L’attaque israélienne sur Gaza s’est soldée par 170 morts du côté palestinien contre 6 du côté israélien. Le décompte est sordide. Le ratio habituellement admis de 1/100 n’était pas prêt à être respecté moins d’une semaine après le début des hostilités.

La réponse du Hamas était supérieure aux attentes israéliennes malgré la protection de leur territoire par le « dôme d’acier » ou plutôt « en gruyère » puisqu’il s’est révélé efficace pour seulement 20 à 30% des cas selon les sources. Les fusées palestiniennes ont été capables d’atteindre Jérusalem et Tel Aviv.

Les diplomaties européenne et occidentale se sont affairées très rapidement à faire cesser les hostilités en s’aidant du nouveau président, futur dictateur de l’Egypte et grand ami d’Israël Mohamed Morsi.

Cette façon de régler ou plutôt de faire cesser le feu rapidement après le déclenchement des hostilités, sept jours tout de même, contraste singulièrement avec la latence plus que voulue particulièrement de la part de l’administration américaine lors de la guerre de 2006 contre le Hezbollah et le Liban et en 2008-2009 contre Gaza et le Hamas où le moment pour faire entrer en action les diplomates était, je cite, prématuré, dixit Condoleesa Rice la secrétaire des affaires étrangères américaine de l’époque de l’ère Bush.

Qu’est ce qui a changé dans la conception de la fin de la guerre entre Israël et la Palestine dans la tête des occidentaux, serait-ce de la maturité politique, de la clairvoyance ou le constat de l’échec de la suprématie d’Israël malgré sa supériorité aérienne, maritime et terrestre face à la résistance d’un peuple qui lutte pour libérer ses territoires afin que la justice prenne le pas sur l’ignorance de celle-ci ?

Qu’est ce qui a changé dans la tête des responsables israéliens pour accueillir en Israël si vite, Ban Ki Moun le secrétaire général des Nations Unies – nous avons davantage été habitués de voir Tel Aviv ignorer les résolutions des nations unies -, masser des troupes à la frontière avec Gaza fortes de plus de 30 000 réservistes sans les envoyer sur Gaza, serait-ce de la maturité politique, du calcul stratégique ou la peur de s’embarquer dans un enlisement dans les sables mouvants de Gaza à l’image de ce que Tsahal a dû subir sur le territoire libanais ?

Ce qui nous paraît acquis c’est la conviction israélienne que sa façon de ne pas communiquer avec le Hamas ou le Hezbollah a radicalement changé, l’attaque de Gaza n’a fait que le confirmer plus pour les politiciens que les militaires.

La suprématie militaire n’est plus un argument convainquant pour imposer sa supériorité ou exiger son point de vue.

Ceci a été rendu possible grâce aux résistants et à l’armement dont disposent ces deux résistances l’une libanaise et l’autre palestinienne.

Nous l’avons écrit avec détails en aout 2012 (1), nous le confirmons aujourd’hui pour les peuples subissant l’injustice dans cette région du Proche orient, le salut ne viendra ni des Nations Unies, ni des États-Unis, ni de l’Union européenne, ni de la Turquie et encore moins de l’Arabie Saoudite ou du Qatar.

Non l’armement est de provenance iranienne et la conviction est locale et nationale. Si Mahmoud Abbas ne l’a pas encore compris il est grand temps de le comprendre. Si certaines populations arabes ne l’ont pas encore compris, Israël n’est pas prêt à la paix, n’est pas prêt de délimiter son territoire tant qu’il se sentira supérieur.

L’armement de la résistance est salutaire.

Tous ceux qui disent le contraire aujourd’hui en ont le droit mais sont des ignorants parce que ils ne veulent ni voir, ni comprendre, ils sont de plus irresponsables parce qu’ils sont capables de mener une guerre inter-communautaire arabe pour le compte … d’Israël.

Combien de temps et de vies innocentes perdus, de guerres,  faudra-t-il encore aux responsables israéliens pour le comprendre ?

1-http://www.tayyar.org/Tayyar/ArchivedNews/PoliticalNews/en-US/2012/9/19/resistance-article-jreije-zek-022.htm

ou http://libnanews.com/2012/08/10/la-resistance-libanaise-sert-elle-la-paix-par-dr-riad-jreige/

Dr Riad JREIGE

Montpellier – France

24/11/2012