Le Président de la République, le général Michel Aoun, s’est exprimé ce soir suite aux incidents qui se sont déroulés dans le quartier de Tayyouneh. Pour rappel, 6 personnes ont été tuées et 32 autres blessées par balles lors d’affrontements entre manifestants du mouvement Amal et du Hezbollah et des personnes pour l’heure non identifiés alors que se déroulait un rassemblement en face du Palais de Justice de Beyrouth pour protester contre le mandat d’arrêt délivré par le juge Tarek Bitar à l’encontre de l’ancien ministre des finances Ali Hassan Khalil dans le cadre de l’enquête concernant l’explosion du Port de Beyrouth, le 4 août 2021.

Pour rappel, les ministres chiites du gouvernement appartenant au mouvement Amal et au Hezbollah, appuyés par le mouvement Marada ont même menacé de démissionner si le juge n’était pas retiré du dossier. Le chef de l’état s’est alors vivement opposé ce mardi au cours de la session du gouvernement Mikati III soutenant le juge Tarek Bitar alors que le ministre de la justice Henri Hélou soulignait l’indépendance de l’appareil judiciaire par rapport au pouvoir exécutif, amenant à une suspension de la réunion du cabinet.

Le discours du Président de la République.

Ce dont nous avons été témoins aujourd’hui dans la région de Tayouneh est une scène douloureuse et inacceptable, quelles qu’en soient les causes. Il n’est pas acceptable que les armes reviennent à la langue de communication entre les partis libanais, car nous avons tous accepté de tourner cette page sombre de notre histoire

Mes condoléances vont aux familles des victimes innocentes qui ont été tuées aujourd’hui par les balles de criminels. Nous nous souvenons des jours où nous nous sommes repliés et nous avons dit: vous vous souviendrez de vous et ne vous reviendrez pas.

Ce qui s’est passé aujourd’hui n’est pas acceptable, surtout à l’heure où tout le monde a accepté de recourir à l’Etat de droit et aux institutions. Cet Etat, qui garantit les libertés, notamment la liberté d’expression, doit être le seul, à travers ses institutions, la seule référence valable pour traiter tout problème, désaccord ou objection. 
La rue n’est pas un lieu d’opposition, tout comme l’érection de barricades ou l’escalade de positions qui n’apportent pas non plus de solution. Il n’y a pas de problème pour lequel il n’existe aucune solution. Sa solution n’est qu’à l’intérieur des institutions et aussi à travers la constitution.
(…)
Le pays ne peut tolérer les disputes dans la rue, et a besoin de solutions sereines. Sa place naturelle, ce sont les institutions, au premier rang desquelles le Conseil des ministres, qui doit se réunir, et rapidement. Des contacts ont été pris aujourd’hui avec les autorités concernées. pour remédier à ce qui s’est passé, et surtout pour éviter que cela ne se reproduise, notez que nous ne permettrons pas que cela se produise en aucune circonstance.
Les forces militaires et de sécurité ont et accompliront leurs devoirs de protection de la sécurité, de la stabilité et de la paix civile. Nous ne permettrons à personne de prendre le pays en otage pour ses propres intérêts ou calculs

Le chef de l’état avait précédemment reçu dans l’après-midi le commandant de l’armée, le général Joseph Aoun, qui l’a informé des détails des événements sécuritaires qui se sont déroulés aujourd’hui dans la zone de Tayouneh, et des mesures prises par l’armée pour faire cesser feu et rétablir la sécurité et la stabilité dans la région. Ce dernier l’a également informé des circonstances de l’incident et de l’identité des personnes responsables de celui-ci.

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