouver le moyen à terme de l’éponger. S’il est impossible de le faire, alors le pays est en situation de banque route comme le sont à différents degrés l’Irlande, la Grèce, le Portugal ou l’Espagne. Ces pays européens, qui rappelons-le, ne sortent pas d’une guerre, sont dans une position similaire à la nôtre sauf que nous n’avons pas de l’Europe pour aider à remonter l’économie au prix d’une austérité et d’un effort communs.

Ayant été récemment au musée de l’aviation à Bruxelles en Belgique une phrase écrite m’a attiré l’attention, là voici :

« Un pays qui  se défend s’impose au respect de tous. Ce pays ne meurt pas. »

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1 COMMENTAIRE

  1. bon article, cependant n’utilisez plus cette idee de division entre 8 et 14 mars, puisque l’une des plus importantes constituantes de ce gouvernment ne s’identifie a l’une ni l’autre.Il ne faut pas toujours chercher a trop simplifier.

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