À Nabatiyeh, Aoun suspend les négociations avec Israël
Joseph Aoun s’est rendu le 12 septembre 2026 à Nabatiyeh avec les chefs des appareils de sécurité, quelques jours après des frappes israéliennes ayant touché la ville et des institutions publiques. Le président a affirmé qu’il n’y aurait pas de nouvelles négociations avec Israël « pour le moment » et a réaffirmé quatre priorités : retrait, prisonniers, retour des déplacés et reconstruction. Cette visite intervient alors que sa stratégie diplomatique fait l’objet de critiques croissantes au Liban, faute de contreparties israéliennes jugées suffisantes.
Au Liban, plus de 60 % de l’économie échapperait désormais aux circuits déclarés
L’économie non déclarée représenterait désormais plus de 60 % de l’activité au Liban, selon une estimation rapportée par la presse. Derrière ce seuil se dessine une transformation profonde : paiements en espèces, sous-déclaration, commerce informel et recul des entreprises organisées réduisent la base fiscale de l’État. Dans une économie fortement dépendante des importations, cette évolution fragilise aussi les recettes douanières, fausse les statistiques et accentue la concurrence entre acteurs déclarés et circuits parallèles.
Nabih Berri : « L’accord-cadre est tombé »
Nabih Berri livre vendredi 11 septembre l’un de ses diagnostics les plus pessimistes sur la situation libanaise. Le président de la Chambre affirme ne pas être optimiste et considère que « l’accord-cadre est tombé ». Il juge désormais les initiatives diplomatiques à leurs résultats sur le terrain, alors que morts et destructions se poursuivent au Sud-Liban. Berri maintient parallèlement un soutien appuyé à l’armée libanaise, qu’il présente comme une institution fondamentale de la construction de l’État.
Liban : le gouvernement interdit les ventes de biens immobiliers dans les zones occupées
Le Conseil des ministres libanais a approuvé un projet de loi visant à empêcher les ventes et autres actes de disposition immobilière dans les zones du Sud-Liban occupées par l’armée israélienne. La mesure doit protéger les droits des propriétaires alors que certains habitants ne peuvent toujours pas retourner normalement dans leurs villages. Le gouvernement a également avancé sur les logements provisoires, l’Université libanaise, Radio Liban, les déchets et les rémunérations du secteur public.
Sud-Liban : l’école de Mansouri en grande partie détruite
Ce que l’on craignait depuis mercredi s’est produit à Mansouri. Vendredi 11 septembre au matin, les forces israéliennes ont fait exploser la majeure partie de l’école publique de cette localité du caza de Tyr. Cette destruction intervient après 24 heures marquées par des dynamitages de maisons et d’infrastructures, des raids et des tirs d’artillerie dans plusieurs secteurs du Sud-Liban. À Ali al-Taher, une explosion massive a même généré des ondes enregistrées par les stations sismologiques libanaises.
Sud-Liban : l’explosion d’Ali al-Taher secoue Nabatiyé avec un séisme provoqué de 4.1 sur...
Une explosion d’une puissance exceptionnelle a secoué jeudi soir Nabatiyé et sa région lors des opérations de destruction des tunnels d’Ali al-Taher. À 21 h 08, les réseaux sismologiques ont enregistré un signal de magnitude 4,1 à proximité de Nabatiyé. L’événement ne doit pas être interprété comme un séisme naturel : il intervient au moment où Israël procède à la neutralisation du vaste complexe souterrain dont il avait annoncé avoir pris le contrôle opérationnel quelques jours auparavant.
Liban : l’électricité rallume la colère sociale
Au Liban, le recul de l’alimentation d’Électricité du Liban renvoie ménages et entreprises vers les générateurs privés au moment où leur tarif officiel a augmenté de près de 60 % entre février et août 2026. Joe Saddi a engagé des réformes institutionnelles longtemps bloquées, mais EDL doit simultanément absorber un choc sur le gasoil, des impayés publics, des pertes de réseau proches de 40 % et un besoin massif d’investissement. La crise électrique agit désormais comme une taxe privée sur la consommation, l’investissement et la compétitivité.
Port de Beyrouth : le pari des 100 millions de dollars
Le port de Beyrouth lance une extension de son terminal à conteneurs financée par CMA CGM à hauteur d’environ 100 millions de dollars. L’objectif est de porter sa capacité d’environ 1,2 million d’EVP actuellement à près de 3 millions en 2028. Le projet peut renforcer le rôle régional de Beyrouth et ses recettes, mais sa rentabilité dépendra du développement du transbordement, des accès terrestres, de la complémentarité avec Tripoli et des conditions contractuelles accordées à l’opérateur français.
Liban : Gemayel presse l’État sur le désarmement
Le président des Kataëb, Sami Gemayel, a adressé une question parlementaire au gouvernement pour obtenir un état précis de l’application des décisions relatives au monopole des armes. Il demande ce qui a été exécuté, quels obstacles retardent le plan confié à l’armée et quel calendrier l’exécutif s’est fixé. Dans un contexte d’intensification des frappes israéliennes au Sud, Gemayel demande notamment pourquoi le désarmement ne commencerait pas dans les régions qui ne sont pas directement concernées par les combats.
Liban : l’image d’hommes armés ravive les vieux démons
Des images montrant le député Kataëb Nadim Gemayel avec une trentaine d’hommes, dont plusieurs armés et certains masqués, ont provoqué l’ouverture d’une enquête du parquet militaire. Les services de renseignement doivent identifier les participants et vérifier la légalité des armes. Dans un Liban en plein débat sur le monopole étatique de la force et le désarmement du Hezbollah, la séquence ravive aussi une mémoire particulièrement sensible : celle des milices et des démonstrations armées de la guerre civile.
Sud-Liban : les dynamitages israéliens s’intensifient
Les forces israéliennes poursuivent leurs dynamitages et démolitions dans plusieurs localités du Sud-Liban. Mercredi 9 septembre, Mansouri a concentré une campagne particulièrement intense, avec 29 explosions recensées sur une partie de la journée, tandis que d’autres opérations touchaient le Wadi al-Salouqi, Bani Hayyan, Khiam, Tayri et Qantara. L’armée libanaise accuse désormais ces destructions d’empêcher son déploiement, de provoquer de nouveaux déplacements et de compromettre directement le retour des habitants.
Liban : la balance des paiements se retourne
La balance des paiements du Liban affiche un déficit cumulé de 2,319 milliards de dollars à fin juillet 2026, contre un excédent de 8,920 milliards un an plus tôt. Si l’écart de 11,239 milliards est fortement amplifié par la valorisation de l’or dans la nouvelle méthodologie de la Banque du Liban, les autres indicateurs confirment une détérioration : déficit commercial de 8,65 milliards au premier semestre, exportations en recul, importations en hausse et économie attendue en contraction de 6,4 % cette année.
Liban : de nouvelles règles pour les panneaux solaires
Le Liban instaure une nouvelle procédure pour les installations photovoltaïques d’une puissance inférieure à 1,5 MW. Les demandes devront passer par les municipalités ou les caïmacams et comporter notamment des attestations d’ingénieurs en structures et en électricité. Cette réglementation intervient après une croissance spectaculaire du solaire : la capacité photovoltaïque décentralisée est passée de 78 MW en 2019 à environ 1 190 MW en 2024, sous l’effet de l’effondrement de l’électricité publique et du coût des générateurs.
Liban : près de 700 pharmacies menacées de fermeture
Environ 200 pharmacies ont déjà fermé au Liban et près de 700 autres seraient menacées, alors que les officines doivent absorber la hausse de leurs charges, le coût des stocks, la faiblesse du pouvoir d’achat et désormais la progression des paiements électroniques. Au-delà de la rentabilité du secteur, ces fermetures pourraient réduire l’accès aux médicaments dans les régions les moins bien desservies et accélérer la concentration des pharmacies dans les zones urbaines les plus rentables.




















