Depuis les incidents de Hamra, les banques libanaises semblent également être devenues les cibles privilégiées des manifestants à côté de la classe politique, quant à elle accusée de corruption, 2 mois après l’instauration par l’association des Banques du Liban (ABL) et non par les autorités monétaires ou politiques, d’un contrôle des capitaux, une mesure que beaucoup d’experts jugent pourtant être illégale.

Et pour cause, face au risque de voir la livre libanaise être dévaluée, elle l’a déjà été officieusement de 53% environ au taux officieux même si le taux officiel reste identique depuis 25 ans maintenant faute d’arbitrage sur la valeur de la monnaie locale, les déposants n’ont plus de choix qui s’offrent à eux: les retraits sont désormais limités, officiellement à 1 000 USD par semaine mais officieusement à 200 ou 300 USD par semaine quelle que soit la somme créditée sur les comptes, et les transferts d’argent vers l’étranger sont également interdits, sauf cas d’urgence… et encore… Nombreux sont ceux qui présentent même des papiers, des demandes de paiement de scolarité pour les études de leurs enfants à l’étranger ou le paiement de frais hospitaliers et qui voient leurs demandes être refusées.

Après des manifestations au sein même des agences et devant la Banque du Liban (BDL), les manifestations se sont encore plus durcies cette semaine, comme en témoignent les incidents qui ont eu lieu dans le quartier de Hamra, entre casseurs et forces de l’ordre. Outre le siège de la Banque du Liban, d’autres sièges de banques privées et des succursales locales d’établissements financiers, même des échoppes d’agents de changes ont été vandalisés.

Mais cela ne concerne pas seulement la capitale. C’est vite oublier les incidents qui ont eu lieu, il y a 2 semaines dans le Nord du Liban, à Akkar, où des tirs de gaz lacrymogènes de la part des forces de sécurité ont visé l’intérieur même de l’agence de la BLOM Bank où s’étaient retranchés des manifestants. L’Association des Banques du Liban avait depuis appelé ses membres à fermer les rideaux dans toute cette région.

C’est oublier les agences bancaires du Tripoli ou de Ras Metn dont une avait été incendiée. C’est également oublier les branches de la Banque du Liban elle-même à Baalbeck, Tyr, Nabatieh, Jounieh, où souvent, quasi de manière quotidienne, des sit-in ont lieu.

Toutes les régions, bien au-delà de l’aspect communautaire ou politique sont concernées par le malaise face à l’effondrement du système financier.

Et pour cause…

Après avoir débuté en visant quasi-exclusivement la classe politique accusée de corruption et d’avoir mené le Liban à la quasi-faillite économique, nombreux sont ceux qui directement ou indirectement ont fini par réaliser qui étaient les principaux bénéficiaires de la dette publique, c’est-à-dire les banques locales qui détiennent une grande partie de la dette publique dont les taux d’intérêt sont élevés.

L’âpreté des forces de sécurité intérieure à défendre les établissements bancaires, notamment après la grève du personnel entre le 17 octobre jusqu’à la reprise des activités bancaires le 30 octobre, et le déploiement de membres des FSI dans les agences mêmes pour faire face au mécontentement de la clientèle de ces banques en complément des services de sécurité privés qui en assuraient jusqu’à présent la protection, puis les révélations faisant état d’un transfert confirmé de 2.5 milliards de dollars à l’étranger et en Suisse plus précisément de fonds par des personnalités du monde politique et des affaires ont nourris le sentiment d’une césure de plus en plus profonde entre un système politique et économique et la population en général.

Cela a désormais désigné le système financier comme cible face aux personnes victimes des troubles socio-économiques que traverse le Pays des Cèdres.

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