Nous publions le discours en intégralité de Saad Hariri annonçant sa démission lors d’une allocution télévisuelle diffusée par la chaîne de télévision Al Arabiya, de son poste de Premier Ministre. Cette chaîne satellitaire a indiqué qu’une de ses sources lui aurait affirmé que le convoi du Premier Ministre désormais démissionnaire aurait subi une tentative d’attentat au début de cette semaine. 


Mes frères et bien-aimés du grand peuple libanais : je m’adresse à vous en ce moment crucial de l’Histoire de notre pays et de la nation arabe, qui vivent dans des conditions tragiques causées par une ingérence extérieure dans ses affaires domestiques .

Vous êtes le peuple d’un grand Liban, avec ses traditions, ses valeurs et son histoire brillante. Vous étiez le phare de la science, de la connaissance et de la démocratie jusqu’à ce que vous deveniez gouverné par des groupes qui ne se soucient pas de votre bien-être. Ils étaient soutenus par des forces externes, qui s’ingéraient au sein de la population et ceux qui souhaitent provoquer un conflit, et forment un gouvernement à l’intérieur d’un gouvernement. Ces forces contrôlent aujourd’hui le gouvernement et obtiennent le dernier mot dans les affaires domestiques locales du Liban et les vies des Libanais.

J’accuse, sans équivoque, l’Iran, de semer la sédition, la dévastation et la ruine, comme attestée par son ingérence dans les affaires internes de la nation arabe au Liban, en Syrie, en Irak, au Bahreïn et au Yémen.
(Elle désire détruire et contrôler de manière irrémédiable) de la nation arabe. Malheureusement, j’ai trouvé face à moi les fils qui se sont alliés [à l’Iran] et ouvertement déclaré leur loyauté envers eux. Ils chercher à retirer le Liban de son environnement arabe et international, et de ses valeurs et ses idéaux. J’accuse le Hezbollah, qui est le bras de l’Iran non seulement au Liban mais aussi dans d’autres pays arabes.

Au grand peuple libanais : au cours des dernières décennies, malheureusement, le Hezbollah est parvenu à imposer un fait accompli au Liban en utilisant la force de ses armes, qu’il prétend détenir uniquement pour la résistance. Leurs efforts visent cependant à libérer nos frères syriens et yéménites, plutôt que les libanais. Je n’ai pas besoin d’énumérer les interventions (du Hezbollah), qui chaque jour nous révèle l’ampleur de la souffrance – non seulement au niveau interne libanais mais aussi en termes de nos relations avec nos frères arabes, et [s’étendant] à la cellule du Hezbollah au Koweït , loin. En conséquence, nous sommes dans l’œil de la tempête, [la cible] des condamnations internationales et des sanctions économiques à cause de l’Iran et de son mandataire local, le Hezbollah. Nous avons tous lu que le chef du régime iranien a souligné que l’Iran contrôle le sort des pays de la région et qu’en Irak, en Syrie, au Liban, en Afrique du Nord et dans le Golfe Arabe, aucun pas décisif ne peut être franchi sans l’Iran – [déclarations] que j’ai dénoncé à l’époque.

Je voudrais dire à l’Iran et à ses partisans qu’ils échoueront dans leur ingérence dans les affaires de la nation arabe. Notre nation se lèvera comme par le passé, et elle coupera les mains qui l’atteindront. Et comme nous vous avions répondu à Bahreïn et au Yémen, nous vous répondrons dans toutes les parties de notre chère nation.

Je vous ai promis, lors de mon entrée en fonction, de rechercher l’unité du peuple libanais, de mettre fin à la division politique et de rétablir la souveraineté du peuple libanais. J’ai souffert pour cela, et je me suis prononcé en faveur du Liban et du peuple libanais. Malheureusement, cela n’a pas changé la position et l’ingérence de l’Iran au Liban.

Oh grand peuple Libanais: l’état de frustration qui prévaut dans notre pays, l’état de fragmentation et de division, la primauté des intérêts spéciaux sur l’intérêt public, le ciblage de la sécurité régionale arabe du Liban et la formation d’entités que nous ne pouvons pas contrôle, ne sont pas acceptés par les Libanais, cela en aucune circonstance.

Nous vivons dans une atmosphère semblable à l’atmosphère qui régnait avant l’assassinat du martyr Rafic Hariri, et j’ai senti que quelqu’un me ciblait.

Basé sur les principes que j’ai hérités du défunt martyr Rafic Hariri et sur les principes de la Grande Révolution du Cèdre, et parce que je ne veux pas laisser tomber les Libanais ou accepter de dévier de ces principes, je déclare ma démission comme Premier ministre libanais. Je suis convaincu que la volonté des Libanais et leur détermination sont plus fortes. Ils sont capables de surmonter ces forces internes et externes. J’espère que le Liban sera le plus libre des pays indépendants, sans aucune autorité à l’exception de son peuple, gouverné par la loi et protégé par une armée et une arme.

Je remercie tous ceux qui ont coopéré et placé leur confiance en moi.

Vive un Liban indépendant et souverain libre. Vive les grands Libanais.