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Gadi Eisenkot, l’autre général d’Israël qui se rêve de devenir premier ministre

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Gadi Eisenkot revient au centre du jeu israélien au moment où Benjamin Netanyahu paraît affaibli par une séquence diplomatique brutale. Ancien chef d’état-major de Tsahal, figure de sécurité plutôt que tribun de parti, il apparaît de plus en plus comme l’un des rares responsables capables de parler à une société israélienne durcie par la guerre sans adopter le langage des ministres les plus extrémistes. Les accords d’Islamabad, conclus entre Washington et Téhéran et perçus en Israël comme une défaite diplomatique majeure, ont accentué cette dynamique. Ils ont montré que la supériorité militaire ne garantit pas toujours la victoire politique. Dans ce vide, Eisenkot tente d’incarner une alternative : ferme sur la sécurité, hostile aux illusions stratégiques, mais soucieuse de restaurer une chaîne de décision plus rationnelle.

Un général devenu recours politique

Gadi Eisenkot n’est pas un nouveau venu. Son nom est associé à quatre décennies de carrière militaire, à la guerre contre le Hezbollah, à la confrontation indirecte avec l’Iran et à la modernisation doctrinale de l’armée israélienne. Il a commandé la brigade Golani, la région Nord, puis l’ensemble de Tsahal entre 2015 et 2019. Dans un pays où la sécurité reste le principal langage politique, ce parcours lui donne une légitimité que peu de civils peuvent revendiquer.

Cette légitimité n’est pas seulement institutionnelle. Eisenkot a connu les fronts qui obsèdent aujourd’hui Israël : le Liban, la Syrie, Gaza, l’Iran et la Cisjordanie. Il n’est pas un modéré au sens européen du terme. Il a défendu l’usage de la force, conçu des doctrines de pression et assumé des opérations préventives contre les relais régionaux de Téhéran. Sa différence avec Netanyahu ne se situe donc pas dans un pacifisme supposé. Elle tient plutôt à la méthode, au rapport entre objectifs militaires et résultats politiques.

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C’est précisément ce profil qui peut le rendre audible dans une société israélienne de plus en plus sécuritaire. Depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la longue guerre qui a suivi, une partie importante de l’opinion ne veut plus entendre les discours abstraits sur la retenue. Elle demande des garanties, des victoires, des frontières contrôlées et la neutralisation des menaces. Eisenkot ne conteste pas ce besoin de sécurité. Il conteste l’idée que la guerre permanente, mal définie et sans sortie diplomatique, puisse répondre à ce besoin.

Cette nuance le distingue des opposants plus classiques à Netanyahu. Yair Lapid parle au centre libéral. Benny Gantz incarne une autre figure militaire, mais son image s’est affaiblie au fil des recompositions. Naftali Bennett tente de revenir sur une ligne nationaliste pragmatique. Eisenkot, lui, avance avec une image plus austère. Il ne promet pas un nouveau rêve israélien. Il promet une gouvernance plus sérieuse, une stratégie plus courte, une guerre moins théâtrale et une décision publique moins soumise aux intérêts de coalition.

Une biographie qui parle à plusieurs Israëls

Gadi Eisenkot naît à Tibériade en 1960 et grandit à Eilat, dans une famille juive d’origine marocaine. Cette trajectoire compte dans la politique israélienne. Le pays reste traversé par des lignes sociales et culturelles fortes entre élites ashkénazes, populations mizrahies, religieux, laïcs, habitants des grandes villes et périphéries. Netanyahu a longtemps su parler aux périphéries sociales et symboliques du pays. Eisenkot peut contester cette emprise sans apparaître comme un représentant naturel de l’ancien establishment travailliste.

Son ascension militaire ajoute à cette force sociale. Il n’est pas issu d’une dynastie politique. Il s’est construit dans l’armée, selon un récit méritocratique que beaucoup d’Israéliens comprennent. L’armée reste l’un des derniers lieux où l’idée d’un destin commun conserve une force, malgré les fractures sur la conscription des ultraorthodoxes, les colons, la Cour suprême et la place de la religion dans l’État.

Cette biographie peut faire de lui un candidat transversal. Il peut parler aux familles de soldats, aux électeurs centristes, aux anciens électeurs de droite lassés par Netanyahu, aux milieux sécuritaires inquiets de l’aventurisme et à une partie des Mizrahim qui ne se reconnaissent pas dans la gauche historique. Ce potentiel ne garantit pas une victoire. Il explique pourquoi les sondages lui accordent une attention croissante.

Son histoire personnelle a aussi basculé dans la tragédie nationale. Son fils Gal Meir Eisenkot, réserviste mobilisé à Gaza, a été tué en décembre 2023. Des proches de sa famille ont également péri pendant la guerre. Cette douleur l’inscrit dans le deuil collectif israélien. Elle rend plus difficile pour ses adversaires de le caricaturer en responsable détaché du prix humain des opérations. Lorsqu’il parle de stratégie, il le fait comme ancien chef militaire, mais aussi comme père endeuillé.

Cette dimension ne transforme pas automatiquement un général en homme d’État. Elle lui donne toutefois une gravité politique rare. Dans un pays saturé de slogans, de colère et de communication instantanée, Eisenkot apparaît souvent comme un personnage plus retenu. Cette réserve peut être une force. Elle peut aussi être une faiblesse dans une campagne électorale dominée par des personnalités agressives.

Le paradoxe de la doctrine Eisenkot

Pour comprendre Eisenkot, il faut éviter une erreur. Il ne représente pas une rupture douce avec la culture militaire israélienne. Il en est l’un des produits les plus aboutis. Comme commandant du front Nord, il a été associé à la doctrine dite de Dahiya, du nom de la banlieue sud de Beyrouth largement détruite lors de la guerre de 2006. Cette doctrine repose sur l’idée qu’Israël doit répondre à une attaque d’un acteur non étatique par une force disproportionnée contre les infrastructures qui soutiennent cet acteur.

Cette doctrine reste très controversée. Au Liban, elle évoque la destruction de quartiers entiers, la punition collective et l’effacement de la distinction entre objectifs militaires et environnement civil. En Israël, ses défenseurs la présentent comme un instrument de dissuasion contre des organisations qui s’insèrent dans les villes et les villages. Eisenkot ne peut donc pas être présenté comme un adversaire naturel de la force. Il a contribué à en penser l’emploi massif.

Cette réalité explique aussi pourquoi il peut concurrencer Netanyahu. Une partie de l’opinion israélienne ne cherche pas un dirigeant qui s’excuse de la puissance. Elle cherche un dirigeant qui l’utilise efficacement. Eisenkot peut dire qu’il connaît le Liban, le Hezbollah et l’Iran. Il peut rappeler que la dissuasion suppose des objectifs clairs, pas seulement des images de destruction. Il peut critiquer Netanyahu sans être accusé de naïveté.

Le paradoxe est là. Celui qui a donné une forme doctrinale à la dureté israélienne peut devenir l’alternative à un gouvernement jugé trop captif de sa propre radicalité. Eisenkot ne remet pas nécessairement en cause les fondements de la sécurité israélienne. Il peut remettre en cause leur mise en œuvre politique. À ses yeux, une guerre doit être conduite avec une fin, un résultat mesurable, une coordination internationale et une cohérence entre moyens militaires et objectifs diplomatiques.

Ce positionnement le place à distance de l’extrême droite. Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich parlent en termes de domination, d’annexion, de pression illimitée et de refus de contrainte extérieure. Eisenkot parle davantage en termes d’intérêt national, de rapport de force et de décision ordonnée. La différence peut sembler mince vue de Beyrouth ou de Gaza. Elle est pourtant significative dans la politique israélienne actuelle.

Netanyahu, la guerre longue et l’usure du pouvoir

Benjamin Netanyahu reste l’homme politique le plus redoutable d’Israël. Il a survécu à des défaites annoncées, à des procès, à des ruptures d’alliances, à des crises diplomatiques et à des protestations massives. Son emprise sur la droite, son sens de la coalition et sa capacité à transformer chaque attaque en preuve de persécution demeurent exceptionnels. Mais les accords d’Islamabad ont frappé un point central de son récit : l’idée qu’il serait le seul capable de contenir l’Iran et de dicter les termes de la sécurité régionale.

La séquence est sévère pour lui. Après des mois d’opérations à Gaza, au Liban, en Syrie et contre l’Iran, Israël peut revendiquer des succès militaires. Des infrastructures ennemies ont été détruites. Des responsables de mouvements armés ont été visés. L’armée a montré une capacité d’action très large. Mais le résultat politique paraît moins favorable. Le Hamas conserve une présence. Le Hezbollah n’a pas disparu. L’Iran signe avec Washington un texte qui préserve une partie de sa marge. Le Liban est inscrit dans une logique de garantie internationale qui réduit la liberté d’action israélienne.

Pour Netanyahu, cette contradiction est dangereuse. Il avait promis une transformation du Moyen-Orient par la force. Or Washington, son allié principal, impose désormais une logique de sortie. Pire encore pour lui, cette sortie passe par un accord avec Téhéran. En Israël, les adversaires du premier ministre peuvent donc affirmer qu’il a obtenu la guerre sans obtenir la victoire. Ses partisans répondent qu’il a évité des menaces existentielles. Le débat électoral se jouera en partie sur cette lecture.

Les sondages récents montrent une coalition fragilisée et une opposition capable de réunir une majorité, même si les équilibres restent instables. Netanyahu conserve une base solide. Mais la lassitude progresse. Une part de la population veut tourner la page. Une autre veut poursuivre la guerre. Cette contradiction rend la situation explosive. Un dirigeant plus modéré peut paraître faible. Un dirigeant plus radical peut paraître dangereux. Eisenkot tente d’occuper l’espace entre les deux.

Les accords d’Islamabad, un choc pour la droite israélienne

Les accords d’Islamabad ont été reçus en Israël comme un choc stratégique. Ils indiquent que Washington ne veut pas laisser la guerre régionale se poursuivre sans limite. Ils donnent à l’Iran des perspectives de levée de sanctions, de reprise économique et de reconnaissance politique. Ils placent le Liban dans un cadre où la souveraineté territoriale doit être garantie. Pour une partie de la droite israélienne, ce texte ressemble à une récompense accordée à Téhéran après des années de confrontation.

Ce sentiment de défaite diplomatique est d’autant plus fort que le texte paraît avoir été négocié sans maîtrise israélienne complète. Netanyahu peut contester l’interprétation de certaines clauses. Il peut affirmer qu’Israël gardera sa liberté de riposte. Il peut refuser le retrait du Sud-Liban tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé. Mais le rapport de force politique a changé. Les États-Unis ont choisi un calendrier, un format et un compromis qui ne correspondent pas entièrement aux objectifs israéliens.

Ce moment sert Eisenkot. Il peut dénoncer l’échec de la stratégie Netanyahu sans défendre l’accord comme tel. Il peut dire que la faute ne tient pas seulement aux concessions américaines, mais à l’incapacité d’Israël à traduire sa force en résultats diplomatiques. Il peut expliquer qu’un gouvernement sérieux aurait dû coordonner ses objectifs avec Washington, définir des lignes rouges réalistes et éviter de dépendre des humeurs de la Maison Blanche.

La critique est redoutable, car elle ne vient pas d’un pacifiste. Elle vient d’un homme qui connaît les contraintes opérationnelles. Eisenkot peut reprocher à Netanyahu d’avoir confondu action militaire et stratégie. Il peut dire que la multiplication des fronts a produit une illusion de puissance, mais aussi une fatigue de l’armée, une pression internationale et une dépendance accrue à l’égard des États-Unis. Les accords d’Islamabad deviennent alors le révélateur d’un défaut de pilotage.

Une société plus dure, mais pas forcément plus fidèle à Netanyahu

La population israélienne s’est durcie depuis 2023. Cette évolution se voit dans le soutien à des réponses militaires plus larges, dans la méfiance envers les compromis, dans la montée des discours de sécurité absolue et dans la tolérance accrue à l’égard d’opérations destructrices. Le traumatisme du 7 octobre a bouleversé les repères. Beaucoup d’Israéliens ne croient plus aux arrangements fragiles avec des ennemis qui promettent leur disparition.

Ce durcissement ne signifie pas un soutien automatique à Netanyahu. Au contraire, il peut se retourner contre lui. Une partie de l’opinion lui reproche d’avoir laissé le pays vulnérable avant 2023. Une autre lui reproche de ne pas avoir livré de victoire claire après. Les familles d’otages ont dénoncé l’absence de priorité donnée à leurs proches. Des responsables militaires ont critiqué l’absence de stratégie de sortie. Des électeurs de droite estiment qu’il cède trop aux pressions américaines. Des électeurs centristes estiment qu’il cède trop à Ben Gvir et Smotrich.

Eisenkot peut bénéficier de cette combinaison. Il parle à une société qui veut de la fermeté, mais qui doute de la compétence du gouvernement. Il peut incarner une forme de patriotisme discipliné. Il ne promet pas la paix immédiate. Il ne demande pas aux Israéliens de renoncer à leur peur. Il leur dit que la peur doit être gouvernée, non exploitée.

Cet argument peut trouver un écho dans les classes moyennes, les réservistes, les familles militaires et les électeurs qui ont manifesté contre la réforme judiciaire avant la guerre. Il peut aussi toucher certains électeurs de droite qui ne supportent plus les excès de la coalition. La question est de savoir si ce bloc peut se transformer en majorité politique cohérente. L’histoire israélienne montre que les généraux entrés en politique réussissent rarement sans machine partisane solide.

Yashar, le pari d’une alternative de gouvernement

Après son départ de la formation de Benny Gantz et de la Knesset, Eisenkot a entrepris de construire son propre véhicule politique, Yashar, dont le nom renvoie à l’idée de droiture ou de ligne droite. Le choix du nom résume le message. Il veut opposer à Netanyahu une politique jugée moins manipulatrice, moins dépendante des extrêmes et plus lisible dans ses priorités.

Le défi est considérable. Une alternative à Netanyahu ne peut pas se limiter à une personnalité. Elle doit agréger des partis, des électeurs et des intérêts contradictoires. Elle doit parler aux centristes, aux anciens de droite, aux libéraux, aux sécuritaires, aux laïcs, aux familles de soldats et à certains religieux modérés. Elle doit aussi composer avec les partis arabes, ou au moins avec leur rôle parlementaire, sujet toujours explosif dans la politique israélienne.

Les sondages placent désormais Eisenkot parmi les rivaux sérieux de Netanyahu, parfois au coude-à-coude avec Naftali Bennett dans la compétition pour diriger le camp anti-Netanyahu. Cela ne fait pas de lui un favori évident. Le système israélien produit des surprises. Les coalitions se font et se défont rapidement. Netanyahu conserve une capacité exceptionnelle à délégitimer ses adversaires et à fracturer leurs alliances. Mais l’apparition d’Eisenkot comme option de gouvernement modifie l’équation.

Son principal avantage est sa crédibilité sécuritaire. Son principal handicap est son manque de charisme populaire. Netanyahu domine la scène parce qu’il sait raconter une histoire simple : lui contre les ennemis d’Israël, lui contre les élites, lui contre les pressions extérieures. Eisenkot raconte une histoire plus austère : l’État doit redevenir sérieux, l’armée ne doit pas être instrumentalisée, la guerre doit avoir un but. Cette histoire peut convaincre. Elle exige toutefois une discipline politique rare.

Ce que changerait Eisenkot pour le Liban

Vu du Liban, l’émergence d’Eisenkot ne doit pas être confondue avec une promesse de détente automatique. Son histoire militaire est intimement liée au front nord. Il connaît le Hezbollah comme une menace stratégique. Il ne défend pas un retrait sans conditions ni une reconnaissance des équilibres imposés par l’Iran. Un gouvernement dirigé par lui pourrait rester ferme, voire dur, sur la présence du Hezbollah au Sud-Liban et sur les capacités militaires du mouvement.

La différence pourrait se situer ailleurs. Eisenkot serait probablement plus attentif à la coordination avec Washington, à la légitimité internationale et aux objectifs atteignables. Il pourrait chercher à éviter des frappes spectaculaires qui isolent Israël sans produire de gain durable. Il pourrait accepter des arrangements de sécurité si ceux-ci assurent un éloignement effectif du Hezbollah de la frontière, un rôle renforcé de l’armée libanaise et une surveillance internationale crédible.

Cela ne signifie pas qu’il serait favorable aux intérêts libanais. Il défendrait les intérêts israéliens. Mais il pourrait considérer qu’une souveraineté libanaise mieux encadrée par l’État et par des garanties internationales est préférable à un chaos permanent exploité par l’Iran et le Hezbollah. Cette distinction est importante. Dans la logique israélienne actuelle, l’État libanais est souvent jugé faible ou absent. Une approche plus stratégique pourrait chercher à renforcer l’interlocuteur étatique plutôt qu’à ne parler qu’à travers les bombes.

Les accords d’Islamabad rendent cette réflexion plus urgente. Si le texte final impose un retrait israélien et une garantie de souveraineté libanaise, Israël devra choisir entre obstruction, adaptation ou négociation. Un Netanyahu dépendant de l’extrême droite peut préférer la confrontation. Eisenkot pourrait chercher à transformer la contrainte diplomatique en arrangement sécuritaire. Le résultat pour le Liban dépendrait alors de la capacité de Beyrouth à présenter un plan sérieux pour le Sud.

Une alternative sérieuse, mais pas encore une réponse complète

Gadi Eisenkot devient une alternative sérieuse à Netanyahu parce qu’il répond à une demande précise de l’électorat israélien : rester fort sans être prisonnier d’une fuite en avant. Il a la crédibilité du soldat, le deuil personnel de la guerre, l’expérience de l’état-major et une distance avec les excès de la coalition actuelle. Il peut accuser Netanyahu d’avoir perdu la maîtrise du rapport avec Washington, d’avoir mal anticipé les conséquences politiques de la guerre et d’avoir laissé les ministres extrémistes réduire la marge stratégique d’Israël.

Mais cette alternative reste incomplète. Eisenkot doit encore démontrer qu’il peut diriger une campagne nationale, bâtir une coalition et formuler un projet clair sur les dossiers les plus explosifs : Gaza, les otages, le Liban, l’Iran, les colonies, la Cour suprême, les ultraorthodoxes et la relation avec les États-Unis. Être un bon chef d’état-major ne suffit pas à devenir un bon premier ministre. Israël a déjà connu cette illusion.

Son ascension traduit pourtant une évolution réelle. Après les accords d’Islamabad, la question posée aux Israéliens n’est plus seulement de savoir qui frappera le plus fort. Elle devient de savoir qui saura empêcher que la force israélienne se transforme en impasse diplomatique. Netanyahu promettait la victoire totale. Le moment actuel expose les limites de cette promesse. Eisenkot ne promet pas une paix proche. Il promet une stratégie plus gouvernée, dans un pays où la guerre a durci les esprits mais aussi épuisé la confiance dans ceux qui la conduisent.

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